DOUBLE BALLADE
Combien que j'ay leu en ung dit :
Inimicum putes, y à,
Qui te presentem laudabit, Toutesfois, non obstant cela, Oncques vray homme ne cela
En son courage aucun grant bien, Qui ne le montrast ça et la :
On doit dire du bien le bien.
Saint Jehan Baptiste ainsy le fist, Quant l’Aignel de Dieu descela.
En ce faisant pas ne mesfst, Dont sa voix es tourbes vola ;
De quoy saint Andry Dieu loua, Qui de lui cy ne sçavoit rien,
Et au Fils de Dieu s’aloua :
On doit dire du bien le bien.
Envoiee de Jhesuschrist, Rappellez ça jus par deça Les povres que Rigueur proscrit
POÉSIES DIVERSES
Et que Fortune betourna.
Si sçay bien comment il m’en va :
De Dieu, de vous, vie je tien.
Benoist celle qui vous porta!
On doit dire du bien le bien.
Cy, devant Dieu, fais congnoissance Que creature feusse morte,
Ne feust vostre doulce naissance, En charité puissant et forte,
Qui ressuscite et reconforte
Ce que Mort avoit prins pour sien; Vostre presence me conforte :
On doit dire du bien le bien.
Cy vous rans toute obeÿssance,
À ce faire raison m’exorte,
De toute ma povre puissance ;
Plus n’est deul qui me desconforte, N’aultre ennuy de quelconque sorte.
Vostre je suis et non plus mien;
À ce, droit et devoir m’enhorte : :
On doit dire du bien le bien.
O grace et pitié tres immense, L’entree de paix et la porte,
Some de benigne clemence,
Qui noz faultes toult et supporte, Se de vous louer me deporte, Ingrat suis, et je le maintien, Dont en: ce refrain me transporte :
On'doit dire du bien le bien.
Princesse, ce loz je vous porte, Que sans vous je ne feusse rien.