ACTE III, SCENE I. ays
Fuyons tous deux , fuyons un spectacle funeste Qui cle notre constance accablerait le reste. Si Tespoir de régner et de vivre en mon cœur Peut de son infortune adoucir la rigueur, Ah prince ! jurez-lui que , toujours trop fidèle, Gémissant dans ma cour, et plus exilé qu'elle, Portant jnsqu'fiu tombeau le nom de son amant. Mon règne ne sera qu'un long bannissement, Si le ciel , non content de me l'avoir ravie , Teut encor m'afHiger par une longue vie.
Vous, que Tamitié seule attache sur ses pas , Prince, dans son malheur ne l'abandonnez pas : Que l'Orient vous voie arriver a sa suite ; Que ce soit un triomphe , et non pas une fuite. Qu'une amitié si belle ait d'étemels liens :
Que mon nom soit toujours dans to^ vos entretiens. Pour rendre vos états plus voisitas l'un de l'autre , L'Enphratc bornera son empire et le vôtre.
Je sais que le sénat, tout plein de votre nom , D'une commune voix confirmera ce don.
Je joins la Gilicie a votre Comagène.
Adieu. I^e quittes point ma princesse , ma reine , Tout ce qui de mon cœur fut l'unique désir , Tout ce que j'aimerai jusqu'au dernier soupir.
aS6 BËAEISIGE.