‹ Œuvres FablesChapitre 98 sur 131 · LE COQ FANFARON · texte numérisé non relu

LE COQ FANFARON

Il fait bon battre un glorieux :

Des revers qu'il éprouve il est toujours joyeux ; Toujours sa vanité trouve dans sa défaite

Un moyen d'être satisfaite.

Un coq, sans force et sans talent ,

Jouissoit , on ne sait comment ,

D'une certaine renommée.

Cela se voit , dit-on , chez la gent emplumée y Et^ez d'autres encore. Insolent comme un sot. Notre coq traita mal un poulet de mérite.

La jeunesse aisément s'irrite ; Le poulet offensé le provoque aussitôt , Et le cou tout gonflé sur lui se précipite.

Dans l'instant le coq orgueilleux Est battu , déplumé , reçoit mainte blessure ; Et , si l'on n'eût fini ce combat dangereux ,

Sa mort terminoit l'aventiu'e.

Quand le poulet fut loin , le coq , en s'éplucliant , Disoit : cet enfant-là m'a montré du courage ;

J'ai beaucoup ménagé son âge ,

Mais de lui je suis fort content.

Un coq f vieux et cassé , témoin de cette histoire ,

La répandit et s'en moqua.

"Notre fanfanm TatUfjua , Croyant £iciIemeDt ren^rter la yictoîre.

Le brave vétéran , de lui trop mal connu, En quatre coups de bec lui partage la crête , Le dépouille en entier des pieds jusqu'à la tête ,

Et le laisse là presque nu.

Alors notre coq , sans se plaindre , Dit : C'est un bon vieillard; j'en ai bien peu soufièrt :

Mais je le trouve encore vert ; Et , dans son jeune temps , il devoit être à craindre.

PIV DU QUATIIIÈME LIVRE.

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