‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 167 sur 432 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

ifiMES; THÉODORE, CASSANDRE , LÉONOR.

THÉODORE

quelle loi, seigneur, si barbare et si dure,

wz-vous renverser celle de la nature?

prends qu'au prince, hélas! larrét est prononcé,

'■ de son châtim<*nt l'appareil est dressé.

)i! nous demeurerons par des lois si sévères,

at uns héritiers , vous sans fils , moi sans frère !

suhez-vous un peu contre votre fureur :

t trop qu'en votre fils condamner un erreur ;

carnage d'un frère un frère est incapable;

cet assassinat ^1 nuit seule est coupable;

a54 VENCESLAS,

Il plaint autant que nous le sort qu'il a fini

Et par son propre crime il est assez puni.

La pitié, qui fera révoquer son supplice,

N'est pas moins la vertu d'un roi quç la justice.

Avec moins de fureur vous lui serez plus doux :

La justice est souvent le masque du courroux ;

Et l'on imputera cet arrêt si sévère

Moins au devoir d'un roi qu'à la faVeur d'un père.

Un murmure public condamtie cet arrêt :

La nature vous parle, et Gassandrç se tait;

La rencontre du prince en ce lieu non prévue , »

L'intérêt de l'état , et mes pleurs l'ont vaincue ;

Son ennui si profond n'a su nous résister :

Un fils enfin n'a plus qu'un père à surmonter.

GASSANDRE.

Je revenois, seigneur, demander son supplice 9 Et de ce noble effort presser votre justice ; Mon cœur, impatient d'attendre son trépas, Accusoit chaque instant qui ne me vengeoit pas; Mais je ne puis juger par quel effet contraire Sa rencontre en ce cœur a fait taire son frère! Ses fers ont combattu le 'vif ressentiment Que je dois, malheureuse, au sang de mon amant; Et , quoique tout meurtri , mon âme encore l'adore. Les plaintes , les raisons , les pleurs de Théodore , Le murmure du peuple et de l'état entier. Qui contre mon parti soutient son héritier Et condamne l'arrêt dont la douleur vous presse , Suspendent en mon sein cette ardeur vengeresse, Et me la font enfin passer pour attentat Contre le bien public et le chef de l'état. Je me tais donc, seigneur; disposez de la vie

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