SCÈNE IV
ANTHISME, ADRIEN, NATALIE. * â
A.NTHÎSHE.
Un bruit qui par la ville a frappé mon oreille, De ta conversion m'apprenant la merveille. Et le noble mépris que tu fais de tes jours, ; M'amène à ton combat plutôt qu'à ton secours.
\ combien César t'est un noble adversaire;
; ce qu'un chrétien doit et souffrir et faire
6d. saint genest,
Et je sais €{ue jamais, pour la peur du trépas ,
Un cœur touché de Christ n'a rebroussé ses pas.^
Va donc , heureux ami ^ va présenter ta tête
Moins au coup qui t'attend qu'au laurier qu'on t'apprête ;
Va de tes saints propos éclore les effets ,
De tous les chœurs des cieux va remplir les souhaits. .
Et vous , hôtes du ciel , saintes légions d'anges ,
Qui du nom trois fois saint célébrez les louanges ^
Sans interruption de vos sacrés concerts ,
A son aveuglement tene^ les cieux ouverts.
ADRIEN
Mes vœux arriveront à leur comble suprême, Si, lavant mes péchés de l'ean du saint baptême, Tu m'enrôles au rang de tant d'heureux soldats Qui sous même étendard ont rendu des combats. Confirme , cher Anthisme , avec cette eau sacrée Par qui presque en tous lieux la croix est arborée , En ce fragile sein le projet glorieux De combattre la terre et conquérir les cieux.
ANTHISME.
Sans besoin , Adrien , de cette eau salutaire y Ton sang t'imprimera ce sacré caractère: Conserve seulement une invincible foi , Et combattant pour Dieu , Dieu combattra pour toi.
ADRIEN, après un moment de réflexion.
Ah! Lentule! en l'aydeur dont mon âme est pressée*; Il faut lever le masque et t'ouvrir ma pensée : Le Dieu que j'ai haï m'inspire son amour; Adrien a parlé, Genest parle à son tour. Ce n'est plus Adrien, c'est Genest qui respire La grâce du baptême et l'honneur du martyre ,