ACTE III, SCENE VIII. a
CÉPHISE
Hé bien , allons donc voir expirer ^otre fils :
On n'attend plus que vous>«. Vous frémissez , madame ?
▲ NDROM AQU E.
Ah ! de quel souvenir viens-tu frapper mon âmQ ! Quoi ! Céphise, j'irai voir expirer encor Ce Gb, ma seule joie , et l'image d'Hector ?
Ce fils , que de sa flamme il me laissa pour gage ? Hélas ! je m'en souviens : le jour que son courage Liiû fit chercher Achille , ou plutôt le Crêpas , Il demanda son fils , et le prit dans ses hras : « Chère épouse , dit-il en essuyant mes larmes , » J'ignore quel succès le sort carde a mes armes ; 9 Je te laisse mon fils pour gage de ma foi : ji S'il me perd , je prétends qu'il me retrouve en toi. 9 Si d'un heureux hymen la mémoire t'est chère , B Montre au fils à quel point tu chérissais le père. » £t je puis voir répandre un sang si précieux ? £t je laisse avec lui périr tous ses aïeux ?
Roi barbare , faut-il que mon Crime Tentraine ? Si je te hais, est^il coupable de ma hain* ?
T'a-t>il de tous les siens reproché le trépas ? S'est-il plamt a tes yeux des maux qu'il ne sent pas ? JtttM cependant , mon fils , tu meurs si je n'arrête lie fer que le cruel tient levé sur ta tête.
Je l'en puis détourner , et je t'y vais offrir ?... lYoD, tu ne mourras point, je ne le puis souffrir.
«56 ANDROMAQUE
Allons trouver Pyrrhus. Mais non , chère C^hise , Va le trouver pour moi.
GÉPHISE.
Que faut-il que je dise } ▲ ndromaque.
Dis-lui que de mon fils l'amour est assez fort.... Crois-tu que dans son cœur il ait juré sa mort? L'amour peut-il si loin pousser sa barbarie ?
Madame, il va bientôt revenir en furie.
AlTDROMAQUE.
Hé bien , va Fassarer . . .
CÉPHISE
De quoi ? de votre foi ?
ÀITDROMAQUE.
Hélas ! pour la promettre est-elle encore a moi? O cendres d'un époux ! ô Troyens ! ô mon père l O mon fils , que tes jours coûtent cher k ta mère ! Allons.
CÉPHISE
Où donc y madame ? ^ que résolvex-vous ?
AlfDROMAQUE.
Allons sur son tombeau consulter mon époux.
FlBf DC TROISIÈME ACTK.