ACTE II, SCENE K
Mais ne tous plaignes pas : mon ccenr chargé d'enuai Ne Toaft sonbaitait rien qu'il n'épronvàt en lui , Sar-toot depai» le tems qne dure cette guerre , Et que de gens armés vons couTres cette terre. Ob dieux î à qnds tourmens mon cœur s'est tu soumis , Voyant des detn cotés ses plus tendres amis î lIXe objets de douleur décbiraient mes entrailles ; J'en Tojais et dehors et dedans nos mprailles : Cbsqne assant k mon cceur lirrait mille combats ; Et mille fois le jour \e souffrais le trépas»
HÉMO v>
Mm enfin qn'ai'je fait y en ce malheur extrême , Qne ne m'a it ordonné ma (nincesse elle-n^ine ? J'ai suivi Polynice ; et vous Taves voulu :
Tous me l'aTex prescrit par un ordre absolu.
Je hû Tooai dès^ors une amitié smcère ; Je quittai mon pays , j'abandonnai mon p^ :
Sar moi , par ce départ , j'attirai son courrons ; Et, ponr tout dire enfin , je m'éloignai de vous.
ANTICOHE.
Je m'en sonrîens , Héraon , et je vous fais justice ;
C'est moi que vous servies en servant Polynice :
D m'était cher alors comme il est aujourd'hui ;
Et je prenais ponr moi ce qu'on faisait ponr lui.
Nous nous aimions tous deux des la plus tendre enfance,
Et i'avMi^snr son cceur une entière puissance ;.
4o LES FRERES ENNEMIS.
Je trouvais a lui plaire une extrême douceur , Et les chagrins du frère étaient ceux de la scnir. Ah ! si j'avais encore sur lui le même empire , 11 aimerait la paix , pour qui mon cœur soupire ? Notre commun malheur en serait adouci :
Je le verrais , Hémon ', vous me verries aussi !
HÉlKTlf.
De cette affreuse guerre il abhorre Timage , Je l'ai vu soupirer de douleur et de rage , Lorsque pour remonter au trône paternel , On le força de prendre un chemin si cruel.
Espérons que le ciel , touché de nos misères , Achèvera bientôt de réunir les frères , Puisse-t-il rétablir l'amitié dans leur coeur , Et conserver l'amour dans celui de la sœur !
AiTTIGOlfE.
Hélas ! ne doutes point que ce dernier ouvrage
Ne lui soit plus aisé que de calmer leur rage :
Je les connais tous deux , et je répondrais bien
Que leur cœur , cher Hémon , est plus dur que le mien.
Mais les dieux quelquefois font de plus grands miradea