‹ Œuvres: lettres et poésiesChapitre 22 sur 134 · A MONSEIGNEUR LE PRINCE · texte numérisé non relu

A MONSEIGNEUR LE PRINCE

afiection, cette perte ne vous soit très-sensible', et que, n'étant pas accoutumée à de pareils coups de la fortune, celui-ci ne vous ait extrêmement touchée. Mais j'espère que cette justesse d'esprit, qui ne vous a jamais permis de rien faire, ni de rien dire que dans la vraie mesure qu'il le falloit, vous servira en ce rencontre', et que vous réglerez votre douleur et vos larmes comme vous avez su r^ler toutes les actions de votre vie. A dire le vrai, madame, il est bien juste qu'une personne aussi céleste que vous s'accommode aux volontés du ciel, et qu'ayant tant reçu de lui, vous souffriez qu'il vous ôte quelque chose. Encore semble-t-il qu'il ait voulu prendre le temps de votre absence pour cela, et qu'il ait permis que ce malheur soit arrivé pendant que vous étiez éloignée, pour ne faire pas voir à vos yeux le deuil qu'il vouloit mettre dans votre maison. Je prie Dieu qu'il y remette bientôt la joie par votre retour, et qu'il nous rende la paix et Votre Altesse , qui sont les deux choses du monde les plus désirées, particulièrement de moi, qui suis, ma* dame, de Votre Altesse, le très-humble, etc.

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