Tome V
8o SAINT GENEST,
Nous devons sous leurs lois contenir les humains, Et notre autorite, qu'ils veulent qu'on révère, A maintenir la leur n'est jamais trop sévère,; J'espérois cet effet, et que tant de trépas Du reste des chrétiens redresseroient les pas : Mais Uai beau leur offrir de sanglantes, hosties, Et lavll* leurs autels du sang de ces impies ; En vain j'en ai voulu purger ces régions , Je vois du sang d'un seul naître des légions. Mon soin nuit plus aux dieux qu u ne leur est utile ; Un ennemi défait leur en reproduit mille; Et le caprice est tel de ces extravagans, Que la mort les anime et les rend arrogans. Genest, dont cette secte aussi folle que vaine, A si long-temps été la risée et la haine , ' Embrasse enfin leur loi contre celle des dieux. Et l'ose insolemment professer à nos yeux; Outre l'impiété, ce mépris manifeste Mêle notre intérêt à l'intérêt céleste : En ce double attentat,, que sa mort doit purger, Nous avons et les dieux et nous-même à venger.
MAXIMIN
Je crois que le préfe.t, commis à cet office, S'attend aussi d'en faire un public sacrifice , D'exécuter votre ordre, et de cet insolent Donner ce soir au peuple un spectacle sanglant, Si déjà sur le bois d'un théâtre funeste II n'a représenté l'action qui lui reste.