A MADAME DE LA W
JLi'AiiouB et U Vertu , dès long-temps ennemis ,
Finirent leur longue querelle, Et voulurent tous deux , de concert réunis , Former une beauté qui servit de modèle. ' L'Amour dit : Elle aura mon air vif et mutin , Mes yeux , mes traits , la taille de ma mère,
L'art de channer , le don de plaire , Et mon esprit moqueur , et mon souris malin, • Pour moi , dit la Vertu d'un air de modestie ,
Je lui donnerai ma douceur,'
Ma simplicité , ma candeur, Et cette paix qui fait le charme de la vie.
L'Amour riait tout bas , et disait à part soi t
Seraphine sera pour moi ;
Car je la rendrai si jolie ,'
Et lui soumettrai tant de cœurs , Qu'il Êtudra bien, Vertu, qu'elle t'oublie
Pour suivre mes douces erreurs.
La Vertu, qui vit bien que l'on se moquait d'elle^
Dit à l'Amour : Oui, je consej^ Que notre Seraphine ait tous vos dons cliannans ;
Mais j'y joins une bagatelle,
C'est qu'elle ignore qu'iel|e est belle ,
Et qu'elle soit sourde.. • aux ainans.
PIÈCES FUOrTIVES. :i33
A MADAME DE
En lui envoyant un perroquet
V ous aimez tant mon perroquet,
Il est à vous , je vous le donne j N'oul)liéz pas du moins que, s'il dit mon «ecret,^ Il faut qu'à son babil sa maitresse pardonne. Je me suis expliqué devant lui sans détour ;
Ne soyez donc point étonnée
Si tout le long de la journée
Il ose vous parler d amoun