TRADUCTION
jywi morceau de la tragédie d'Othello » de
Shakespear (i).
Sd!r j^é tt^èstiUitil ; fbjt la jfkiâiliqtie yok
11 savait dès long-temps mes malheurs , mes exploits ;
Va lui dôMaiéHt J^ôur mAï Ymtétél \t plus tetaidre ;
Mais de ma propt'è bouobe il Tôulait les entendre;
Et moi ^ ^ur édtisfài^e à ses vœul empressée i
Je Itti ëôMàis !be6 maiix et tues périls passés»
Quel fut mon sort obBour » <)Ottiiâiietit pair mon courage
Je sortis de lalbule et dêrinS li^ii dlïvràge ;
Quel rèft^s tilê plôâgeà dalis la ùàplif ilé)
Qud ami gèiïét^iàx paya nia liberté)
Ce tiMni varié d'espéraâcè «t d'alarmes ;
Ma jëûileise ft£fir6iltant le tumulte d%s âMâM $
Quels prodiges iseât Ibis m'ont salivé 4kx tt^épâs;
Des millier» d'eAtteuiis ftt^tsst^imës par iHôtt bias,
MattkMn^m t^k itigKt iâiiàolait mtt VÎetoirt^
Et sur qui j« plouiws au Miiiëtt de ma gloire.
(0 Voyez OTHXu^y de Dud», acte !•'., scène V.
FUCVtTtVÉS. 107
Gantât citait un siège et ses longues hoit^nrs ^ L^assailknt aû-dehors déployant ses fureurs , Au-dedans tous les maux d'ntie viUe affamée^ Et la contagi^li dévorant mon armée.
De^émoîià pehsivë écoutait ces discours^ Ou si de Mon histoire interrompant le cours , Quelque èôin domestique exigeait ^ présence , Biaitôt ^ pdiir réparer ces courts tnoments d'ablsence^ Effe àccoùi'ielit Vers nous , et sôb éœiir transpcxrté , Ecoutaîit tiion récit avec àVi'dité ^ Paf tageàit inôh destin bétareux ou misérable. Je le Tis ^ je saisis un instant fkvoràble , Et surpris à son cdeur sensible et généreux tJne dôucè prière y objet de tous i!aes vœux y Cétait de répéta*, de répéter encore Ces iraits qu'elle admira, ces maux qu'elle déplore; Mon récit trop modeste eh taisait la moitié , C'était trahir ma gloire et trahir Tamitié ; / Depuis les premiers jours de ma première enfance Jusqu'au dernier péril qu'afironta ma yaillance. On voulait tout savoir ; et tandis que ma voix Reprenait ce récit redemandé vingt fois»
aoB POÉSIÊSi ,
Mes coursés 4 mes combats sur la t<erre et les ondes ^ Dan$ les sables déserts, dans les forêts profondes, Moip coui*sier tout sanglant se débattant sous moi; Mon œil dans tous ses traits voyait coijrir TeCTroi ; J'entendais sed spupii^s^ je surprenais ses larmes. Et jouissais tout bas de ses tendres alarmes. Un jour ^ enfin , d'un ton mélancolique et doux^ « Quel mortel , me dit-elle , a souffert plus que tou9« » Entre tous vos amis s'il en est un qui m'aime,
» A conter vos malheurs instruisez-le vous-même, » Et je ne quitte plus^ce touchant entretien. » Ces mots partis du cœiu* avertirent le mien ; Elle avait révélé le secret de sa flamme.
Et l'aveu de la mienne échappa de mon âme* Sans refuser mes vœux et sans les recevoir , Sa touchante rougeur confirma mon espoir ; Elle aimait mes malheurs, et moi j'aimai ses larmes. L'amour et la pitié confondirent leurs charmes , ^ Et firenj: deux époux de deux tendres amants : Yoilà mon sortilège et mes enchantements.
A M. TÛRGOT.en 1769/
JtvisN de nouveau dans cette ville immense.
Vous avez vu TefferVescence Qu'a produite en ces lieux le monarque danois ;
Jamais Paris , jamais la Fraùce D^hommages plus flattetjrs n'ont honore leurs rois ;
Du Parlement l'auguste compagnie ,
De rOpéra le théâtre enchanté »
La Sorbonne » la Comédie »
Les Cicérons de l'Université,
Les beaux esprits de notre Académie,
En soi-disant latin, en français brillante.
En prose , en vers , à l'en vi l'ont fêté ;
Chaque jour voyait naître une scène nouvelle f
Et jamais , je vous jure, une faveur si belle
N'a signalé nos chers badauds ,
Depuis l'époque immortelle
Du triomphe des Ramponneaux*
I7os conversations étaient cent fois plus vives :
Zïù I^OÉSIES
A quel théâtre ira-t^il au jourdlini?
Où «oape-Vil? quels seront les convives ?
Quel bal nouveau prépare-t-on pour lui?
De son esprit qu'est-ce que Ton raconte?
Quelle femme lui plait , quel jeu le divertit? Faut-il rappeler sire » ou bien le nommer ccmite? Jamais on n'a tout dit.
Bien sensible à tout notre bruit^ de monarque a daigné sourire à nos caprices , A nos douces vertus , à nos aimables vices 9 N*a sifflé qTOL^injpeùùo nos petits grands seigneurs, A bien vanté les rois de nos coulisses , Et les minois de nos actrices»
Et les jarrets de nos danseurs»
Quoique jeune et monarque , il réflécldt et peasc; On Ta surpris plus d'une fois»
Observant en silence Ce peuple amoureux de ses rois»
Plein de vivacité comme de patience , Assez bien gouverné par de mauvaises lois »
Sur ses malheurs rem{di d'indifférence»
^'extasiant sur des ciiaBsons » -
'Périssant de misère au milieu des moissons , Faisant d'excellent vin dont l'étranger s'enivre Et qui vivrait heureux s'il avait de quoi vivre. Enfin ce prince a fîii de ce Paris charmant.
En convenant, pour l'honneur de la France ,
Qu'on ne pouvait assurément
St ruiner. plus galamment, Wî s'ennuyer avec plus 4e décence.
Mais , hélas ! depuis son absence Les esprits et les coeurs qu'il avait occupés
Retombent dans l'indifférence ; Les bals, les opéras, les fêtes, les soupes»
L'in^rtance des étiquettes »
L'exacte rigueur des toilettes ,
Tout commence à dégénérer , Et son départ laisse enfin respirer
I^os cuisiniers et nos jpoètes.
tu POÉSIES