‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 58 sur 432 · FIN DE $A.INT GENEST · texte numérisé non relu

FIN DE $A.INT GENEST

DON BERNARD

DE CABRÈRE,

TRAGI-COMÉDIE

ti>mTmTn~-" .-.--.-.-.-.»..i>— ■«■—>■■■■■»—»—■■■■■■■■■■«■■■■■■ ■m»^*^^»»

HISTORIQUE ET LITTÉKAIRE

ftum oov VBKïïkMB Di càBmàaz.

Don Lope de Lune, véritable héros de cette tragi-comédie, est ami de don Bernard de Gabrère , général des armées et favori du roi d'Aragon don Pèdre. Don Bernard , dans Tespoir d'être utile à son ami, le charge daller rendre compte au roi des victoires qu'il a gagnées, et de remettre à son souverain une lettre par laquelle il attribue à la valeur de don Lope les avantages qu'il vient de remporter sur les ennemis. Don Lope perd la lettre, mais il ne se présente pas moins au roi , qui , distrait en ce moment par une intrigue amoureuse , ne pr^ç aucune attention au rapport que Jiui fait un officier sans mission. Don Lope , sans se rebuter, fait parvenir au roi un mémoire qui n'obtient pas un résultat plus heureux , ayant à son tour

été perdu par le roi lui-même qui le laisse échapper pour retenir sa maîtresse qui fait un faux pas. Don Bernard j en arrivant à la cour^ relève les espérances de son ami fort découragé du mauvais succès de ses démarches ; il le présente au roi qui demande à don Bernard la relation de sa dernière campagne : celui-ci^

ravi de Foccasion de servir son ami, entre-

prend son récit, mais le roi s'endort précisément quand don Bernard fait Téloge de don Lope 5 et il ne se réveille que pour entendre lea noms des autres ofBciers qui se sont distingués et qu'il récompense. Bientôt, par suite dun quiproquo , don Bernard se persuade que don Lope s'est attiré la défaveur du roi; il l'engage cependant à venir l'aider à repousser l'ennemi qui s'est approché de la ville. Don Lope , à son ordinaire^ fait merveilles dans cette action : don Bernard jlour le faire rentrer en grâce , mais n'osant pas le nommer, fait au roi les . plus grandes louanges des talens et du courage d'un soldat à qui cette victoire est en- ^ core due ; et le roi , s'imaginant que don Bernard parle ainsi de lui-même par modestie, ne demande point le nom de ce soldat. Enfin l'infortuné don Lope, toujours et par mille moyens accablé par sa mauvaise fortune , se détermine à s'y abandonner entièrement : il quitte la cour;

SUR DON BERNARD DE CABRÈRE. 89 et alors seulement le roi y instruit de son mérite par don Bemaitl^ promet de lui accorder ses faveurs ; mais la pièce se termine ayant qu on ait vu FefTet de ces promesses.

Cette tragi-comëdie a été conçue par Rotrou poor montrer que tous les eflbrts humains ne peuvent changer la fortune d'un homme que le malheur poursuit : il eût été possible de trouver une action plus heureuse *, mais l'idée principale de Rotrou,' mise en œuvre avec adresse , pourroit^ ce me semble, prêter à des développemens d'un haut comique j elle a même su répandre un grand intérêt dans quelques scènes de cette pièce, malgré la médiocrité de son intrigue.

8o SAINT GENEST,

Nous devons sous leurs lois contenir les humains, Et notre autorité, qu'ik veulent qu'on révère, A maintenir la leur n'est jamais trop sévère.; J'espérois cet effet, et que tant de trépas Du reste des chrétiens redresseroient les pas : Mais Uai beau leur offrir de sanglantes, hosties, Et lavlr leurs autels du sang de ces impies ; En vain j'en ai voulu purger ces régions , Je vois du sang d'un seul naître des légions. Mon soin nuit plus aux dieux qu'u ne leur est utile ; Un ennemi défait leur en reproduit mille; Et le caprice est tel de ces extravagans, Que la mort les anime et les rend arrogans. Genest, dont cette secte aussi folle que vaine, A si long-temps été la risée et la haine, ' Embrasse enfin leur loi contre celle des dieux. Et l'ose insolemment professer à; nos yeux ; Outre l'impiété, ce mépris manifeste Mêle notre intérêt à l'intérêt céleste : En ce double attentat^ que sa mort doit purger, Nous avons et les dieux et nous-méme à venger.

MAXIMIN

Je crois que le préfe.t, commis à cet ofHce, S'attend aussi d'en faire un public sacrifice , D'exécuter votre ordre, et de cet insolent Donner ce soir au peuple un spectacle sanglant, Si déjà sur le bois d'un théâtre funeste Il n'a représenté l'action qui lui reste.

Page 1