‹ ŒuvresChapitre 67 sur 160 · ACTE II, SCENE I. i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE I. i

Mais , aprèi tant d'cxploitf , ce timide vainqueur Craint qu'il ne soit encor bien loin de votre cœur. Qoe hn sert de courir de contrée en contrée , S'il Unt que de ce civur tous lui fermiez l'entrée ; 8i , pour ne point répondre à de sincères voeui , Tons cbercbes chaque jour a âÊuUr de ses feux ^ 8i votre esprit , armé de mille dc^nces... ?

CLéoFi LE.

Hélas ! de tels soupçons sont de faibles défenses ; Et nos cœurs , se formant mille soins superflus , Doutent toujours du bien qu'ils souhaitent le pins. Oui , puisque ce héros veut que j'ouvre mon &me , J'écoute avec plaisir le récit de sa flamme : Je crai|pa«s que le temps n'en eût borné le cours ; Je souhaite qu'il m'aime , et qu'il m'aime toujours. Je dis plus : quand son bras força notre frontière , Et dan* les nmrs d'Omphis m'arrêta prisonnière y Va» cflBur ) qui le voyait maître de l'univers , 8e consolait éêfk de languir dans ses fers ; Ea, loin de wui - mui ' e f contre un destin si rude , n s'en 6t , je l'avoue , une douce habitude ; Et de sa liberté perdant le souvenir , Même en la demandant , craignait de l'obtenir : Jages m son Hetonr me doit combler de joie, llass tout couvert de sang veut-il que je le voie ? EaC-ee comme ennemi qu'il se vient p#senter ? Ec ne OM cherehe-i-a que pour me tourmenter )

ii4 ALEXANDRE.

éPHESTIOV.

Non , madaine ; Taiocu àa pouYoir àe vos cliarmet , n snspend aujourd'hui la terreur cle ses armes ; n présente la paix a des rois aveuglés , Et retire la main qui les eut accablés, n craint qne la victoire , a ses vœux trop facile , Ne conduise ses coups dans le sein de Taxile : Son courage , sensible a vos justes douleurs , Ne veut point de lauriers arrosés de vos pleurs. Favorises les soins où son amour l'engage ; Exemptes sa valeur d'un si triste avantage ; Et disposes des rois qu'épargne son courroux A recevoir un bien qu'ils ne doivent qu'a vous.

GLÉOPILE.

N'en doutes point , seigneur , mon fime y inquiétée , D'une crainte si juste est sans<esse agitée ; Je tremble pour mon frëre y et crains que son trépH D'un ennemi si cher n'ensanglanté le bras.

Mais en vain je m'oppose k l'ardeur qui l'enflamme , Axiane et Poru's tyrannisent son âme ; Les cbarmes d'une reine et l'exemple d'un roi y Dès que je veux parler , s'élèvent contre moi. Que n'ai-je point k craindre en ce désordre extrême l Je crains pour lui , je crains pour Alexandre même. Je sais qu'en l'riftaquant «eut rois se sont perdus ; Je sais tous ses exploits : mais je connais Porus.

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