‹ ŒuvresChapitre 25 sur 160 · JOCASTE, ANTIGONE · texte numérisé non relu

JOCASTE, ANTIGONE

JOC AS TE

Hé bien ! en est-de fait ? l'un ou l'autre perfide Tient-il d'exécuter son noble parricide ? Parles , pariez , ma fille.

ANT IGONE.

Ah madame ! en effet L'oracle est accompli , le ciel est satisfait.

ÏOG ASTE.

Quoi ! mes deux fils sont morts ?

AHT IGÔIfE.

Un antre sang ^ madame, Rend la paix à l'état , et le calme a votre kme ; Un sang digne des rois dont il est découlé :

Un héros pour l'état s'est lui-même immolé.

Je courais pour fléchir Hémon et Polynice :

Us étaient déjà loin avant que je sortisse ; Us ne m'entendaient pins , et mes cris douloureux Vainement par leur nom les rappelaient tous deux. Ils ont tons deux volé vers le champ de bataille ; El moi , je suis montée au haut de la muraillo , D'oè le peuple étonné regardait , comme moi ,

L'approche à*nn combat qui le glaçait d'effroi.

A cet instant fatal le dernier de nos princes ,

L'honneur de notre sang , l'espoir de nos provinces ,

Ménécce , en un mot , digne frère d'Hémon ,

Et trop indigne aussi d'être fils de Créon ,

De l'amour du pays montrant son âme atteinte ,

Au milieu des deux camps s'est avancé sans crainte ;

Et se faisant ouïr des Grecs et des Thébains :

« Arrêtez , a-t-il dit , arrête? , inhumains ! »

Ces mots impérieux n'ont point trouvé d'obstacle.

Les soldats , étonnés de ce nouveau spectacle ,

De leur noire fureur ont suspendu le cours ;

Et ce prince aussitôt poursuivant son discours :

» Apprenez , a-t-il dit , l'arrêt des destinées ,

» Par qui vous allez voir vos misères bornées.

» Je suis le dernier sang de vos rois descendu ,

n Qui par l'ordre des dieux doit être répandu.

» Recevez donc ce sang que ma main va répandre ^

» Et recevez la paix , où vous n'osiez prétendre. »

Il se tait , et se frappe en achevant ces mots :

Et les Thébains , voyant expirer ce héros ,

Comme si leur salut devenait leur supplice y

Regardent en tremblant ce noble sacrifice.

J'ai vu le ^iste Hémon abandonner son rang

Pour venir embrasser ce frère tout en sang :

Créon , à son exemple , a jeté bas les armes ,

Et vers ce fils mourant est venu tout en bniics :

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