‹ ŒuvresChapitre 111 sur 160 · PYRRHUS, ORESTE, PHŒNIX · texte numérisé non relu

PYRRHUS, ORESTE, PHŒNIX

O RESTE

Avant que tous les Grecs vous parlent par ma voix , Souffrez que j'ose ici me Natter de leur choix , Et qu'a vos yeux-, seigneur , je montre quelque joie De voir le fils d'Achille et le vainqueur de Troie .'^^ Oui , comme ses exploits nous admirons vos coups ; Hector tomba sous lui , Troie expira sous vous ; Et vous avez montré , par une heureuse audace , Que le fils seul d'Achille a pu remplir sa place. Mais , ce qu'il n'eût point fait, la Grèce avec douleur Vous voit du sang troyen relever le malheur,

19a ANDROMAQUE.

Et , vous laissant toucher d'une pitié funeste , D'une guerre si longue entretenir le reste.

Ne vous souvient-il plus , seigneur , quel £ut Hector ? Nos peuples affaiblis s'en souviennent encor : Son nom seul fait frémir nos veuves et nos filles ; Et <lans toute la Grèce iï n'est point de familles Qui ne demandent compte a ce malheureux fils D'un père ou d'un époux qu'Hector leur a ravis. Et qui sait ce qu'un jour ce fils peut entreprendre ? Peut-être dans nos ports nous le verrons descendre , Tel qu'on a vu^son père embraser nos vaisseaux , Et , la flamme k la main , les suivre sur les eaux. Oserai-)e , seigneur, dire ce que je pense?

Vous- même de vos soins craignes la récompense ^ Et que dans votre sein ce serpent élevé Ne vous punisse un jour de l'avoir conservé.

Enfin , de tous les Grecs satisfaites l'envie , Assurez leur vengeance, assures votre vie :

Perdez un ennemi d'autan^ plus dangereux Qu'il s'essaiera sur vous à comhatb-e «ootre eux.

PYRRHUS

La Grèce en ma faveur est trop inquiétée :

De soins plus importuns je l'ai crue agitée , Seigneur ; et, sur le nom de son ambassadeur , J'avais dans ses projets conçu plus de grandeur. Qui croirait eu effet qu'une teHe entreprise Du fils d'Agamemnon méritât l'entremise ;

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