A JEAN-JACQUES ROUSSEAU
Sur sa lettre à d'Alembert.
Petit philosophe allobroge, Redresse ton esprit tortu Avant d'entreprendre, l'éloge De la belle et noble vertu.
Comment, en effet, l'y prends-tu Pour nous en offrir le modèle ?
Tu nous fais un portrait fidèle De toi-même et de ton pays :
C'est vouloir nous dégoûter d'elle Presque autant que de tes écrits.
AUTRE a l'auteur de didon (1)
Sur son Epîtro dédicatoire à M. le marquis de Nesle, espèce de préface dans laquelle, enivré de son premier succès, il s'élève glorieusement au-dessus de ses contemporains, et s'annonce comme le seul et digne successeur de Corneille et de Racine.
Monsieur Le Franc, vous voilà tout bouffi,
Le violet vous en monte à la face.
Désenflez-vous. Le lecteur a dit : Fi!
De votre pièce et de votre préface.
D'entre vos pairs votre orgueil nous efface,
Dompte Pégase et vous colle à son dos.
Mais de la Manche on croit voir le héros,
Les yeux bandés, monté comme un saint George
Sur Chevillard. Il piaffe, il se rengorge ;
Sa vanité met l'enchanteur enjeu.
Avec du chaume, on vous le flambe un peu :
Voilà mon brave au-dessus du tonnerre
Qui croit toucher la région du feu !
Et son roussin n'a pas bougé de terre.
(1) Le Franc de Pompignan.