‹ uvres inédites de Piron (prose et vers)Chapitre 60 sur 78 · A JEAN-JACQUES ROUSSEAU · texte numérisé non relu

A JEAN-JACQUES ROUSSEAU

Sur sa lettre à d'Alembert.

Petit philosophe allobroge, Redresse ton esprit tortu Avant d'entreprendre, l'éloge De la belle et noble vertu.

Comment, en effet, l'y prends-tu Pour nous en offrir le modèle ?

Tu nous fais un portrait fidèle De toi-même et de ton pays :

C'est vouloir nous dégoûter d'elle Presque autant que de tes écrits.

AUTRE a l'auteur de didon (1)

Sur son Epîtro dédicatoire à M. le marquis de Nesle, espèce de préface dans laquelle, enivré de son premier succès, il s'élève glorieusement au-dessus de ses contemporains, et s'annonce comme le seul et digne successeur de Corneille et de Racine.

Monsieur Le Franc, vous voilà tout bouffi,

Le violet vous en monte à la face.

Désenflez-vous. Le lecteur a dit : Fi!

De votre pièce et de votre préface.

D'entre vos pairs votre orgueil nous efface,

Dompte Pégase et vous colle à son dos.

Mais de la Manche on croit voir le héros,

Les yeux bandés, monté comme un saint George

Sur Chevillard. Il piaffe, il se rengorge ;

Sa vanité met l'enchanteur enjeu.

Avec du chaume, on vous le flambe un peu :

Voilà mon brave au-dessus du tonnerre

Qui croit toucher la région du feu !

Et son roussin n'a pas bougé de terre.

(1) Le Franc de Pompignan.

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