‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 318 sur 432 · ACTE V, SCENE IL · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE IL

Et ces charmans regards que son bel œil m'envoie , M'assurent sa conquête et condamnent ta joie. Madame, jugez- nous en termes plus exprès, Et m'ordonnez enfin le myrte ou le cyprès.

FLORIMONDE

Pùur toi qui m'as aimée et qui m'aimes encore , loge par cet arrêt à quel point je t'honore ; Faimant comme je fais, pour ton bien je te perds; le te rends ta franchise et je brise tes fers ; Entretenir tes feux seroit trop d'injustice ; Ion repos m'est trop cher pour que je le ravisse, ^dieu , sache - moi gré de ce bien sans égal , Et vois de quel malheur s'afflige ton rival.

THÉASTE.

h ris de mes tourmens , lâche , aveugle , traîtresse , barbare , indigne objet de l'ardeur qui me presse ; luel respect me défend d'assouvir nlon courroux , t d'immoler ta vie à mon esprit jaloux ? st-ce de ce loyer, esprit plein d'artifices , lue ta fidélité reconnoit mes services ?

FLOaiMOlf DE.

|uoi ? vous prétendiez donc que cet heureux arrêt ût tel qu'il vous dût plaire , et non tel qu'il me plaît ? ^*oîi relèvent mes jours? Sous quel droit suis -je née? ar quelle loi du sort vous suis -je destinée ? quelle ËBitalité me fait devoir mes vœux qui me veut plutôt qu'à celui que je veux ? spérez-vous mon cœur pour prix de votre audace, t que je donne plus à qui plus me menace ? yant su le premier ce que j'ai proposé , e ne considérer quoi que j'eusse causé.

48o -FLORIMONDE,

Mais de punir quelqu'un de l'offense d'un autre, Votre malheur est moins mon désir que le vôtre; J'avois , en menaçant , dessein d'exécuter , £t tout homme prudent l'auroit dû redouter.

(Apercevant Clëonie.)

Cléonie a reçu vos premiers sacrifices ; Elle fut autrefois votre âme et vos délices ; Qu'elle les soit encore , et que le repentir A vos vœux renaissans la fasse consentir. La voilà, voulez -vous que ma prière même Aide à vous rapprocher , car je sais qu'&Ue m'aime?

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