‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 288 sur 432 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

CLÉANTE, THÉASTE.

CLiAHTB.

^ j avoûraa-tu ce que je veux savoir ?

THEASTE.

'essorai tout , s'il est en mon poufoir.

CLliAlfTE.

tu Florimonde?

THIÎASTE.

Hélas! de quelle envie , fidèle ami , le bonheur de ta vie ! astre fevorable en détourne tes pas !

le sort est doux à qui ne Paime pas !

CLÉANTE

tu te plains déjà ? Cette présomptueuse

1; pas estimer ton ardeur vertueuse.

pris Im sied mal après tant de relus

a faits si long - temps à ses vœux superflus.

die , ayant souffert une si longue peine ,

er de qualité , trancher de l'inhumaine ,

^er une place au rang de ces beautés

m voit tous les jours tant d'amans rebutés ?

THÉASTE.

, cruel ami , dans ce rang redoutable , >n de prétendre un bien plus équitable ? porté les yeux sur les lis de son sein , oncevoir au mohis un amoureux dessein?

vu sans amour Tor de ses tresses blondes

436 FLORIMONDE

Dessus un front si blanc se diviser en ondes ? Et le ciel devoit-il qu'à ses divines mains Commettre à gouverner le destin des humains?

O dieux! Théaste en tient. Le beau sujet de rire! Encore un jour ou deut ^ et nous verrons bien pire. Théaste , pauvre, amant , hélas ! que tst raison Touche déjà de près sa dernière saison ! Es -tu de ces esprits qui, féconds en chimères, Se font d'objets mortels des dieux imaginaires? As - tu ces mêmes yeux ?

THÉASTE..

Adieu; telle qu'elle est, Souffre que je l'adore , et dis ce qui te plaît.

(Usort.) CLEAHTE seul.

Il est vrai que jamais rigueur plus obstinée D'une chaste beauté n'a l'ardeur terminée ; Que ses vœux innocens dévoient m'être plus chers , Et qu'elle a des bontés à fendre des rochers. J'ai ri de ses soupirs, j'ai méprisé ses charmes, Et j'ai vu d'un œil sec ses yeux mouillés de larmes; Mille amans plus parfaits soupirent sous sa loi , Et ce qu'ils font pour elle , elle l'a fait pour moi ; Je l'ai vue à mes pieds , pâle , triste , malade , Me prier de l'entendre , implorer une œillade ; Je voyois de ses pleurs son beau sein arrosé , Et je lui reprochois ce que j'avois causé ; Je condamnois Tàrdeur qu'elle faisoit paroître , Et ne pouvois soufirir ce que je 'faisois naître ; O rigueur criminelle , uidigiic cruauté , Contre un si charmante et parfaite beauté !

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