‹ ŒuvresChapitre 26 sur 55 · A M. LEBEL · texte numérisé non relu

A M. LEBEL

Vos vers sont purs , le motif en est beau ; Vous sentez comme Horace , et pleurez conune Orphée Et votre plus brillant trophée ^

S'élèvera sur un tombeau.

Pour le jardin de M"^ d'Hqudetot^

xj coiffBiEN fàime mieux vos riants paysagest Que ces parcs de Plutus , dispendieux ouvrages y.

Où venaient à grand bruit se cacher autrefois 9

Et les ennuis dés grands^ et les chagrins des rois! Je trouve Finnocence et le bonheur champêtre , Dans ces lieux ^ qixe vos mains ont pris soin d'embellîiv L^oiseau y de vous charmer semble s*enorgueillir >

Les roses s'empressent d'y naître ,..

Et le chêne veut y vieillir.

J^aime de vos gazons les nappes verdoyantes^^, Yos élégants bosquets, vos bois majestueux»

Tout plait à mes regards : vos routes ondoyantes^ 117e me tourmentent point de replis tortueux , Et Ton peut y marcher , y rêver deux à deux. ^

A ces beaux lieux, que le bon goût décore 9 Plus d'iHi'doux monument vient ajouter encore

De tous ceux qui vous fure^At chers.

Dont vous aimkiez Téloquence ou les ver», Sous les abris sacrés de ces feuillages sombre On croit voir revenir et voltiger les ombres;

Votre art veut émouvoir » et non pas éblouir : Pour TOUS, aimer c'est vivre 9 et rêver c'est jouir;

La douleur rêveuse a son charme.

Dè,.p.-oo..xiveàoej.rdi.ch«™o,.

Le cœur est sûr d^un s&utimeoj:,

Et rœil se promet ime larme.

Tout ici se conforme k vos tendres douleurs ; Pour vous le noir cyprès rembrunit ses couleur^»

L*onde plaintive attriste spn murmure ^ .

Un jour mélancolique éclaire Tombre obscure ^ Et le saule incliné joint son deuil à vos pleyrs. Et qui peut près de vous demeurer impassible ? Quels barbares échos peuvent rester muets?

Les doux ressouvenirs habitent vos bpsquets^ La tristesse chérit leur silence paisible;^

Et pour exprimer vos regrets^^ La pierre mémeiEipprend à devenir sens^>le.

A M-. LEBRFN.

I'loNNE0a à vos brillants pinceava !

Charmante rivale d*Apelles 9 Tous vos portraits sont des tableaux »

Et tous vos tableaux des modèles.

FU<>ITIVES. J39

Sur le portrait de M"*. La Foliote.

xjk douce rêverie et la v^yacUé »

La gaité jointe à la déceneef.

La finesse Avec Tinnocence^ : -

Et la pudeur avejO Ifi yolupté^

y o3à jjuel heureux assemblage

A du composer votre image.

D^où vient qu'avec plaisir l'oeil saisit chaque trait

De cette peinture fidèle?

Ce^t qu'on trouve dans le portrait

Ce qu'on chérit dans le modèle.

Que dis-je! le pinceau ne parle ici qu'aux yeux;

Ou sont ces chants délicieux ,

Ces harmonieuses merveiUes Qui ravissent le cœur et flattent les oreilles ? J'écoute, et n'entends point ces accents enchanteurs De cette voix si légère et si tendrç.

Aeureu^ement pour la paix de nos cœurs

L'a^Cjt 4e Xenxis ne peut les rendre.

Son image sur nous auroit trop de pouvoir ,

Si le pinceau joignait le bonheur de l*eiitendlr«

Au plaisir si dl)ux\ïe la voir^ Et si )e pénétrais dans cette âme si pure Que dans un cotps charmant enferma Ta natures, Que de sentiments délicats \ Je voudrois bren'les peindre } mais» hélas!

La vertueuse Annette, à sa gloire s^opposfe *^

D'un vain venom évitant les éclat»; La modeste pudeur qui dans son coeur repose i^

Toile à nos yetrx ses innocents appas ; C'est le calice de la rose Pont le parfUth s'é^hale et n,e se montre pas^

A UNE lEUNE PERSONNE

Çiù avait qy4l4 h matin à Pégase , et qui dansiUt

le soir à un bal ctfimi*

Po u a rindigent quand vous allez en quête».. ^ Vous obtenez pour lui d'abondantes faveurs ;; Quand vous dansez dans une aimable fête»

Sans les. c^uéter » vous g»gne« tous les cbeirTS»

FUGITIVES. ^oi

A M. Charles dé LACRCTEIXIE.

Au tour facile , à la phrase nombreas^ ^

De rHarmoaieux Cîcéron , Vous unissez la touché vigoureuse ' ' ' ' DérhistorîendeNëroiir ^ ^ " '• ^

Tout seconde Vos voeux; la Discorde èlle-mêhie. Qui des serments du Styx tressant son diadème^ Excitait aux ôombats les péupléfe' et les rois , Vous rend hohi^gé eh rentrant d^uis PàbJme »

. Et de ses di^sonnantes voix

Forme pour vous un concert titianime ;

Vos inexorables pinceaux , Mieux que là hache et que lés échafauds »

Par un supplice légitihië i Même après leur trépas imhissént nos bourreattx» J*âime à voir Tafifrèux Robespierre , Dont le nom seul effraie erico* la terre, Sur les degrés sanglants de éon trône abattu» De son' code assassin devenir là victime r ' ' Et je pensé voir la vertu Ecriv ant IVistoire du crime^

Page 1