‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 252 sur 432 · ACTE III, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IV

jRÀRSÉE.

rattends prâit de succès, ô prière importune !

e ne suis plus maîtresse où règne la fortune.

/amour n'a plus d'empire ou Tintéret en prend.

[e considérez rien , l'état vous le défend ;

1 hii Ëiut immoler toute votre famille ;

hi moins avec la mère il faut perdre la fille ;

fous ne sommes qu'un sang et qu'un cœur séparé ;

e pourrois achever ce qu'elle a préparé ,

fm firère contre vous épouser la querelle ,

ledans votre débris m'intéresser comme elle ,

ap^ les fondemens de votre autorité ,

It renverser le trâne où vous êtes monté.

i ces yeux' vous ont plu , gardez que de leurs charmes

^tre votre pouvoir je ne fa$se des armes ,

•t n'en achète Toflre et d'un cœur et d'un bras

Hii m'osent immoler vos jours et vos états ;

"revenez sans égard tout ce qui peut vous nuire ,

^verti, détruisez ce qui vous peut détruire;

•raignez l'aveuglement d'un amour irrité,

t ne considérez que votre sûreté.

oudriez-m'obliger d'aimer mon adversaire?

^uffiîrois-je en mon lit l'assassin de ma mère?

3Urrois-je sans horreur avec son ennemi

irtager un pouvoir par son sang affermi ?

ardes, emmenez -moi, son salut vous l'ordonne;

^vez de ma fureur sa vie et sa couronne.

^a$ ! à quoi , nature , obligent tes respects ,

u'il faille à mon amant rendre mes. vœux suspects ,

^, pour en obtenir ou ma perte ou ta grâce,

>ntre ce que j'adore employer la menace ?

tr ces transports, seigneur, jugez de mes douleurs;

376 COSROES,

J'aurois plus obtenu du secours de mes pleurs,

Mais un extrême ennui n'en est guère prodigue.

SIROiS.

GsLvàes j suivez madame , et cherchez Sardarigae ; Qu'il obéisse aux lois qu'elle lui prescrira , Et surtout qu'en ses mains il remette Sira. Allez.

ITARSÉE.

Cette faveur vous coûte trop de peine.

SIROÈS

Non, non , je m'abandonne aux fiureurs de la reine, Et ne regarde plus ni le droit qui m'est dû , Ni le rang qqp je tiens que comme bien perdu ; Je vous préfère aux, dieux, dont les bontés prospères M'ont voulu conserver le trône de mes pères ; Vous m'en voulez priver , il vous Êtut obéir , Et d'un respect aveugle avec moi vous trahir. Je n'ai qu'un seul regret, que mon amour extrême, En hasardant mes jours, se hasarde lui-même. Et qu'au point du succès dont je flattois mes vœux L'heur de vous posséder me devienne douteux.

NARSIÉE.

Quoi que vous hasardiez , je cours même aventure ; Nous aurons même couche ou même sépulture : De vos vœux, vif ou mort , je vous promets le prix; L'hymen joindra nos corps , ou la mort nos esprits. Mais, si vous en daignez croire un amour extrême, Je vous réponds du jour, du trône et de moi-même. J'observerai la reine avecque tout le soin Qu'exigeront les lieux, le temps et le besoin, Et j'ose vous promettre un bouclier invincible

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