‹ Œuvres inédites de Maine de Biran (volume 5)Chapitre 35 sur 37 · II · texte numérisé non relu

II

Ipli FONDEMENTS DE LÀ PSYCHOLOGIE.

tout mélange avec les élétnents hétérogènes des émotions, ils dépendent uniquement des rapports perçus entre les idées, et subsistent aussi longtemps que l'entendement est capable de concevoîi* ces rapports. Ces sentiments s^attachent au beau intellectuel et au beau moral dans leur pureté.

(Prédéterminatioti. — Liberté morale. )

La réflexion, qui fait le complément de l'entendement, donne naissance à la prédéterminaiion qui fait le complément de la liberté morale.

Le souvenir d'un acte renferme le sentiment de la puissance de le répéter. Ce sentiment aperçu, danS le présent, est prévu pour le temps fiitur. L*ageat moral prédétermine ses actes à venir, contractant ainsi avec lui-même un engagement qu'il se sent libre de remplir.

L'exercice répété de la réflexion transforme la loi du devoir éil une sorte d'heureuse nécessité qui offre les caractères les plus évidents de la liherté, et en devient la sanction la plus réelle.

CONdLUStON (1).

Les quatre systèmes qiiî viennent d'être passés en

dn manuscrit, mais seulement dans dés hote^ foH ^iicëih6tètf qui sont ici transcrites presque en entier.

(1) Cette cpnoluaioii a été formée dis mtéHAui fiHl à ta là lies sections ii et m.

RÉSUMÉ. /i75

revue pffrent les progrès successifs par lesquels Thomme arrive à prendre possession de sa nature intellectuelle.

Ils résultent des combinaisons variables de deux puissances unies, bien qu'hétérogènes de leur nature et intransformables Tune dans l'autre ; ils représentent, non des abstractions logiques, mais des faits positifs de notre nature.

Dans le système affectif, l'homme, réduit à l'animalité, vit, mais d'une vie sans conscience et sans volonté.

Dans le système sensitif il connaît ses modifications, qu'il attribue à des causes étrangères indéterminées, et agit sous l'empire exclusif de ces modifications.

Dans le système perceptif, il arrive à la connaissance distincte des objets, et juge de leurs rapports, mais de ceux de ces rapports seulement qui sont inhérents aux modifications comparées et variables comme elle. La liberté naît de l'opposition qui existe entre les émotions et les sentiments, et de la possibilité du choix qui résulte de cette opposition.

Dans le système réflexifenûti, l'homme apprend ce qu'il est indépendamment des autres êtres, et ce que les autres êtres sont indépendamment de lui. La liberté morale trouve son complément dans la prédétermination. La science et la moralité s'identifient dans la faculté de réflexion, leur source commune.

Le premier système représente l'état de pure animalité; le deuxième représente l'état d'enfance pendant lequel l'homme n'est conduit que par les sen-

sations, le troisième représente la jeunesse, Tâge de l'imagination, des beaux-arts, des sciences naturelles et synoptiques, le quatrième enfin représente l'âge mur, qui est celui de la philosophie et des sciences de réflexion.

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