‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 316 sur 432 · ACTE V, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IL

l^aise laisse égarer son âme sur sa bouche , it mon bras engourdi languit sans mouvement !

FLORiMONDE, à Théoste.

"ai -je pas h\ea puni de ce retardement?

THl^ASTE.

I. ({ui puis -je égaler ces Êiveurs immortelles ? X quels seront les prix si les peines sont telles ?

CLÉANTE

'raître, sois satisfait du prix de tes amours , ît n'en espère plus qu'aux dépens de mes jours. Ion respect cède enfin à l'ardeur qui m'enflamme ; Ws t'assassiner dans les bras de madame ;. 'out obstacle forcé , j'irois aveuglément '^ terminer ta .vie et ton contentement.

THIÉASTE.

M m'affîgerois fort.

CLÉANTE

Ni la terre ni l'onde ïe divertiroient pas ma fureur sans seconde ; •«e ciel voudroit en vain détourner ton trépas. \ ris y lâche ?

THJÊASTE.

Je ris ; et qui ne riroit pas ?

kuel de ces prétendans qu'eut jadis Angélique , Wt si furieux, si vain y si frénétique ? u ne m'attacpies point sans ta part du danger , ^t tu peux , Rodomont , rencontrer ton Roger.

FLORiMONDE, k Cléunte.

3ieux ! quel astre conduit ma fortune amoureuse , Qu'aimant et n'aimant plus je sois si malheureuse ?

476 FLORIMONDE

Que chacun à son gré dispose de ses vœux.; Aimez ce qui vous plaît et moi ce que je veux. Cléante , où songez - vous ?

th:éaste.

Contentez son envie ; Je suis prêt à l'effort où son bras me convie y Ce fer est nécessaire à son allégement , Et vous délivrera d'un importun amant.

CLÉAiTTE , lui portant un coup (Tépée.

Ah , traître !

FLORiMoifDE, le retenant.

Quoi ! Cléante ! ô dieux ! quelle insolence Vous fait à mes yeux même enfreindre ma défense? M'aimez -vous en effet?

CLEANTE.

O discours superflus , Et plus vrais qu'il n'est vrai que vous ne m'aimez plus! Hélas ! oui je vous aime , aimable Florimonde , Et , comme vos beautés , ma peine est sans seconde.

FLORIMONDE

Mais si vous m'aimez tant, devez -vous refuser Quelque sévère loi qu'on vous puisse imposer ? Et recevrez -vous pas un arrêt de ma bouche, Si j'ai .droit d'ordonner de tout ce qui vous touche?

CLÉANTE

J'ai tremblé mille fois à votre seul aspect; Mais, perdant tout espoir, j'ai perdu tout respect; Et mon mal infini trouve quelque remède A ne pas endurer qu'un autre vous possède.

FLORIMONDE

Quoi ! votre obéissance a des termes prescrits !

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