‹ ŒuvresChapitre 50 sur 55 · M*. LA DUCHESSE DE DEVONSHIRE · texte numérisé non relu

M*. LA DUCHESSE DE DEVONSHIRE

De vos rîchçs tableaux que j^aime les images ,

Quand vous peignez ces monts sauvages , Tïoir séjour des frrnias, d*où tombent ces torrent s , Où gronde le tonnerre^ où mugissent les vents ^ Sillonnés de ravins, entrecoupés d'abimes!

Xorsqu^avec tant de grâce , à leurs horreurs sublimes Vous opposez leurs tranquilles abris »

Leurs doux ruisseaux et leufs vallons fleuris ».. Le vrai bonhe w > loin d'un luxe profane r.

2^8 ÉPITRE

A leurs rochers confiant sa cabane.

Toujours la vérité dirige vos pinceaux ; Vous unisses la force à la mollesse :

Le cours des fleuves , des ruisseaux »

Embrasse avec moins de souplesse Le terrain varié que parcourait leurs eaux.

De la variété le méritç est si rare l Tpu)ourspour leurs Phaons soupirent nos Saphos ; Deshoulières m^endort aux chants des pastoureaux 'Prodigue des grands traits dont sa muse est avare > Mieux qu'elle vous savez varier votre ton ; Je crois voir à côté de Taigle de Pindare

La colombe d'Anacréon* Ainsi des saints devoirs et d'épouse et de mère> - Des Muses l'entretien charmant Vient quelquefois doucement vous distraire.

A la raison vous joignez l'agrémeut, Le talent de bien dire au bonheur de bien faire : Telles naissent les fleurs au milieu des moissons. Mais c'était peu pour vous de briller et de plaire 5 A vos enfans vous transmettez vos dons«

ÉPITRE. 379

De ramour maternel tel est le caractère ;

Cest dans ses tendres rejetons

Qu^est sa volupté la plus chère ; G^est dans eux qu^il jouit 9 c^est pour eux qu^il espère^

Au milieu de ses nourrissons »

Ainsi la rose , déjà mère ^ Que les zéphyrs trop tôt cèdent aux aquilons ^ Ne pouvant retenir sa beauté passagère ,

Met son espoir dans ses jeunes boutons , Leur ]ègue ses parfums ^ sa grâce héréditaire^ Sa couronne de pourpre et se» riches festons. De vous^ de vos enfants c'est Timage fidèle; L'aimable Caveadish 9 grâces à vos leçons^ Est le portrait charmant du plus parfait modèle; Gomme vous elle plait , Vous vous plaisez dans elle. Jouissez , reprenez vos aimables concerts :

Yos chants servent d'exemple aux nôtres , Et le plus dur censeur eût fait grâce à mes vers Si j'eusse été plutôt le confident des vôtres. G'est peu de les aimer , encouragez les arts-» Belle Georgiana : c'est vous dont les regards

28o ÉPITRE.

( La mémoire encor m'en est chère )

Ont les premiers^ à ma Muse étrangère , D'un accueil caressant accordé la faveur , Et dissipé la crainte attachée au malheur.

Dans les champs paternels^ jadis simple bergère»

Elle chantait aux montagnes, aux bois; Les bois lui répondaient; et même quelquefois.

Il m'en souvient , sa chanson bocagère Sut se faire écouter dans le palais des rois.

Ce temps n*est plus : fugitive , exilée , Surles bords où chantaient les Popes, les Thompsons,

Sa voix tremblante essaya quelques sons :

Albion lui sourit, elle fut consolée.

Tel un frêle arbrisseau qu'un orage soudain

Enlève et transporte sur l'onde , Contraint de s'exiler sur quelque bord lointain ^

Suit au hasard sa course vagabonde ,

Rencontre , aborde une terre féconde ; Là, par Zéphire transplanté.

Bientôt l'arbuste acclimaté Se croit dans son berceau : les enfants du bocage

É PITRE. 281

Lui font accueil ; il partage avec eux Et la douce roséç et les rajous des cieiiic , De sa fleur étrangère embellit ce rivage »

Bénit son sort^ et pardonne à Torage.

i^%0w^f^r^%0^^fi^k0w^*i^^^i^^^^^^^^^^^^^^f9^^^^i^

Page 1