‹ Œuvres FablesChapitre 61 sur 131 · LES ENFANTA ET LES PERDREAUX · texte numérisé non relu

LES ENFANTA ET LES PERDREAUX

Deux enÊmts d'un fermier , gentils , espiègles , beaux ,

Mais un peu gâtés par leur père ,

Cherchant des nids dans leur enclos ,

Trouvèrent de petits perdreaux

Qui voletoient après leur mère.

Vous jugez de leur joie , et comment mes bambins

A la troupe qui s'éparpille

ii8 FABLES.

Vont partout eonper les chemins,

Et n'ont pot assez de leurs mains

Pour prendre la pauvre famille !

La perdrix , traînant l'aile , qypelant ses petits ,

Tourne en vain , voltige , s'iq>proche ;

Déjà mes jeunes étourdis

Ont toute sa couvée en poche.

Ik veulent partager, comme de bons amis; CnKun en garde six, il en rekta un treizième:

L*aînë le veut, l'autre le veut aussi — Tirons au doigt mouille. — Parbleu non. — Parbleu si -—Cède , ou bien tu verras. — Mais tu verras toi-iftème* De propos en propos , l'aînë , peu patient,

Jette à la tète de son frère Le perdreau dispute. Le cadet, en colère,

D'un des siens riposte à l'instant.

L'ainé recommence d'autant; Et ce jeu qui leur plaît couvre autour d'eux la terre

De pauvres perdreaux palpitants.

Le fermier , qui passoit en revenant des champs,

Voit ce spectacle sanguinaire ,

Accourt , et dit à ses enfants :

Comment donc ! petits rois, vos discordes cruelles Font que tant d'innocents expiren;t par vos coups ! Dcf quel droit , s'il vous plaît , dans vos tristes quereUefl|

Faut-il que l'on meure pour vous?

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