LE ROSSIGNOL ET LE PAON
L'aimable et tendre Philomèle, Voyant commencer les beaux jours ^ Racontoit à l'écho fidèle Et ses malheurs et ses amours.
Le plus beau paon du voisinage, RIaStre et sultan de ce canton , Élevant la tête et le ton.
Vint interrompre son ramage.
C'est bien à toi , chantre ennuyeux ^ Avec un si triste plumage ; Et ce long bec , et ces gros yeux , De vouloir charmer ce bocage !
io6 FABLES.
A la b^até teale il va bien D'oser célébrer la tendrP4»8f :
De quel droit cliantt&-ti], saos.cesw ?
Moi qui suis beau , je ne dis rîeo.
Pardon, répondit Philomële :
U est vrai , je ne suis pas belle ; Et , si je chante dans ce bois , Je n'ai de titre que ma voix.
Mais Vous , dont la noble azzoga^icf^ M'ordonne de parler plus bas , Vous vous taisez par impuissjEUice , Et n'avez que vos seuls appas.
Ils doivent éblouir sans doute ; Est-ce assez pour se £iire aimer?
Allez , puisqu' Amour n'y voit goutte , C'est l'oreille qu'il faut charmer.