ACTE III, SCÈNE IV
u cherches au besoin d'inutiles efforts , t ton esprit ici ne peut sauver ton corps.
jâVAHDRE.
les injures enfin vous passez à l'outrage. ssez d'occafflons ont prouvé mon courage ; lais ce bras est lié par mon affection , lui m'oblige à souf&îr votre indiscrétion. k quoi votre valeur est -elle incomparable? ^uels si rares exploits la rendent mémorable ? Ltes-vous de ces preux dont on craignoit l'abord, ii cpû peuploient. jadis les palais de la Mort ? Elstimez-vous mon cœur rempli de tant de glaces , ^'il tremble et qu'il s'effraie à ces fières menaces ? iouYent ces vifs accès se changent en vapeur , Et tel qui parle tant a sa part de la peur.
THJÊASTE.
rraitre , par quelle humeur , à mon repos contraire , Me rehdob-tu suspect à ma belle adversaire ? Quel envieux dessein , quelle déloyauté r© faisoit conspirer avec sa cruauté?
U ciel , ingrat ami , connoît de quelle envie ^e tâche à rétablir le repos de ta vie. 1 est vrai qu'espérant d'arrêter ton dessein , !^t d'éteindre le feu. qui t'embrase le sein , 'ai combattu long -temps cette flamme naissante , ^t choqué tes désirs d'une force innocente; tais quand j'ai reconnu ton esprit obstiné îontre quelque malheur qui lui fût destiné , >hérir aveuglément cette belle inhumaine , ai souffert ton amour , j'ai partagé ta peine , Tome V. 29
45o FLORIMONDE,
Et si bien travaillé pour jton avancement
Mais te dois -je annoncer cet heureux changement?
THÉAftTS.
Que peux - tu procÙFer au mal qui me tourmente ? Évandre, as -tu fléchi cette insensible amante? Son cœur incline -t<* il au dessein que je veux? Et l'as - tu disposée à recevoir mes vœux ?
ÉVATfBïlE.
J'aime qu'un orgueilleux parle de cette sorte ; J'aime à voir réprimer Tkrdeur qui le transporte. Ne réclame que moi pour ton soulagement , Mais que ton repentir obtiendra seulement.
THÉASTE , remettant son épée.
Pardonne , cher Evandre , une aveugle manie , Et donne un peu de trêve à ma peine infinie ; Baiserai -je tes pas, et veux- tu qu'à genoux J'entende le récit d'un changement si doux ? Mais que l'espoir est faux dont mon amour se flatte, Et que j'espère en vain de toucher cette ingrate !
ÉVANDRE
Florimonde est à toi ; cette chaste Cypris Est sensible à tes maux et prépare leur prix. Le dessein d'éprouver une amitié si sainte A causé , cher ami , la rigueur qu'elle a feinte ;
(Cléonie écoute.)
Mais quand elle a connu ces transports furieux,
Son cœur, qu'elle cachoit, s'est ouvert à mes yeux:
« Dis -lui , m'a-t- elle dit, que j'aime son servage,
» Qu'une juste pitié désarme mon courage ,
» Et qu'il vienne ce soir entendre de ma voix
» Combien l'honneur m'est cher de vivre sous ses lois. »