Luca Marenzio, XV I^ siècle. Biographie
40. — Notice sur Claude Merulo, placée en tête du 4« livre des œuvres de ce grand organiste du XVI*' siècle, que M. Labat a traduites en notation moderne, et publiées à Paris, chez Bichault, en 4867. Nous en reparlerons plus loin. En attendant citons M. Labat :
ÏNTRODIICTION. XXIX
« Claude Menilo, dit-il, dont le nom de famille paraît avoir été Merioiti, naquit à Correggio en 1533. Il eut pour premier maître de musique un artiste français, nommé Menan, qui habitait Correggio. Il reçut ensuite les leçons de Gtrolamo Donatiy maître de chapelle de la collégiale de Santo- Quirino. Il acquit bientôt après une grande habileté sur l'orgue. Sa réputation grandissant de jour en jour, il fut appelé à Brescia. Quelque temps après, il alla s'établir à Venise, où se trouvaient alors plusieurs artistes célèbres. Les registres de l'église Saint-Marc portent qu'il fut nommé premier orçaniste du grand orgue de cette église, le 2 juillet 1557. Ce fut à Venise qu'il modifia son nom: au lieu de Merlotti, il se fit appeler Merulo.
« Le nouvel organiste de Saint-Marc jouit bientôt de toute la faveur publique. En 1 566, Claude Merulo fonda une imprimerie de musique qui ne se soutint que cinq années. C'est au moyen de ses presses, en 1 568, que l'œuvre IV que nous publions fut imprimée.
« En 1584, le duc de Parme, Stanuccio Famése, grand amateur de musique, engagea le savant organiste de Saint - Marc à quitter Venise pour venir à sa cour. Afin de l'y déterminer, il lui fit les ofl'res les plus avantageuses, Claude Merulo accepta. A Parme, comme à Venise, cet éminenl artiste fut hautement apprécié et comblé d'honneurs. II avait alors cinquante et un ans. II y devint organiste de l'église royale la Steccata, avec un traitement annuel de 225 écus d'or de 8 livres par écu. Il y exerça son art jusqu'à sa mort, e'esl-à-dire, jusqu'au 4 mai 1604. Il fut inhumé dans l'église c-athédrale, à côté du tombeau de Cyprien Rore, que les Italiens ont surnommé il divino.
c Zarlino, Lorenzo Penna, Camille Angleria. Jean-Paul Cima, Bottrigari, Pietro délia Valle et tous les historiens biographes de la musique accordent les plus grands éloges au double talent d'organiste et de compositeur de Claude Merulo. Vincent Galileo, dans son Dialogo délia musica antica e
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XXX INTIlODfCTIOX.
« moderna, ne reconnaît en toute Tltalie que quatre organistes « dignes successeurs du célèbre Annibal de Padoue, et il place « Claude Merulo au premier rang.
f Les œuvres de Claude Merulo, soit pour le chant, soit pour « Torgue seul, sont nombreuses. Toutefois, il est un fait digne € de remarque : c'est que, parmi les compositions de cet auteur « citées par M. Fétis dans la deuxième édition de sa Bioffra- « phie universelle des Musiciens, édition si complète, il n'en « est aucune imprimée à Venise de \ 666 à 1 571 , c'est-à-dire « du temps où Merulo y avait ses presses en activité. Or, l'exem- « plaire que nous possédons et dont nous donnons la transcrip- € tien, porte la date de \ 568. C'est donc une œuvre fort rare,
< et digne, par cela même, comme sous tant d'autres rapports, « de fixer les regards des savants. Elle est, en outre, l'expres- « sion de la première époque du génie de ce grand artiste.
« Il nous semble inutile, dit en terminant M. Labat, d'appe-
€ 1er l'attention sur la richesse du fond et de la forme de cette
€ musique d'orgue. Nous laissons aux adeptes de la science du
« contre-point et de la fugue le soin et le plaisir d'y admirer,
« avec la couleur religieuse constante, la liberté de mouvement
1 des quatre parties, la pureté harmonique et la grâce du style
< de tous ces dessins canoniques. »
41 . — Observations critiques sur Marc- Antonio y de Bologne, dit d'Urbin (1867). — Inédit. — M. Labat avait placé ces Observations en tête d'une transcription en notation moderne qu'il avait faite du premier livre des œuvres d'orgue de cet artiste (Venise, 1543), d'après un manuscrit de la bibliothèque des Augustins de Toulouse. L'œuvre traduite contient quatre hymnes, deux Magnificat, quatre ricercari et deux chansons. M. Labat n'a pas eu la consolation de retrouver, avant de mourir, le manuscrit de ce travail qu'il croyait à jamais perdu. Sa famille nous apprend que le manuscrit est enfin retrouvé et se propose de le faire graver. C'est une suite naturelle aux œuvres de Claude Merulo.