SCÈNE IV
CLÉONIE, TIRSIS, CLÉANTE.
CLÉOKiE, à Tirsis y en lui montrant Cléante.
Voilà ce beau rocher qui respire le jour , ^ esprit insensible aux attraits de l'amour , ^ cœur inaccessible à ces divines flammes , ît ce fier dédaigneux des libertés des dames. Géante, est-il pas vrai?
Quoi ?
CLÉONIE.
Que jamais les cieux Te furent plus sereins ni phis beaux à nos yeux , .t qu'on n'auroit point vu tant de beautés éclosea depuis que l'œil du jour ranime toutes choses.
CLÉAITTE.
\e jour est sans pareif.
438 FLORIMONDE
Ces deux chantres de l'air Font ouïr en ces lieux leur amour sans parler. Vois qu'au bovd 4e des eaux Z^hire baise Flore , Toute parée encor. des perles de TAurope. Ces arbres jusqu'au cceiip se sentent embraser ; Vois leurs feuillages verts émus pour se baiser , Et vois que doucement l'eau baise ce rivage , Qui la tient embrassée et cause son servage. Es -tu seul insensible aux amoureux appas? Ces objets innocens ne t'émeuvent -ils pas? Florimonde vaut tant !
GLÉANTE.
Cette fille importune Vous fait -elle embrasser le soin de sa fortune? Ne se rend -elle point à de si long refus? Et, n'ayant rien acquis, croit -elle obtenir plus?
CLJÉOiriE.
Non , non , cette beauté dont toute âme est charmée, Fait naître de la flamme et n'est plus enflammée ; Elle ne cherche plus de secours à son mal ; Ses travaux sont finis par un ordre fatal ; Cette puissante main qui soutient tout le monde Etablit le repos au sein de Florimonde ; Un généreux effort dégage ses esprits , Et d'une lâche amour fait un juste mépris.
. cl4a.nt£.
Sa résolution est dignç de louange , Et je l'estime plus pour cet objet étrange Que pour avoir souffert un si cruel tourment. Adieu , que son mépris dure éternellement.
(Il sort.)