ACTE IV, SCÈNE I
SIROÈS
O détestable femme !
ilRT\NASDE.
De vos jours innocens devoit couper la trame.
siRoès.
Odieux!
ARTANASDE.
Et j'en ai l'ordre à dessein accepté , Craignant qu'un autre bras ne Teût exécuté. Vk a pressé ma sœur aTec toute l'instance Qui pouvoit ébranler la plus ferme constance ; Et nous devions, pour prix de ce grand attentat , Avoir si bonne part aux emplois de l'état , Que nous eussbns pu tout, et qu'après sa personne Rfol n'eût tenu de rang plus près de la couronne. Mais ma sceur, opposant à cette ambition La louable terreur d'une noire action , Et frémissant d'horreur d'une telle injustice, ETa que pour l'abuser accepté cet office ; fai d'une même horreur ce dessein détesté , ît Vbvjb important à votre majesté , Dont je connois qu'enfin la Perse doit dépendre , Pal dberché Palmiras pour venir vous l'apprendre ; Hais travaillant sdlleurs il s'en est défendu hr le mot de sa main que je vous ai rendu.
SIROÈS
^rtanasde, croyez que ma reconnaissance Ne cessera jvmais qu'avec ma puissance , Et que je saurai mieux reconnaître un bien&it Que Sira n'a promis de payer un forfait. Cardez ces instrumens d'une implacable haine
38a COSROES,
Qu'ai -je à vons demander après cette menreitte? I^e reproche était juste mx bouches de la cour , Que le sang de Sîra m'eût donné de l'atfionr , Et son aversion , pour moi si nitutelle , Tie me pouvoit |Ouffrir d'aimer rien qui vînt d'elle; Mon cœur était trop bôti pour en être surpris ; Dans mon aveuglement il ne s'est point mépris ; Il n'a rien fait de lâche , et , contre ma pensée , M'aimoit rien de Sira qu^uod il aimoit Usarsée. Mais sur ce seul rapport te puis-je ajouter Soi?
* ARTANASDE.
Si les respects qu'on doit aux oreilles d'un ro^; Si la sincéritiS d'une âme assez loyale Pour avoir tant vécu dans la maison royale ; Si la foi de ma soeur, celle de Palmiras, Qui d'un injuste jôùg retire vos états; Si m*être désisté du parti de la reine , Dont loin d'exécuter j*ai détesté la haine ; Et si ma vie enfin , que j'ose hasarder , Ne suffisent, grand prince, à vous persuader, Sur ce débile corps éprouvez les tortures, Vous n'en tirerez pas des vérités plus pures : Quinze lustres et plus ont dû prouver ma foi.
SIROÈS
Quelles grâces, bons dieux ,;irt quel heur je vot|S doi Et toi qui rends le calme à jacftre amour flottante, Artànasde, tes biens passeront ton attente. Et feront envier l'éctat de ta maison.
Allons, et garde -moi ce fer et ce poison.
(Artànasde sort.)