A DUCI
JL' OISE AU qui porte le tonnerre Disgracié, banni du céleste s^our,
Par une cabale de cour,
S'en vint habiter sur la tei-re :
Il eiToit dans les bois, songeant à son malheur j
Triste , d^oûté de la yïe ,
Malade de la maladie
Que laisse après soi la grandeur.
Un vieux hibou , du creux d'un hêtre , L'entend gémir, se XHet à sa fèâètie, Et lui prouve bientôt que la félicité Consiste dans trois points : Travail, paix f^X santé.
L*ai|^ est touché de ee langage :
Mon frère , rëpond-U ^ ( les aigles sont polis Lorsqu'ils sont malheoreiiz) que je tous trouva sagel , Ck>inbten votre raison , tos excellents a^is, M'inspirent le désir de tons voir davantage ,
De TOUS imiter , si )e pub l Ufinerve, en vous plaçant sur sa lète divinei
Gonnoissoit bien tout votre pcix ;
C'est avec elle, j'imagine,
Que vous en avei tant appris.
Non , repond le lybou, j'ai bien peu de science ; Mais je sais me suffire , et j'aime le silence , L'obsGuritë surtout. Quand je vois des oiseaux Se disputer entr'eux la force , le courage , Ou la beautë du chant , ou celle du plumage , Je ne me mêle point parmi tant de rivaux ,
Et me tiens dans mon ermitage.
Si malheureusement , le matin , dans le bois , Quelque étoumeau bavard ^ quelque méchante pie M'aperçoit , aussitôt leurs gliqiissantes voix Appellent de partout une troupe ii^urdie,
Qui me poursuit et m'injurie :
Je soufire , je me tais ; et , dans ce chamaillis>
Seul , de sang-^id et sans colère , M'esqmvant doucement de taillis en taillis, Je regagne à la fin ma retraite si chère.
Là , solitaire et libre, oubliant tous mes maux. Je laisse les soucis, les craintes à la porté; Yoilà tout mon savoir : Je m*abstiens , je supporte ;
La sagesse est dans ces deux mots.
Tu me l'as dit cent fois, cher Ducis, tes ouvrages ,
Tes beaux vers, tes nombreux succès