‹ uvres inédites de Piron (prose et vers)Chapitre 27 sur 78 · PIRON ET L'ABBÉ DESFONTAINES · texte numérisé non relu

PIRON ET L'ABBÉ DESFONTAINES

ne pas trouv-er mauvais qu'il s'égayât sur mes ouvrages connus.

— De tout mon cœur , lui répondis-je ; grand bien vous fasse, Monsieur l'abbé ! Gréiez sur le persil ! tombez sur moi ! Taillez, coupez, tranchez ! on ne refuse pas une permission de chasse à qui ne tire sa poiudre qu'aux moineaux.

Il s'arrangea sur celte belle indifférence et me mit en pièces dans ses feuilles. J'y fus traité d'auteur sans goûJt, sans art, sans style, sans délicatesse, etc. Je l'avais laissé le maître ; il pouvait me tondre jus >qu'à la peau , exclusivement , sans que j'eusse en vie ni droit de me plaindre. Aussi ne remuai-je pas 3, et n'eussé-je pas remué sans une vive écorchur e qui me pinça jusqu'au vif.

Il parut ud te nouvelle édition des œuvres du célèbre J.-B. R* ousseau. Son métier était d'en parler. 11 en rendit c< ompte, et, plus pour mortifier Voltaire, que par aucun amour de la vérité, se répandit fort en louang< bs sur l'ouvrage. Ensuite, pour enfler commodément sa feuille, il en cita le plus d'endroits et les | )lus longs qu'il put; entre autres une lettre de c *e poète à M. Racine fils, écrite de Bruxelles, où j'i étais alors. Rousseau y parle de moi en ces termes :

« Je possède ici, depuis quelques jours, un de mes compatriote îs au Parnasse, M. Piron, que le ciel semble m'a* voir envoyé pour passer le temps

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