‹ ŒuvresChapitre 27 sur 160 · JOCASTE, ÉTÉOCLE, ANTIGONE, CRÉON · texte numérisé non relu

JOCASTE, ÉTÉOCLE, ANTIGONE, CRÉON

JOCA.STE.

"Maa fils c'est donc ainn que Ton garde sa foi ?

Bladame , ce combat o'est poist venu de moi ,

Hais de quel<jnes soldats, tant d'Argos qae des nôtres.

Qui , s'étant querellés les uns avec les autres y

Ont insensiblement tout le corps ébranle ,

Et fait nn grand combat d'un simple démêlé.

La bataille sans-^oute allait être cruelle ,

Et son événement vuidait notre querelle ,

Qnand du fils de Créon l'héroïque trépas

De tous les combattans a retenu le bras.

Ce prince , le dernier de la race royale ,

S'est appliqué des dieux la réponse fatale ;

Et lui-même à la mort il s'est précipité ,

De l'amour du pays noblement transporté.

JOCASTE

Ab ! si le seul amour qu'il eut pour sa patrie Le rendit insensible aux douceurs de la vie, Mon (Us , ce même amour ne peut-U seulement De votre ambition vaincre l'emportement }

Sg LES FRERES ENNEMIS.

Un exemple si beau tous invite k le suivre.

Il ne faudra cesser de régner ni de vivre :

Vous pouves , en cédant un peu de votre rang y

Faire plus qu'il n'a fait en versant tout son sang ;

D ne faut que cesser de haïr votre frère ; .

Vous feres beaucoup plus que sa mort n'a su faite.

Oh dieux ! aimer un frère , est-ce un plus grand effort

Que de haïr la vie et courir a la mort ?

Et doit-il être enfin plus facile en un autre

De répandre son sang , qu'en vous d.'aimer Id vôtr« ?

ÉTÉOGLE.

Son illustre vertu me charme comme vous y

Et d'un si beau trépas je suis même jaloux.

Et toutefois , madame , il faut que je vous die

Qu'un trône est plus pénible a quitter que la vie :

La gloire bien souvent nous porte a la haïr ;

Mais peu de souverains font gloire d'obéir.

Les dieux voulaient son sang ; et ce prince, sftns crime^

Ne pouvait k l'état refuser sa victime :

Mais ce même pays , qui demandait son sang,

Demande que je règne , et m'attache k mon rang.

Jusqu'à ce qu'il m'en ôte, il faut que )'y demeure :

Il n'a qu'à prononcer, j'obéirai sur l'heure ;

Et Thèbefr me verra , pour a{^aiser son sort,

Et descendre du trône , et courir k la mort.

CRÉOK.

Ah! Ménécée est mort, le ciel n'en vent point d'antre :

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