‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 404 sur 432 · ACTE III, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IL

Et nous laissez le soin de nos haines communes : Pour échauffer nos cœurs et seconder nos vœux ^ L'ombre de votre nom suffit dedans ces lieux. Sauvez votre personne.

SIGISMOrrD.

Eh bien , il faut , Auronte , Pour seconder vos vœux , consentir à ma honte... Je fuis , mais dans la cour d'un prince plus puissant Et qui respecte en moi la source de son sang. Si les fils de Louis régnent encore en France, Si du sein de Clotilde ils ont tiré naissance , Par elle notre sang en eux s'est répandu , Elle est fille des rois dont je suis descendu. Quand la Bourgogne vit le cruel Clodomire Enlever à mon oncle et la tête et l'empire , Elle fit , quoiqu'en vain , des efforts généreux Pour pouvoir conserver le sceptre à ses neveux. Mais puis -je rappeler en ma triste mémoire L'éclat de mes aïeux , ma naissance et ma gloire, Et souffrir qu'Amalon , qu'un prince déloyal Ose par ses mépris souiller un sang royal ? C'est ainsi qu'on se rit des plus illustres têtes , Quand on les voit ployer sous le faix des tempêtes , Et qu'un chétif vassal , dans nos adversités , Se range du parti des destins irrités.

Mais si le sort m'a pu ravir un diadème , J'en retiens les vertus et suis toujours moi-même ; J'en ai les sentimens et saurai me venger , Ou mourir glorieux au milieu du danger. Adieu , puisqu'il le faut. Ami , c'est avec peine Que je laisse en tes mains l'intérêt de ma haine.

(Il sort.)

6i8 L'ILLUSTRE AMAZONE,

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