‹ Œuvres: lettres et poésiesChapitre 118 sur 134 · XXI · texte numérisé non relu

XXI

Des portes du matin l'amante de Géphale, Ses roses épandoit dans le milieu des airs,

« M"ePaulel(T.).

^ C'est le fameux sonnet de la Belle Maiineuse^ imité d'Annibal Caro (Voyez plus haut, p. 227 )• Il y en eut beaucoup de composés à cette époque sur le même sujet. MalievlUe en flt trois à lui seul ; Toici celui qui remporta le prix, et que les connaisseurs esUment à l'égal du sonnet de Voiture:

Le silence régnoit sur la terre et sur Tonde, L^air devenoit serein, et POlympe irermeil ; Et Tamoureux zéphyr affranchi du sommeil, Ressascitoit les fleurs d^une haleine féconde.

L* Aurore déployoit Tor de sa tresse blonde.

Et semoit de rubis le chemin du soleil ; Enfin ce dieu venoit en plus plus grand appareil, QuMl soit jamais venu pour éclairer le monde.

Quand le jeune Philis, au visage riant.

Partant de son palais plus clair que Torient, Fit voir une lumière et plus vive et plus belle.

Sacré flambeau du jour, n*en soyez point jaloux.

Vous parûtes alors aussi peu devant elle.

Que les feux de la nuit ayoient fait devant vous.

Et jetoit sous les cieux nouyellement ouverts. Ces traits d'or et d'azur, qu'en naissant elle étale.

Quand la Nymphe divine, à mon repos fatale.

Apparut, et brilla de tant d'attraits divers. Qu'il sembloit qu'elle seule éclairoit l'univers. Et remplissoit de feux la rive orientale.

Le soleil se hâtant pour la gloire des cieux, Vint opposer sa flamme à l'éclat de ses yeux. Et prit tous les rayons dont l'Olympe se dore.

L'onde, la terre et l'air s'allumoient à l'entour; Mais auprès de Philis on le prit pour l'Aurore, Et l'on crut que Philis étoit Tastre du jour.

( An cardinal Mazarin, sur la comédie des machines'. )

Quelle docte Circé, quelle nouvelle Armide Fait paroitre à nos yeux ces miracles divers? Et depuis quand les corps, par le vague des airs, Savent-ils s'élever d'un mouvement rapide?

Où l'on voyoit l'azur de la campagne humide.

Naissent des fleurs sans nombre et des ombrages verts. Des globes étoiles les palais sont ouverts. Et les gouffres profonds de l'empire liquide.

' \0Yez Tallemant, Historiettes, t. Vil, p. 5, .et OEuvreu de Sainl-Évremond, t. I, p. 155. — Il y eut aussi un sonnet de Maynard sur le même sujet. Mazarin eut, comme on le sait, le mérite d'avoir introduit Topera en France. La gazette de Renaùdot ( année 1647, p. 201) parle d'une pièce intitulée la Festa teatrale délia finta pazza, qu'il fit représenter en 164à au Petit-Bourbon ; puis d'un autre opéra en vers italiens, Orphée €1 Eurydice, qui fut joué en 1647, par des acteurs qu'il avait fait venir de delà les monts. C'est là- dessus que Voiture et Maynard firent leurs sonnets.

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