ACTE III, SCENE IV
jRÀRSÉE.
rattends prâit de succès, ô prière importune !
e ne suis plus maîtresse où règne la fortune.
/amour n'a plus d'empire ou Tintéret en prend.
[e considérez rien , l'état vous le défend ;
1 hii Ëiut immoler toute votre famille ;
hi moins avec la mère il faut perdre la fille ;
fous ne sommes qu'un sang et qu'un cœur séparé ;
e pourrois achever ce qu'elle a préparé ,
fm firère contre vous épouser la querelle ,
ledans votre débris m'intéresser comme elle ,
ap^ les fondemens de votre autorité ,
It renverser le trâne où vous êtes monté.
i ces yeux' vous ont plu , gardez que de leurs charmes
^tre votre pouvoir je ne fa$se des armes ,
•t n'en achète Toflre et d'un cœur et d'un bras
Hii m'osent immoler vos jours et vos états ;
"revenez sans égard tout ce qui peut vous nuire ,
^verti, détruisez ce qui vous peut détruire;
•raignez l'aveuglement d'un amour irrité,
t ne considérez que votre sûreté.
oudriez-m'obliger d'aimer mon adversaire?
^uffiîrois-je en mon lit l'assassin de ma mère?
3Urrois-je sans horreur avec son ennemi
irtager un pouvoir par son sang affermi ?
ardes, emmenez -moi, son salut vous l'ordonne;
^vez de ma fureur sa vie et sa couronne.
^a$ ! à quoi , nature , obligent tes respects ,
u'il faille à mon amant rendre mes. vœux suspects ,
^, pour en obtenir ou ma perte ou ta grâce,
>ntre ce que j'adore employer la menace ?
tr ces transports, seigneur, jugez de mes douleurs;
376 COSROES,
J'aurois plus obtenu du secours de mes pleurs,
Mais un extrême ennui n'en est guère prodigue.
SIROiS.
GsLvàes j suivez madame , et cherchez Sardarigae ; Qu'il obéisse aux lois qu'elle lui prescrira , Et surtout qu'en ses mains il remette Sira. Allez.
ITARSÉE.
Cette faveur vous coûte trop de peine.
SIROÈS
Non, non , je m'abandonne aux fiureurs de la reine, Et ne regarde plus ni le droit qui m'est dû , Ni le rang qqp je tiens que comme bien perdu ; Je vous préfère aux, dieux, dont les bontés prospères M'ont voulu conserver le trône de mes pères ; Vous m'en voulez priver , il vous Êtut obéir , Et d'un respect aveugle avec moi vous trahir. Je n'ai qu'un seul regret, que mon amour extrême, En hasardant mes jours, se hasarde lui-même. Et qu'au point du succès dont je flattois mes vœux L'heur de vous posséder me devienne douteux.
NARSIÉE.
Quoi que vous hasardiez , je cours même aventure ; Nous aurons même couche ou même sépulture : De vos vœux, vif ou mort , je vous promets le prix; L'hymen joindra nos corps , ou la mort nos esprits. Mais, si vous en daignez croire un amour extrême, Je vous réponds du jour, du trône et de moi-même. J'observerai la reine avecque tout le soin Qu'exigeront les lieux, le temps et le besoin, Et j'ose vous promettre un bouclier invincible