ACTE III, SCÈNE Y. aa
Ce gund coeur refusant intéresse le mien , £t me demande trop en ne demandant rien. FdsoDS par vos travaux et ma reconnoissance Da maître et du sujet discerner la puissance : Mon renom ne vous peut souffrir, sans se souiller, Lt générosité qui m'en veut dépouiller.
FiDERIG.
tTattises point un feu que vous voudrez éteindre. Taime en un lieu , seigneur, oii je ne puis atteindre : Je m'en connois indigne; et l'objet que je sers, Dédaignant son tribut , désavoûroit mes fers.
VENGESLAS.
Les plus puissans états n'ont point de souveraines Dont ce bras ne mérite et n'honorât les cliaînes; Et mon pouvoir enfin ou sera sans effet , Ou vous répond du don que je vous aurai fait.
LADISLA.S, àpart.
Quoi! l'hymen qu'on dénie à l'ardeur qui me presse Au lit de mon rival va mettre ma maîtresse !
FÉDERIC.
Ma défense à vos lois n'ose plus repartir.
LAOïSLAS, à part.
Non, non, lâche rival, je n'y puis consentir.
FÉDERIC.
Et forcé par votre ordre à rompre mon silence , le vous obéirai , mais avec violence , Certain de vous déplaire en vous obéissant , Plus que n'observant point un ordre si pressant; l'avoûrai donc, grand roi, que l'objet qui me touche.... Tome V. i5
2a6 VENCESLAS,
LADISLAS
Duc, encore une foi^, je vous ferme la bouché, • Et ne voua puis souffrir votre présomption.
VENCESfiAS. 4
Insolent!
LADISLAS
J'ai sans fruit vaincu ma passion :
Pour soufirir son orgueil, seigneur, et vous complaire J'ai fait tous les efforts que la raison peut faire; '■ Mais en vain mon respect tâche à me contenir, Ma raison de mes sens ne peut rien obtenir. Je suis ma passion , suivez votre colère : Pour un fils sans respect perdez l'amour d'un père; Tranchez le cours du temps à mes jours destiné. Et reprenez le sang que vous m'avez donné ; Ou si votre justice épargne encor ma tête, De ce présomptueux rejetez la requête, Et de son insolence humiliez l'excès , Ou sa mort à l'instant en suivra le succès.
(Usort.) VENCESLAS.
Gardes, qu'on le safeisse.
FÉJDERic, les arrêtant.
Ah! seigneur, quel asile A conserver mes jours ne seroit inutile , Et me garantiroit contre un soulèvement? Accordez-moi sa grâce ou mon éloignement.
VENCESLAS
Qu'aucun soin ne vous trouble et ne vous importune- Duc, je ferai si haut monter votre fortune. D'un crédit si puissant j'armeffti votre bras.