SCÈNE VI
Les m:êmes; FLAVIE, représenté par SERGESTE, deux Gardes.
FLAVIE
Je crois , cher Adrien , que vous n'ignorez pas Quel important sujet adresse ici mes pas; Toute la cour en trouble attend d'être éclaircie D'un bruit dont au palais votre estime est noircie , Et que vous confirmez par votre éloignement : Chacun selon son sens en croit diversement; I-es uns, que pour rai lier cette erreur s'est semée, D'autres, que quelque sort a votre âme charmée. D'autres, que le venin de ces lieux infectés Contre votre rsyson a vos sens révoltés; Mais surtout de César la croyance incertaine Ne peut ovi s'arrêter^ hi s'asseoir qu'avec peine.
.3a SAINT GENEST,
FLATIE.
Mais ce genre de mort ne pouvoit être pire.
'^ ADRIEN
I Mais mourant, de la mort il détruisit l'empire.
FLAVIE
I L'auteur de l'univers entrer dans un cercueil!
« ADRIEir.
Tout l'univers aussi s'en vit tendu de deuil; Et le ciel effrayé i^us cacha sa lumière.
FLAVIE
Si vous vous repaissez de ces vaines chimères, Ce mépris de nos dieux et de votre devoir En l'esprit de César détruira votre espoir.
ADRIEN
César m'abandonnant, Christ est mon assurance; C'est l'espoir des mortels dépouillés d'espérance.
FLAVIE
Il vous peut même oter vos biens si précieux.
ADRIEN
[^ J'en serai plus léger pour monter dans les cieux.
FLAVIE
L'indigence est à l'homme un monstre redoutable.
ADRIEN
Christ qui fut homme et Dieu naquit dans un étable. Je méprise vos biens et leur fausse. douceur, if Dont on est possédé plutôt que possesseur.
FLAVIE
Sa piété l'oblige, autant que sa justice, i^jfaîre des chrétiens un égal sacrifice.