ACTE III, SCÈNE IV. aai
Qu'ik vous doivent donner des titres éminens; Rien ne relève tant Téclat de ce visage , Ou vous n'en mettA pas tous les traits en usage. Vos yeux , ces beaux charmeurs , avec tous leurs appas. Ne sont point accusés de tant d'assassinats ; Le joug que vous croyez tomber sur tant de têtes Ne porte point si loin le bruit de vos conquêtes : Hors un seul , dont le cœur se donne à trop bon prix « Votre empire s'étend sur peu d'autres esprits. Pour moi qui suis facile, et qui bientôt me blesse, Votre beauté m'a plu , j'avoArai ma foiblesse , Et m'a coûté des soins , des devoirs et des pas ; Mais du dessein , je crois que vous n'en doutez pas. Vous avez eu raison de ne vous pas promettre Un bymen que mon rang ne me pouvoît permettre. Lintérét de l'état qui doit régler mon sort, Avecque mon amour n'en étoit pas d'accord : Avec tous mes efforts j'ai manqué de fortune ; Vous m'avez résisté, la gloire en est commune : Si contre vos refus j'eusse cru mon pouvoir, Un &cile succès eût suivi mon espoir : Dérobant ma conquête elle m'étoit certaine ; Mais je n'ai pas trouvé qu'elle en valût la peine, Et bien moins de vous mettre au rang où je prétends , Et de vous partager le sceptre que j'attends. Voilà toute l'amour que vous m'avez causée : S vous en croyez plus , soyez désabusée. Votre mépris enfin m'en produit un commun; le n'ai plus résolu de vpus être importun ; Tai perdu le désir avecque" l'espérance ; Et, pour vous témoigner de quelle indifférence l'abandonne un plaisir que j'ai tant poursuivi ,
aaa VENCESLAS,
Je veux rendre un service à qui m^a desservi. Je ne vous retiens plus; coiiduîse2«Ia, mon frèrte; Et vous, ^ duc, demeurez. •
GASSANDRE.
Oh ! la noble colère !
Conservez-moi ]ong*temps ce généreuK mépris, Et que biaiitot, seigneur, un trône en soit le prix!
( Elle sort avec Alexandre.)
i^ADiSL AS ^ ù part.
Dieux! avec quel effort et quelle peine extrême Je consens ce départ qui m'arrachera moi-même, Et qu'un rude combat m'affranchit de sa loi!. Duc, j'alloîs pour vous voir, et de la part du roi.
FJÈDERIG.
Quelque loi qu'il m'imppse, elle me sera chère.
LADI6LAS.
Vous savez s'il vous aime et s'il vous considère :
Il vous fait droit aussi quand il vous agrandit ,
Et sur votre vertu fonde votre crédit.
Cette même vertu, condamnant mon caprice.
Veut qu'en votre faveur je souffre sa justice ,
Et le laisse acquitter à vos derniers exploits
Du prix que sa parole a mis à votre voix.
Usez donc pour ce choix du pouvoir qu'il vous donr
Venez choisir vos fers, qui sont votre couronne;
Déclarez-lui l'objet que vous considérez.
Je ne vous défends plus l'heur où vous aspires^.
Et de votre valeur verrai la récompense, ,
Comme sans intérêt, aussi sans répugnance.
piorRiG.
Mon espoir, avoué par una témérité.
Du succès de mes vœux autrefois m'a ilatté;