DIOCLÉTIEN
Paisse par cet hymen votre couche féconde
Jusques aux derniers temps donner des rois au monde ,
£t par leurs actions ces surgeons glorieux
Mériter comme vous un rang entre les dieux!
En ce commun bonheur l'allégresse commune
Marque votre vertu plus que votre fortune,
Et £siit voir qu'en l'honneur que je vous ai rendu ,
le vous ai moins payé qu'il ne vous étoit dû.
Les dieux , premiers auteurs des fortunes des hommes ,
Qui dedans nos états nous font ce que nous sommes,
fit dont le plus grand roi n'est qu'un simple sujet,
Y doivent être aussi notre premier objet ;
Et sachant qu'en effet ils nous ont mis sur terre
Four conserver leurs droits, pour régir leurs tonnerres,
Et pour laisser enfin leur vengeance en nos mains ,
8o SAINT GENEST,
Nous devons sous leurs lois contenir les hum; Et notre autorité, qu'ils veulent qu'on révère A maintenir la leur n'est jamais trop sévère; Tespérois cet effet, et que tant de trépas Du reste des chrétiens redresseroient les pas : Mais Uai beau leur offrir de sanglantes, hosties, Et lavll* leurs autels du sang de ces impies ; En vain j'en ai voulu purger ces régions , Je vois du sang d'un seul naître des légions. Mon soin nuit plus aux dieux qu'il ne leur est u;^l Un ennemi défait leur en reproduit mille; Et le caprice est tel de ces extravagans, Que la mort les anime et les rend arrogans. Genest, dont cette secte aussi folle que vaine, A si long-temps été la risée et la haine, ' Embrasse enfin leur loi contre celle des dieux, Et l'ose insolemment professer à. nos yeux; Outre l'impiété, ce mépris manifeste Mêle notre intérêt à l'intérêt céleste : En ce double attentat^ que sa mort doit purger, Nous avons et les dieux et nous-même à venger.
MAXIMIN
Je crois que le préfe.t, commis à cet office, S'attend aussi d'en faire un public sacrifice , D'exécuter votre ordre, et de cet insolent' Donner ce soir au peuple un spectacle sanglant, Si déjà sur le bois d'un théâtre fimeste Il n'a représenté l'action qui lui reste.
TE V, SCËNË V. 8i