‹ Œuvres FablesChapitre 33 sur 131 · LE CHEVAL ET LE POULAIK · texte numérisé non relu

LE CHEVAL ET LE POULAIK

U H bon père cheval , veuf, et n'ayant qu'un Glâf

L'élevoit dans un pâturage

Où les eaux , les fleurs et l'ombrage Présentoient à la fois tous les biens réunis. Abusant pour jouir, comme on fait à cet âge, Le poulain tous les jours se gorgeoit de sainfoin ;

Se vautroit dans l'herbe fleurie ,

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Galopoit sans objet , se baignoit saos cinvîe,

Chi se reposoh sans besoin.

Oisif et gras à laid , le jeune solitaire S'ennuya , se lassa de ne manquer de rien :

Le dégoût vint bientôt ; il va trouver son père : Depuis long-temps, dit- il, je ne me sens pas bien;f

Cette herbe est malsaine et me tue , Ce trèfle est sans saveur, cette onde est corrompue ; L'air qu'on respire ici m'attaque les poumons ;

Bref, je meurs si nous ne partons. Mon fils, répond le ^tre, il s'agit de ta vie ,

A l'instant lAéme il £iut partir.

Sitôt dit , sitôt fait , ils quittent leur patrie. Le jeune voyageur bondissoit de plaisir .

Le vieillard , moins joyeux, alloit un train plus sage j Mais il guidoit l'enfant, et le faisoit gravir Sur des monts escarpés , arides , sans herbage ,

Où rien ne pouvoit le nourrir.

Le soir vint , point de pâturage ;

On s'en passa. Le lendemain , Comme l'on conunençoit à souffrir de la faim , On prit du bout des dents une ronce sauvage.

On ne galopa plus le reste du voyage ; A peine, après deux jours, alloit-on même an pas.

Jugeant alors la leçon fidte , Le père va reprendre une route secrète

Que son fils ne connoissoit pas ,

Et le ramène à la prairie , Au milieu de la nuit Dès que notre poulain

Retrouve un peu d'herbe fleurie, Il se jette detsus : Ah ! l'excellent festin ,

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