ACTE V, SCENE I
Orâce aux préventions de son esprit jaloux , Nos plus grands ennemis ont combattu pour nous. Jç m'en fie aux transports <]tt'e1Ie m'a fait paraitre ; Je m'en fie à Burrhus : j'en crois même son maître ; Je crois cp^a mon exemple , impuissant k trahir , Il hait a cœur ouvert , on cesse de haïr.
JU NIE
Seigneur , ne juges pas de son cœur par le votre ; Sur des pas di0erens vous marches l'un et l'autre: Je ne coifnais Néron et la cour que d'un jour : Mais , si je l'ose dire , hélas 1 dans cette cour Combien tout ce qu'on dit est loin de ce qu'on pense ! Que la bouche et le cœiur sont peu d'intelligence \ Avec combien de joie on y trahit sa foi !
Quel séjour étranger et pour vous et pour moi !
BRIT Air H IGUS.
Mais ^e sou amitié soit véritable ou feinte , Si vous craignes Néron , lui-même est-il sans crainte ? Non, non, il n'ira point , par un lâche attentat, Soulever contre lui le peuple et le sénat.
Que dis-je ? il reconnaît sa dernière injustice ; Ses remords ont paru, même aux yeux de Narcisse. Ah ! s'il vous avait dit, ma princesse, à quel point....
J VN lE.
Mais Narcisse , seigneur, ne von& trahit-il point ?
BRIT Air NIC us. Et pourquoi vonles-vous que mon cosur s'en défie ? a. lâ
xjo BRITANJNIGUS.
juiriE.
Et que taig-je ? il y va , seigneur, de votre vie : Tout m'est snspect : je crains que tont ne soit séduit ; Je crains Néron ; je crains le malheur qui me suit. D'un noir pressentiment malgré moi prévenue y Je vous laisse a regret éloigner de ma vue.
Hélas l si cette paix dont vous vous repaisses Couvrait contre vos jours quelques pièges dressés ; Si Néron, irrité de notre intelligence ,'.
Avait choisi la njiit pour cacher sa vengeance ; S'il préparait ses coups tandis que je vous vois ; Et si je vous parlais pour la dernière fois \ Ah prince !
BRiTAiririCus.
Vous pleures ! ah ma chère princesse t Et pour moi jusques«là/Votre cœur s'intéresse \ Quoi, madame \ en un jour où plein de sa grandeur Néron croit éblouir vos yeux de sa splendeur. Dans des lieux où chacun me fuit et le révère. Aux pompes de sa cour préférer ma misère 1 Quoi ! dans ce même jour et dans ces mêmes lieux , Refuser un empire , et pleurer a mes yeux !
Mais, madame , arrétex ces précieuses larmes} Mon retour va bientôt dissiper vos alarmes.
Je me rendrais suspect par un plus long«éjonr : Adieu. Je vais, le cour toutpleiu de mon amour. Au milieu des transports d'une aveugle jeunesse j