ACTE V, SCÈNE IL
l^aise laisse égarer son âme sur sa bouche , it mon bras engourdi languit sans mouvement !
FLORiMONDE, à Théoste.
"ai -je pas h\ea puni de ce retardement?
THl^ASTE.
I. ({ui puis -je égaler ces Êiveurs immortelles ? X quels seront les prix si les peines sont telles ?
CLÉANTE
'raître, sois satisfait du prix de tes amours , ît n'en espère plus qu'aux dépens de mes jours. Ion respect cède enfin à l'ardeur qui m'enflamme ; Ws t'assassiner dans les bras de madame ;. 'out obstacle forcé , j'irois aveuglément '^ terminer ta .vie et ton contentement.
THIÉASTE.
M m'affîgerois fort.
CLÉANTE
Ni la terre ni l'onde ïe divertiroient pas ma fureur sans seconde ; •«e ciel voudroit en vain détourner ton trépas. \ ris y lâche ?
THJÊASTE.
Je ris ; et qui ne riroit pas ?
kuel de ces prétendans qu'eut jadis Angélique , Wt si furieux, si vain y si frénétique ? u ne m'attacpies point sans ta part du danger , ^t tu peux , Rodomont , rencontrer ton Roger.
FLORiMONDE, k Cléunte.
3ieux ! quel astre conduit ma fortune amoureuse , Qu'aimant et n'aimant plus je sois si malheureuse ?
476 FLORIMONDE
Que chacun à son gré dispose de ses vœux.; Aimez ce qui vous plaît et moi ce que je veux. Cléante , où songez - vous ?
th:éaste.
Contentez son envie ; Je suis prêt à l'effort où son bras me convie y Ce fer est nécessaire à son allégement , Et vous délivrera d'un importun amant.
CLÉAiTTE , lui portant un coup (Tépée.
Ah , traître !
FLORiMoifDE, le retenant.
Quoi ! Cléante ! ô dieux ! quelle insolence Vous fait à mes yeux même enfreindre ma défense? M'aimez -vous en effet?
CLEANTE.
O discours superflus , Et plus vrais qu'il n'est vrai que vous ne m'aimez plus! Hélas ! oui je vous aime , aimable Florimonde , Et , comme vos beautés , ma peine est sans seconde.
FLORIMONDE
Mais si vous m'aimez tant, devez -vous refuser Quelque sévère loi qu'on vous puisse imposer ? Et recevrez -vous pas un arrêt de ma bouche, Si j'ai .droit d'ordonner de tout ce qui vous touche?
CLÉANTE
J'ai tremblé mille fois à votre seul aspect; Mais, perdant tout espoir, j'ai perdu tout respect; Et mon mal infini trouve quelque remède A ne pas endurer qu'un autre vous possède.
FLORIMONDE
Quoi ! votre obéissance a des termes prescrits !