ACTE m, SCÈNE I. ia
n en peut faire un jour tribut à vos appas , Ses secrets sentimens ne s'en éloignent pas ; De moindres passions ont fait des souveraines , Et vous êtes d'un sang qui peut donner des reines.
l£onor.
Quelques si doux attraits dont on puisse éclater , Des trônes ne sont pas des prix à mériter. Le ri£cule espoir de cet honneur insigne Le devroit rebuter et m'en rendroit indigne : Mais vous sur qui le ciel répand à pleines mains Les trésors qti'il départ aux plus heureux humains , Et dont les omemens et du corps et de Fâroe Jettent dans tous les cœurs le respect et la flamme ; Vous dont tout le sang règne et fait partout des lois , C'est pour vous que l'amour a destiné des rois. La Murcie et Léon pressent avec instance Par leurs ambassadeurs votre illustre alliance, Et quelque si haut trône où vous veuillez monter, U sera glorieux de l'heur de vous porter.
VIOLANTE
hdifférente encor, je n'épouse personne; le laisse au roi mon frère à choisir ma couronne ; Et, quoi que de mon sort aient ordonné les cieux, Ne prends que par ses mains , ni vois que par ses yeux.
LéONOR.
H m'est donc libre enfin de vous ouvrir mon âme ,
Puisque votre froideur autorise ma flamme,
Et qu'encor sans dessein et sans élection
Vous pouvez approuver mon inclination.
le ne le puis nier, j'ai cru qu'en votre grâce.
Bon Bernard que j'adore occupoit quelque place ,
ia4 DON BERNARD DE CABRÈRE, Et dans ce sentiment tàdhpis de réprimer Le mouvement secret qui me force à l'aimer. Je sais votre naissance, et qu'en ce rang suprême On ne vous peut prétendre à moins d'un diadème; Mais d'ailleurs son bonheur , à son mérite égal , Fait ; comme par un charme aux libertés fatal ^ Presque de tous les cœurs des conquêtes secrètes Qui me rendoient suspect l'état que vous en faites. Jalouse, je tenois pour un tribut d'amour .
Le favorable accueil qu'a trouvé son retour, ^ ,'
Et, quoique tant 4'honneur lui soit trop légitime, Ai cru qu'il procédait d'ailleurs que de l'estime : Mais grâce à vos froideurs mes vœux sont accomplis^ Mes doutes résolus, mes maux ensevelis; J'ose même espérer que par votre assistance Le roi me permettant l'heur de cette alliance. Et perdant un espoir qui ne lui produit rien , Avecque mon repos rétablira le sien. ,
VIOLANTE
Quoiqu'au choix d'un amant mon âme irrésolue. Sur cette passion soit, encore absolue , Et que ce don 'Bernard dé qui les qualités Triomphent, dite$-vous, de taijt de libertés. Quelques myrtes nouveaux qui lui couvrent la tête, N'ait pas sujet encor de vanter ma conquête , Je ne puis toutefois sitôt déterminer Sur le consentement de vous Tabandonner; Et sur votre créance , ou fausse ou légitime , Que l'état que j'en fais doive passer l'estime , Et le peu de respect que vous me faites voir^ « D'avoir eu du dessein où j'en pouvois avoir ,