‹ ŒuvresChapitre 147 sur 160 · ACTE IV, SCENE IIL a4S · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IIL a4S

Hontes ÎQsqa'à sa mort d'un courroux incertain ; S'il ne meurt aujourd'hui, je puis l'aimer demain^

OR ES TE

Hé bien , il faut le perdre , et prévenir sa grâce r n faut.... Mais cependant c[ue faut-il que je fasse ? Comment puis- je sitôt servir votre courroux ? Quel chemin- jusqu'à lui peut conduire mes coups ^ A peines suis-jè encore arrivé dans l'Épire , Vous vonles par mes maiiis renverser un empire ; Vous voulez qu'un roi meure ; et pour son châtiment Vous ne donnes qu'un jour, qu'une heure , qu'un moment: Aux yeux de tout son peuple il faut qu^ je l'opprime. Ijais5et-mot< vers l'autel conduire ma victime , Je ne m'en défencb plus ; et je ne veux qu'aller Reeonnidtre la place où je dois l'immoler :

C^tte nuit je vous sers , cette nuit je l'attaquev ,

HERMIONE

Mais cependant, ce jour, il épouse Andromaque ; Dans le temple déjà le trône est élevé.

Ma honte est confirmée , et son crime achevé.. Enfin qu'attendes- vous ? il vous ofi&e sa tdte: Sans gardes , sans défense, il marche a cette féte^f Autour du fils d'Hector il les fait tous ranger ; Il s'abandonne au bras qui me voudra venger.

Voulec-vous , malgré lui , prendre soin de sa vie ? Armes , avec vos Grecs, tous eaux qui m'ont suivie ;.

ai»

«46 ANDROMAQUE

Soulevés vos amis ; tous les miens sont a vous i n me trahit , vous trompe , et nous méprise tous» Mais quoi ! déjà leur hatne est égale à la mienne ; Elle épargne a regret l'époux d'une Troyenne. Parles ; mon ennemi ne vous peut échapper ; Ou plutôt il ne faut que les laisser frapper. Conduises ou suives une fureur si belle ; Revenet tout couvert du sang de l'infidèle ; Ailes : en cet état soyez sûr de mon cœur.

OR ES TE

Mais, madame, songer....

' HERMIOITE.

Ah ! c'en est trop , seigneur.

Tant de raisonnemens offensent ma colère.

J'ai voulu vous donner les moyens de me ^4aire , Rendre Oreste content ; mais enfin je vois bien Qu'il veut toujours se plaindre, et ne mériter rien. Partes : allez ailleurs vanter votre constance , Et me laisses ici le soin de ma vengeance.

De mes lâches bontés mon courage est confus ; Et c'est trop en un jour essuyer de refus.

Je m'en vais seule au temple où leur hymen s'apprête y Où vous n'osez aller mériter ma conquête :

Lk , de mon ennemi je saurai m'approcher ; Je percerai le cœur que je n'ai pu toucher ; Et mes sanglantes mains sur moi-même tournées , Aussi-tôt, malgré lui, joindront nos destinées ;

ACTE IV, SCENE III. Mt Et , tonl ingrat qa'U est , U me sera plus doux De mourir avec loi , que de vivre avec tous.

OR ES TE

Non , je tous priverai de ce plaisir funeste , Madame ; il ne mourra que de la main d'Oreste* Vos ennemis par moi vous vont être immolés, Et vous reconnaîtrez mes soins , si vous vonles.

HEBMIONE.

Ailes. De votre #ort laisses-moi la conduite ,

Et que tous vos vaisseaux soient prêts pour notre fuites

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