ACTE II, SCENE V. âi
PHfBNIX.
Ah ! je TOUS r«coiiiiais ; et ce juste courroux ,
ÂinM qu'a tons les Grecs , seigneur , vous rend à vous.
Ce n'est plus le jouet d'une flamme senrile :
C'est Pyrrhus , c'est le fils et le rival d Achille ,
Que la gloire à la fin ramène sous ses lois ,
Qui triomphe de Troie ime seconde fois.
PYRRHUS
Dis plutôt qu'au) om-d'hui commence ma victoire : D'aujourd'hui seulement je jouis de ma gloire ; £t mon cœur, aussi fier que tu l'as vu soumis, Croit avoir en l'amour vaincu mille ennemis.
Considère , Phœnix , les trouhles que j'évite : Quelle foule de maux l'amour traîne à sa suite ; Que d'amis, de devoirs, j'allais sacrifier ; Quels périls.... un regard m'eût tout fait oublier : Tous les Grecs conjurés fondaient sur un rebelle^ Je trouvais du plaisir a me perdre pour elle.
PH<EIf IX.
Oui , je bénis , seigneur , l'heureuse cruant». Qui vous rend....
PTRRHUft.
Tu l'as vu tomme elle m'a traité.
Je pensais , en voyant sa tendresse alarmée , Que son fils me la dût renvoyer désarmée :
J'allais voir le succès de ses embrassemens ; Je u'ai trouvé que pleurs mêlés d'emportemens.
av6 ANDROMAQUE.
Sa misère l'aigrit ; et^-tonjonrs plus farouche, Cent fois le nom d'Hector est sorti de sa boudbe. Vainement à son fils j'assurais mon secours , « C'est Hector , disai^eDe , ^a fembrassant ton jours ^ » Voilàses yeux, sa bouclie , et déjà son audace Ç 9 C'est lui-même :<c'eat toi,-clier époux^quej'embrasse.j» Eh 1 quelle est sa pensée ^ attend-elle en ce jour Que je lui laisse un fils pour nourrir son amour ?