‹ Œuvres FablesChapitre 103 sur 131 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

Toujours en vain , lui répondis- je.

Cà , quand commencez-vous ? - Dans huit jours , sûrement» •—Pourquoi pas aujourd'hui? Ce long retard m'afflige.

— Oh ! je ne puis dans un moment

Briser une si forte chaîne :

n me faut un prétexte ; il viendra , j'en réponds.

Causant ainsi, nous arrivons

Jusque sur les bords de la Seine ;

Et j'aperçois un paysan

Assis sur ime large pierre , Regardant l'eau cquler d'un ait impatient — L'ami , que fais-tu là ? — Monsieur , pocir une affaiie Au village prochain je suis contraint d'aller : Je ne vois point de pont pour passer la rivière , Et j'attends que cette eau cesse enfin de couler.

Mon ami , vous voilà , cet homme est votre image : Vous perdez en projets les plus beaux de vos jours: Si vous voulez passer, jetez-vous à la nage ; Car cette eau coulera toujours.

FABLE VIL

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