asphyxie
9°. asphyxie.
idem... .
idem. . .
+ idem. .
idem. .
idem...
idem. .
VIA Fete del je e
Poids du
cœur.
Poids du mercure contenu
dans les deux ventricules.
le vent RE ph oh Pa ù —gauché,nomram. 8,5 —— bien ram. .
le vent. droit. .
— gauche, non ram.
—— bien ram. . ..
le vent. droit. . . . .
— gauche, ram. . .
le vent droit. . . . .
gauche , bien ram.
le vent. droit.
— gauche, bien ram.
le vent. droit. . . .1.
— gauche, non ram.
— bien ram. . . .
le vent. droit. . . . .
— gauche, non ram.
le vent. droit. .
—gauche,non ram. .
—— bien ram. . .
le vent. droit. . + 76,7 — gauche, nonram. 11,8 —— bien ram. . dé
2 Rte 00 1 Dodo AR or Ce ui EE:
(*) Le ventricule droit était plus épais qu’à l'ordinaire , à cause d’une
maladie du poumon.
( 554 ) J'ai pris des mesures semblables sur cinq cœurs / “humains. Ces cœurs m’avaient été procurés sans que je connusse le sexe , ni l’âge des individus auxquels ils avaient appartenus; seulement un étaitd’adulie, un d'enfant, et twois de fœtus morts-nés avant
terme.
ES , . " “,< \ t "US 7)
Cœurs humains Poids du mercure f de contenu de différens âges. dans les deux ventricules.
gramMe
le ventricule droit. . . . ; « 1172 — le gauche, non ramolli
19. cœur d’adulte, d'la 0, Mer eo" e l avec les doigts, mais très— Dasque TU DM, à Le 1068 le vent. droit. . . . . | Hé ls te, re 5:
20, cœur d'enfant. + + + «+ + + jee non ramolh. . . 658 ms ramolli CPC ONCE 1% 277% 822 le vent. droit. . . . + . 0 34.
+- gauche, non ramolli. . « 37
30, cœur de fœtus mort-né Nr RER A div e Le lol el ot e 78
Terme IR ENS ae teteneens
do. cœur de fœtus mort-né au le Ne SP RER RUES 51148 terme d’environ sept mois. — gauche, non ramolli, mais
flasque, bre - + . SM 34.
50, cœur de fœtus mort-né à PEUT vent. drBiten ts son TE
près au même Lerme, : . - - : .1—— gauche LATE PATENT A
On voit, par ces tableaux que, dans les quatre espèces. d'animaux dont il estmention, le ventricule droit a constamment plus de capacité que le gauche, quel que soit le genre de mort de l'animal. Le premier exemple sur les lapins fait seul exception, soit que, dans ce cas , le ventricule gauche fût sn Le plus grand que le droit, soit, ce qui
est plus vraisemblable , qu'il eût été trop fortement ramolli. Les mêmes tableaux indiquent que , dans l’homme adulte, c’est pareillement le ventricule droit qui a le plus de capacité; mais que le contraire a Lieu dans le fœtus, Cette différence en sens contraire dans le fœtus , peut tenir au mode paruiculier de circulation , qui existe à cet âge. Quant à
l'adulte > 1] paraît difficile de croire que la différence de grandeur du ventricule droit ne soit qu’accidentelle, comme quelques auteurs l’ont prétendu, ou qu’elle soit Le simple résultat de l’accumulation du sang dans les derniers instans de la vie, comme l’a voulu M. Sabatier. Car lorsque le ventricule gauche a été fortement ramolli entre les doigts, 1l n’y a pas de doute que sa capacité ne soit pour le moins aussi grande que pendant la vie, et cependant elle se trouve être encore plus peute que celle du veniricule droit. Il paraît done, non-seulement que cette différence existe pendant la vie, mais qu’ellea Leu à différens degrés dans des animaux de même es. pèce et de même âge. Et comme ceux chez lesquels elle était plus grande, jouissaient d’une santé aussi parfarte que ceux chez lesquels elle était beaucoup plus peute, 1l en faut conclure que cette différence n'apporte aucun obstacle à la régularité de la circulation , et par ren et que le ventricule qui a le sn de capacité n’envoie pas à J” autre tout le sang qu’il contient. Il reste à savoir comment il se peut faire que deux ventricules d’inégale grandeur
(336) se yident au même degré pendant leur systole, et que cependant le plus grand n’envoie au plus peut que la quantité de sang que celui-ci peut contenir. Il me semble que cela s’explique facilement par le reflux du sang du ventricule dans l'oreillette. C’est un fait incontestable que j'ai déjà rapporté plus haut, et qui est admis par tous les physiologistes , que pendant la systole de chaque ventricule , toute la quantité de sang renfermée dans l’espèce de cône tronqué ou d’entonnoir que formait la valvule auriculaire pendant la diastole , est repoussée dans l'oreillette. Or, ilest évident que cette quantité doit être plus grande dans le ventricule droit que dans le gauche, puisque l’orificeauriculaire de ce ventiricnle est beaucoup plus large que celui du gauche. En considérant la disposition de la valvule triglochine, et la manière inexacte dont elle ferme son orifice, il me semble que le reflux ne se borne pas à la quantité que je viens d'indiquer , mais qu'une srande parue du sang qui est au fond du ventricule , et vers sa paroi concave, est pareillement refoulée dans l’oreillette ; et que c’est spécialement le sang contenu dans ce que Lieutaud appelait la cavité artérielle , c’est-à-dire dans la portion de la cavité du ventricule , située derrière le grand Iambeau de la valvule triglochine ) qui est poussée dans V’artère pulmonaire. La valvule mitrale ferme beaucoup mieux l’orifice auriculaire du ventricule
gauche. Du reste, on conçoit trés-bien que les
-quanutés de ce reflux peuvent différer beaucoup dans les individus de la même espèce, et que les capacités des ventricules doivent varier dans le même rapport. En défalquant de la capacité de chaque ventricule la quantité du reflux, les restes seraient vraisemblablement égaux. Ces restes expriment les quantités de sang qui vont directement d’un ventricule à l’autre. Observons que s'ils n’étaient pas égaux, ils ne tarderaient pas à le devenir, et que pour cela le plus petit des ventricules s’agrandirait, et le plus srand se rétrécira it en revenant sur Îui-mêmé, d’après cette loi constante dans l’économie animale € qu'une cavité se moule toujours sur le volume da corps solide ou liquide qu’elle doit contenir , à moins que quelque cause, quelque CL1rconsiance paruculière ne S'y oppose. Dans ce dernier cas Hs inégalité de nt constitue un état AT par Les exemples n’en sont pas rares; j'en ai vu un récemment à Bicétre. Un homme âgé de soixante-quatre ans, éprouvait une grande anxiété, sa respiration était difficile, les battemens de son cœur étaient assez réguliers, mais On les sentait dans une grande étendue. Après sa mort, la principale lésion que presentérent les organes intérieurs , était une dilatation contre ‘nature du ventricule gauche du cœur. La capacité de ce ventricule était évidemment beaucoup plus gi rande que celle du ventricule droit. Son épaisseur
était en même temps augmentée , mais pas autant Îre Partie. &
| ( 338 ) | à proportion que sa capacité. Les poumons étaient gorgés de sang ; et Comme carnifiés en quelques endroits -
La dilatation du ventricule gauche est beaucoup hs ficheuse que celle du ventricule droit ; et si jen juge par les cas qui me sont connus , toutes les fois que la capacité du ventricule gauche l’emporte sur celle du droit, il y a maladie: la raison s’en concoit aisément. Lorsque ce genre d’inésalité existe, le ventricule gauche devant , à | chaque systole, faire refluer une assez grande quantité de sang qu'il content, non-seulement dans l'oreillette, mais jusque dans les veines pulmonaires , il en résulte un dérangement dans la peute circulation, des engorgemens dans les poumons, et dans la respiration un trouble d’autant plus grand, que Au du ventricule étant presque toujours augmentée dans ce cas, le reflux se fait avec une grande violence (1). Au contraire, le ventricule droit peut avoir un assez grand excès de capacité sur le gauche, sans qu'il en résulte aucun désordre bien notable, parce que lé sang, en refluant de ce ventricule jusque dans les veinescaves, n’occasionné qu'une altération médiocre dans l’une et l’autre circulation, lors même que ce reflux va jusqu’à produire des battemens dans
(1) C’est dans les cas de ce genre que lés maladies du cœur produisent l’apéplexie. J’en ai présenté deux exem-
ples à la Société de l’École de médecine.
les jugulaires, comme on l’observe quelquefois.
Senac expliquait la régularité de la circulation avec des ventricules inécaux, en disant que le ventricule droit ; ui est ordinairement le plus grand, étant plus fable que le gauche, il se vidait moins complètement, et qu’il ne se vidait que de la quantité que pouvait contenir le ventricule gauche ; ; mais cette explication repose sur une erreur. Car. c'en est une de croire que le ventricule droit a moins de force pour se vider dans Partère pulmo- | monaire que n’en a le gauche pour se vider dans l'aorte. Il est bien certain que la force absolue de de ce dernter est beaucoup Dee grande que celle du veniricule droit, mais c’est qu’aussi le ventricule gauche à une plus grande masse de Sang à mouvoir que le droit, et des résistances plus considérables à surmonter; dans l’un comme dans l’autre de ces ventricules, les forces sont proportionnelles aux obstacles qu’ils doivent vaincre. C’est ce que prouvent entre autres les différences quisurviennent dans l’é épaisseur du ventriculedroit, suivant que la petite circulation , devenue plus ou moins difficile, exige plus où moins de forces; nous en avons vu un exemple dans le second cas du tableau sur les lapins, et nous en verrons bientôt un autre dans le cœur du fœtus,
Quant aux oreillettes, leurs capacités, moindres que celles des ventricules , semblent metire hors de doute qu’elles ne suffisent } pas pour remplir ces
dernières cavités, et que les veines dont elles sont le réceptacle doivent y concourir; c’est d’ailleurs ce que portent » croire la durée de la diastole des ventricules, et la rapidité de la cireulauon. En effet, la systole est un mouvement brusque et subit qui ne dure qu'un instant, et elle est trèscourte en comparaison de la diastole. S1 l’on examine le temps qui s'écoule entre le commencement d’une systole et celui de la suivante, on trouve que , pendant la très-grande majorité de ce temps, les ventricules sont dans le relâchement, et par conséquent en état de recevoir le sang qui reviént au cœur avec une rapidité non interrompue. C’est sur-tout quand la circulation est languissante dans les animaux dont la poitrme est ouverte, et lorsque l'intervalle d’une systole à l’autre est de plusieurs secondes, qu’on distingue trèsbien cette différence entre la durée de la systole et celle de la diastole. On observe en même temps que la systole des oreilleites, aussi prompte que celle des ventricules, a lieu immédiatement avant celle-c1, en sorte qu’elle paraît n’avoir pour usage que d'achever de remplir les ventricules, et de déterminer leur systole.
Du cœur et de La circulation dans le fœtus. "Jusqu'ici je n'ai considéré le cœur et la circulation que dans l’homme adulte. Il me reste à faire connaître ce que lun et l’autre offrent de paruculier
: dans le fœtus.
L'absence de la respiration avant la naissance et la foncuon supplémentaire qui s'exerce dans le placenta au dehors de l'individu, ont nécessité des modifications dans les principaux organes de la circulation. Ces modifications consistent dans l’existence des capaux veineux et artériel ‘dans celle du trou botal.et dans l'égalité d’épaisseur des deux ventrieules. Le trou botal est la fosse ovale largement ouverie; ou plutôt cette fosse n’est que le trou botal dont la valvule s’est collée autour du rebord demi-eirculairé qui la termine. La valvule de ce trou est une duplicature de la membrane interne des oreillettes avec quelques fibres charnues intermédiaires; elle est située derrière le trou, . dans l’orcillette gauche, et fixée par la base et par les côtés. Son bord supérieur et libre est assez làchement tendu pour retomber en forme de croissant renversé en sens contraire du bord du trou. Il descend plus où moins au-dessous de ce bord, et forme avec lui, du moins dans l’état de relichement, une ouverture ovale. Il descend d’autant plus que l’individu est plus voisin de l’époque de la conception; au contraire, après la naissance, il remonte peu à peu de plusieurs millimètres audessus du même rebord, à mesure que ses attaches latérales remontent elles-mêmes.
L'usage du trou botal n’est pas équivoque; il établit une communication libre entre les deux
oreillettes, mais de manière que c’est de la droite
dans la gauche que se fait la communication. La valvule empêche le sang de repasser de celle-ci dans la droite , en supposant toutefois que son bord libre se relève pendant la contraction de ces cavités. Les poumons élant compactes dans le fœtus, et la pete circulauon presque nulle, les cavités gauces du cœur ne recevraient presqué point de sang, si celui des cavités droites n’avait pas la faculté d’y passer par le trou botal. Le sang de ces dernières 5e partage donc au moyen de ce trou entre les quatre cavités du cœur ; mais celui qui reste dans les cavités droites, ne pouvant pas parcourir la petite circulation à causé de l’état des poumons, avait besoin de rentrer dans la grande, et c’est ce qui a lieu par le canal aniériel, lequel fait com. muniquer l’artérepulmonaire avec l’aorte au bas de la concavité de la crosse de celle-ci. Ainsi le canal artériel met les deux grosses artères, et par conséquent les deux veniricules en communication, de même que le trou botal fait communiquer les deux oreillettes. Lorsqu'on saisit bien comment ces communications sont établies, on conçoit aisément le mode de circulation propre au fœtus. Ge mode consiste en ce que les quatre cavités du cœur se comportent comme sil n’y en avait que deux; les deux cœurs comme s'il n’y en avait qu’un, dont toutes les forces sont employées à entretenir la grande circulation , la seule , ou à peu près, qui
existe alors, comme cela a lieu dans les reptiles.
Mais dans l’opinion assez généralement reçue depuis M. Sabatier sur ce mode de cireulauon, les chosesnese passent pas tout-à-faitaussi simplement, Suivant cette opinion, ce n’est pas indistinctement le sang des deux veines-caves qui passe par le trou botal dans l'oreillette gauche, c’est uniquement celui de la veine-cave inférieure , lequel y est dirigé par la valvule d'Eustache. Le sang de la supérieure se rend directement dans le ventricule droit, d’où il est poussé dans l’artère pulmonaire, dans le canal artériel, et enfin dans toutes les distributions de l'aorte, inférieures à l’insertion de ce canal. Celui de la cave-veine inférieure, au contraire, est chassé dans toutes les ramifications supérieures. De cette manière , le sang qui revient des parues inférieures passe par le cœur pour aller aux supérieures, et y revient pour retourner aux inférieures, et ainsi continuellement en décrivant un 8 de chiffre, dont le croisement est dans l’oreillette droite. Quoique cette opinion soit assez généralement admise, je dois ayouer qu’elle me paraît peu vraisemblable. Une des principales raisons sur lesquelles on la fonde , c’est qu'on considére la valvule d’Eustache comme une sorte de digue destinée à empêcher le sang de la veine-cave inférieure de se répandre dans l'oreillette et à le diriger dans le trou botal. Mais ce n’est pas un simple repli d’une médiocre élévation, et tendu seulement d’un côté de la veine-cave et du trou botal qui suffirait pour remplir cette’
foncuons ou du moins faudrait-il pour qu'il püt fa remplir, qu’au lieu d’être placé au bord antérieur de la veine cave inférieure et du trou botal ,1l le fût au bord postérieur de ces mêmes parues; qu’en même temps 1l füt assez élevé pour couvrir la plus grandé partie du diamètre de la veine-cave inférieure , et qu'il fût incliné vers cette veine de maniére à présenter une sorte de voûte, sur liquelle olisserait le sang de la veine-cave supérieure. Le pilier postérieur du trou botal qu’on considere comme propre à remplir ce der nier usage, est ÉVIdeniment insuffisant pour cela. Et je ne puis voir dans l’oreillette droite aucune disposition capable d'empêcher que les fluides de deux vaisseaux aussi gros que le sont les deux veines-caves, et dont le cours est presque directement opposé Pun à Pautre, ne se heurtent et ne se confondent à leur confluent dans cette oreillette. Je dirai même que la valvule d’Eustache, tellequ elle est placée entre ceconfluent et le ventricule, me paraît plus propre à favoriser le mélange qu’à le prévenir. Mais s’il est déjà si difficile de comprendre comment le sang des deux veines-caves pourrait se croiser sans se mêler, lors même que le cours en serait parfaitement paisible , il l’est bien plus encore quand on songe aux contractions brusques des oreillettes et des ventricules, aux reflux et aux agitations plus où moins considérables qui en sont les suites.
D'ailleurs . si la valvule d’Eustache était propre ; PERRET
au fœtus, elle disparaïîtrait après la naissance ; comme le canal veineux , comme le trou botal, comme le. canal artériél > tandis qu’elle existe à tous les âges. Haller l’a trouvée toutes Les fois qu’il la cherchée Seulement son bord libre devient quelquefôis réuculure, ce que Haller considère comme accidentel. Enfin cetie valvule manque dans certunes espèces. M. Cuvier ne l’a pas trouvée dans le lion. Je l’a cherchée dans les chiens et dans les chats, et n’ai rien vu, même à l’époque de la naissance , qui parût y ressembler. Il n’y en a qu’un vesuge dans le cochon d'Inde. Cependant, il est bien présumable que la circulauon s'exécute dans les fœtus de ces animaux comme dans celui de l’homme, |
. Une autre difficulté que présente encore lopinion que j'examine ici, C’est que toutes les parües du fwtus , inférieures à l’inseruon du canal artériel, ne recevraient Jamais que du sang veineux. En effet, 1] paraît que le placenta tieni lieu de poumon dans le fœtus, et que le sang qui revient de cet organe, en se mêlant au sang veineux du fœtus, lui communique les qualités artérielles nécessaires à l’entretien de ce genre d'existence. Mais si le sang de Ja veine caveimiérieure, qui seul est chargé de celui qui a reeu l’influence du placenta, passe toutentier dans les caviiés gauches du cœur, et que ces cavités ne le distribuent qu’aux.parties supérieures à l’in-
sertion du canal artériel, 11 n’y aura donc que ces
( 346 ) parties qui recevront du sang artériel, et les inférieures ne recevront que le sang veineux qui revient des supérieures. Or, la différence considérable qui existe entre le sang artériel et le sang veineux, par rapport à leurs effets sur l’économie animale, devrait en produire une très-prononcée dans l’état, le développement et même la couleur des parues inférieures et supérieures comparées entre elles, siune répartition aussi inégale avait réellement lieu. On objecte que si le sang qui revient du placenta, se mélait à celui des deux veines-caves, une parte de ce sang retournerait au placenta, sans avoir rempli aucun usage. Mais c’est précisément ce qui à lieu dans les repules dont la circulation a été comparée avec tant de raison à celle des fœtus des mammifères. Chez les repules, le sang qui se rend au poumon jouit des qualités artérielles, de même que celui du reste du corps ; mais 11 va y en prendre de plus énergiques encore, afin que son mélange , en petite quantité, à une certaine masse de sang veineux, suffise pour convertür celle-ci en sang ariériel. On sait aussi que dans ces derniers animaux toutes les parties du sang qui arrivent au cœur s’y mêlent intimement ensemble ; et que les anatomistes ont remarqué, dans le cœur de certaines espèces, une organisation évidemment destinée à opérer ce mélange. (Lecons d’Anatomie comp. de M. Cuvier, tom. 1v, p. 219). L’analogie conduirait à admettre qu’il s’en fait un semblable
( 547 ) # dans les fœtus des mammifères, lors méme que la structure de leur cœur et les circonstances de ses mouvemens n'en fourniraient pas la preuve.
Une autre parucularité dans le cœur du fœtus, est l° égalité d'épaisseur des deux ventricules. C’est un fait trés-remarquable, et qui dépend de cette loi si générale et si connue dans l’économie animale, qu’un muscle à d’autant plus de force et de volume qu’il est plus exercé, et qu'il s’affaiblit et diminue à mesure qu’il l’est moins. Dans le fœtus j d’une part, les poumons étant aussi denses et aussi compactes que les autres parties molles, le sang doit y être poussé avec la même force pour que la circulation s’y fasse ; et de l’autre, les deux veniricules étant en communication par le canal artériel, ils doivent éprouver la même résistance, et exercer les mêmes efforts pour la surmonter; ce qui suppose qu’ils ont la même épaisseur, et ils l'ont en effet dans tous les animaux. Mais apres la naissance, et lorsque les ventricules ne communi, quent plus, le droit n’ayant plus À pousser le sang que dans les poumons qui sont alors bien aérés , et dans lesquels il éprouve beaucoup moins de résistance qu'avant la maissance, il n’a plus besoin de faire autant d’efforis, et 11 perd en conséquence de son épaisseur, comme le ferait tout autre muscle en pareil cas, ou plutôt, pour m’exprimer avec plus de justesse, ses parois cessent de croître et de se nourrir dans le même rapport que celles du ven-
tricule gauche. Dans le lapin, et de même dans le chat, dans le chien et dans le cochon d’Inde , la différence d'épaisseur est déjà très- prononcée cinq jours après la naissance. Veut-on la preuve que c’est réellement parce qu’il est moins exercé, que le ventricule droit prend moins d’accroissement ? l'affection appelée improprement maladie bleue en fournit une. Cette affection consiste essenuellement dans une communication contre nature ;, et qui subsiste après la naissance, entre les cavités droites et les cavités gauches du cœur. Cette communication peut avoir lieu de différentes manières; mais le plus ordinairement c’est par un trou plus où moins grand, pratiqué dans la cloison des ventricules, près l’origine des artères aorte el pulmonaire. Il ést évident qu’au moyen de ce trou, les deux ventricules doivent être en équilibre, de force : et de résistance ; aussi l’observation apprend-elle qu'à quelque âge que les individus attaqués de cette maladie succombent, et ils vivent quelquefois jusqu’à l’âge de puberté, le ventricule droit demeure aussi épais que le gauche. |
Causes des mouvemens du cœur. Les mouvemens du cœur sont un des phénomènes les plus adnurables de l’économie animale. Quel est le ressort qui anime cet organe? Quel est le principe paruculier qui préside à cette régularité surprenante , avec laquelle ses mouvemens se succedent sans inter
rupuon, depuis le moment de la concepuon Jus-
( 349 ) qu'à celui de la mort? Trouve-t-1l ce principe en
lui-même, ou bien l’emprunte-t-il d’ailleurs? ; P
C’est la sans doute une des questions les plus cu-
rieuses de la physiologie; et 1l ne faut pas s’étonner qu'on ait imaginé tant de systèmes pour là résoudre. Avant Haller, tous ces sysièmes avaient cela de commun, qu'ils plaçaient le principe des mouvemens du cœur dans la puissance nerveuse, et le foyer unique de cette puissance dans le cerveau. Ils ne différaient entre eux que par la nature parüculère qu’ils attribuaient à cette puissance, et par le mode d’action sur le cœur qu’ils en déduisaient, Tout phénomene fournissant la preuve que les mouvemens du cœur et la cireulation pouvalent continuer sans la participation du cerveau,
et lorsque cet organe avait été enlevé, où même
. lorsqu'il n'avait jamais existé, renversait donc tous
- mais même lorsque cet organe vient d’être arraché
ces systèmes à la fois : or, 1l existe un grand nombre de faits de ce genre. Les fœtus acéphales, lesquels vivent et se développent dans le sein de leur mère, malgré l’absence totale du cerveau, sont un des plus connus et un des plus communs dans les différentes espèces d'animaux ; aussi tous ces sysième furent-1ls facilement éclipsés par celui de Haïler. Cet illustre physiologiste considérant que
les mouvemens du cœur continuent, non-seule-
menti dans les ammaux dépourvus de cerveau,
de la poitrine, et qu'il ne paraît plus recevoir au-
cune influence de la puissance nerveuse , fut conduit à une opinion diamétralement opposée. Il admit que le cœur n’est pas soumis à la puissance nerveuse, et qu'il recèle en lui - même et dans la nature de ses propres fibres, le principe de ses mouvemens. Sa doctrine à cet égard n’était
qu’une des applications de la théorie si connue de lirritabilité , laquelle s’étendait à tous les mouvemens , soit volontaires ; soit involontaires. Voici sommairement en quoi elle consistait. Les fibres musculaires du cœur possèdent essenuellement la faculté de se contracter quand elles sont irritées, c’est-à-dire quand elles sont mises en contact avec un stimulus, et elles tombent dans le reliächement aussitôt que le stimulus cesse d'agir sur elles. Leur süimulus naturel est le sang. Lors donc que les deux oreillettes sont pleines de sang, l’irritation qu’elles en éprouvent les fait se contracter, et elles chassent le stimulus dans les ventricules , lesquels, irrités à leur tour, le chas- ‘sent dans les artères. Pendant que les ventricules se contractent, les oreilleties, débarrassées du stimulus , se trouvant en diastole, peuvent recevoir de nouveau sang qu’y versent les troncs veineux ; mais à peine sont-elles remplies, et prêtes à se contracter de rechef par l’action de ce sang, que les ventricules, ayant achevé l'expulsion de celui qui les irritait, se relâchent et deviennent en état de
recevoir le sang qu’y vont pousser les orerllettes. P
Le stimulus passant ainsi sans cesse d’une cavité
dans l’autre, et celle qui vient de s’en débarrasser, devenant par cela même en état d’en recevoir, et en recevant en effet une nouvelle quantité, on conçoit que les contractions des or eillettes et celles des ventricules doivent se succéder réculièrement et sans interruption; on conçoit pareillement que tous les mouvemens sont indépendans du cerveau, et en général de la puissance nerveuse, et que, par conséquent , 1ls le sont de la volonté.
Cette théorie, si séduisante par sa simplicité, était à l'abri des principales difficultés qu’on rencontrat dans les opinions qui l’avaient précédée ; mais elle en faisait naître d’auiresnon moins grandes. Car, d’une part, comment se faisait-1l que le cœur ne fût pas soumis à la puissance nerveuse, et que cependant il reçut un grand nombre de nerfs ? Quel était donc l’usage de ces nerfs ? Pour éluder cette difficulté , fallait-1l admettre, avec MM. Sœmmering et Behrends , que les nerfs du cœur ne se ren- dent point aux fibres de cet organe , et qu'ils se distribuent exclusivement aux tuniques des artères coronaires ? Mais, quelqu’aitention que méritent les opinions de ces savans, il était difficile de voir dans celle-ci autre chose qu’une subuülité. D’ailleurs, M. Scarpa, dans de profondes recherches, entreprises d’après le paradoxe de M. Sœmmering, n'avait pas pu découvrir que la distribution des
CE) nerfs se fit différemment dans le cœur que dans les autres muscles. -
En second lien, Haller ne pouvait pas expliquer l'influence que les passions exercent sur les mouvemens du cœur. Et cependant rien n’est plus certain ni.mieux connu que cette influence. Qui ne sait pas que cette affecuon de l’âme fait palpiter le cœur ; que telle autre donne à ses mouvemens une énergie capable de produire des hémorragies, et quelquefois même l’apoplexie ; que telle autre enfin les ralentit et les affaiblit au point de produire la syncope! C’est cette influence si manifeste qui, dans le langage vulgaire, fait rapporter au cœur toutes les affections morales, comme on rapporte au cerveau toutes les opérations de l'intelligence, et qui est la source de toutes les expressions mé taphoriques dans lesquelles le cœur est synonyme d’affecuon. Quand on dit d’un homme que son cœur est ému, on ne songe pas ordinairement aux mouvemens de cet organe ; on veut dire simplement
que cet homme est vivement affecté. Mais c’est parce qu’une observauon constante à appris que les mouvemens du cœur participent à cette affection, qu’on a fini, dans le langage ordinaire, par prendre ses mouvemens pour désigner l'affection elle-même. Maintenant, comment concevoir qu’une correspondance si intime entre les passions et les
mouvemens du cœur, qu’une réacuon si vive des
unes sur Îles autres, puissent se faire sans l’intervenuon des nerfs ? La vue d’un objet fait sur moi une vive impression, et mon cœur se trouble. Par quelle voie la vue de cet objet pourrait- -elle produire cet effet sur mon cœur, si ce n’est par les nerfs ? Serait-ce par les vaisseaux sanguins, par
l'artère -ophthalmique ? Dans ce cas, les i images ag féables ou Hoenls » peintes sur la rétine d’un
individu qu’une goutte sereine rendrait aveugle À
devraient affecter son cœur des mêmes mouvemens,
que s’il ; jouissait de la vue. Il est évident que toutes les passions, que toutes les affections ont leur siége dans la puissance nerveuse, dont elles n’expriment . quedés modifications, que diverses manières d’être,
et qu'ainsi tout organe, dont la fonction se modifie
suivant l’état des passions , ESL nécessairement sou-
mis à l’acuon de cette puissance. Comment se peut-
il qu’une vérité aussi palpable ait été méconnue
dans ces derniers temps ? On sait que Bichai a pré-
tendu que les passions sont étrangères à la vie ani-
male, et par conséquent à la puissance nerveuse,
et qu’elles ont exclusivement leur siége dans les
viscères de la vie organique, dans le cœur, l’es-
iomac. 51 celte opinion était fondée, elle leverait la difficulté dont 1l s’agit ici. Mais la seule preuve
qu'il en donne est précisément celle que je ciiais
tout à l'heure en faveur de l’opinion contraire; c’est la grande influence des passions sur ces viscères.
Or, cette mfluence déposera toujours DEN l’inter- Te Partie, 23
(354) venuon de la puissance nerveuse aussi longtemps qu'on ne pourra pas montrer comment ub coupd'œil, comment un seul mot, un simple souvenir, peuvent jeter le désordre dans les mouvemens du cœur, sans la participation de cette puissance. Les passions supposent essenuellement un être vivant et sentant, qui.en est lé sujet; et les viscères de la poitrine et du bas-venire ne consutuentpas la vie, ils ne soni nécessaires qu’à son entretien. On peut concevoir, etil peut existerunêtre vivant et affecté de diversesipassions, quoique privé de-ces visceres; tandis que ces mêmes viscères ne sont plus que des poruons de cadavre, des qu’ils sont séparés du véritable siége de la vie.
L'opinion de Bichat, sur le siége des passions, a la même origine que celle de M. Sœmmermg sur les nerfs du cœur. L’une et l’autre se rapportent à certains faits, à certaines «expériences qui semblaientindiquer que la puissance nerveuse n’a aucune action sur le cœur ; car c’est ainsi que, pour expliquer des faits dont on est embarrassé , 11 n’arrive que trop souvent qu’on en suppose d’autres qui sont anadmissibles. Ges expériences étaient les mêmes qui avaient conduit Haller à n’attribuer les mouvemens du cœur qu’à lirritabilié. Je les ai déja indiquées ‘en ‘partie. Examimons-les brièvement. On peut des réduire à trois chefs : 1°. L’irritation des nerfs cardiaques , exercéesoitmécanique-
ment, soitpar l'électricité , ne paraît avoir aucun
effet sur le cœur, tout au contraire de ce qui a lieu dans les muscles qui sont manifestement soumis à la puissance nerveuse ; dans ceux-ci, l’irritauon du nerf peut toujours faire contracter le muscle auquel il se. rend, même quelque temps apres la mort. 2°. S1 l’on 1 intercepte d’une manière quelconque toute communication nerveuse entre le cerveau et le cœur > On n'arrête pas pour cela Les mouvemens de ce dernier organe. 3°. On ne les arrête pas même en l’arrachant de la poitrine, : Le prémier fait ne signifie pas.que la puissance nerveuse n’a point d'action sur le cœur, mais seulement que , si elle.en à ,,c’est d’une manière toute différente de ce qui a lieu dans les muscles soumis à la volonté; et &’est ce qu’on peut admettre sans peine, puisque, comme je l’a déjà, observé plus haut, les nerfs cardia iques Ont une origine el une texture qui les disunoue entièrement de ceux des muscles volontaires. Le deuxième fait ne veut dire autre chose , sinon que les mouvemens du cœur ne dépendent pas du cerveau. Quant au troisième , 1l paraît être beaucoup plus décisif en favenr de l’irriabilité ; ou du moins, si les mouvemensdediastole. et desystole, qui continuent dans un cœur entièrementdétachéducorps, dépendaientencoredes nerfs, “ce ne pourrait être que de ceux qui tiennent à ce cœur, et qui font parue de sa substance ; et dèslors, il faudrait admettre que la puissance nerveuse
est disséminée dans toute l'étendue du système a
nerveux, et non concentrée dans un foyer paruculier, comme on l'avait cru généralement. Mais, avant de rien décider à cet égard, 1l faut examiner si les mouvemens du cœur isolé de cette mamiëre, sont du même ordre que ceux qui ont lieu pendant la vie, ou après la simple décapitation. Le malleur moyen de s’en assurer est de rechercher si les uns et les autres sont également capables d'entretenir la circulation. Il n’y a pas de doute que la circulation ne continue où ne puisse conünuer dans les animaux simplement privés du cerveau. Elle continue dans les acéphales , puisqu'ils vivent et se développent; et j'ai fait voir qu’on pouvait l’entretenir dans les animaux que l’on a décapités avec les précautions nécessaires pour prévenir l’hémorragie. Ces animaux ne périssant que d’asphyxie , 1l suffit , pour prolonger leur existence, de suppléer par l’insufflation pulmonaire à la respiration naturelle qu'ils ne peuvent plus exercer.
IL ne serait pas possible de constater, d’une manière directe, si les mouvemens qui subsistent dans un cœur détaché de la poitrine, sont capables d’entretenir la circulauon ; mais on peut y parvenir indirectement par deux moyens ; dont l’un consiste à couper tous les nerfs qui se rendent au cœur , et l’autre à détruire tous les foyers de la PSE nerveuse; savoir , le cerveau et la moëlle épinière. Le premier de ces moyens serait d’une : exécution très-difficile , et même on ne serait Ja-
( 597 ) mais très-certain d’avoir coupé tous les nerfs. Le second est beaucoup plus facile et plus sûr. | Voyons donc ce que devient la circulation lorsqu'on blesse ou qu’on détruit le cerveau et la moëlle épinière dans des animaux de différens âges.
Expériences sur les lapins dans le premier jour de
leur naissance.
Première expérience, Moëlle é pinière coupée avec une aiguille entre los occipital et la première vertebre, Aussitôt tous les mouyemens inspiratoires sont anéantis et remplacés par des bällemens. L'animal s’ agite pendantun peu plus d’une minute. La sensibilité s’éteint vers la seizième minute. A vingt minutes, les bâillemens continuant encore, et les carotides étant noires et rondes, mais moins grosses que dans les premiers temps de l'expérience, insufflation pulmonaire commencée. En moins de cinq secondes, les carotides grossissent et deviennent bien vermeilles ; peu après les bâillemens s’accélèrent, et se renforcent. La sensibilité renaît vers Vingt-une minutes. Les carotides deviennent promptement noires eninte rrompant l’insufflation , et vermeilles en la reprenant; à vingt-cinq minutes, amputauon d’un des pieds ; hémorragie vermeille pendani l’insufflation , noire hors de l’insufflation, A trente minutes les mêmes phénomènes continuent; les deux carotides liées, chacune avec les jugulaires
externe et interne de son côté.
Deuxième expérience sur le même lapin. À trentedeux minutes, décapitation sur Ja prenuére vertebre cervicale. Ea tête séparée du corps, continue dé bâiller pendant plusieurs minutes. Insufflation pulmonaire reprise à trente-trois miuutes. La sensibilité se conserve dans le tronc. À quarante minutes, amputauon de l’autre pied, hémorragie vermeille ou noire, suivant que l’insufflation est continuée ou suspendue. | | À
Troisième expérience sur le même lapin. À cin= quante mimutes , même état de la sensibitrté et de Phémorragie, les batiemens du cœur sont toujours disüncis à travers les parois de la poitrine : toute la moëlle épimère détruite jusqu’à la queue, en introduisant un stylet de fer dans toute la lonéueur du canal vertébral. À l’instant , tout le corps est flasque et entièrement privé de sentiment et de mouvement. Les battemens du cœur ne sont plus disunets, et ne le redeviennent pas par la suite. Insufflation reprise à cinquante-une minutes, nul effet. Une cuisse, coupée à cinquante-cinq miuutes , ne saigne point du tout. L'autre cuisse, coupée à soixante minutes, fournit deux ou trois gouttes de dé sang noir, qui paraissent venir de la véine fémorale. La plaie épongée ne saigne plus. Insufflaüon abandonnée à soixante-dix minutes. Les résultats de ces trois expériences sont évidemment que la circulation continue après la section de la moëlle
épinière à l’occiput et après la décapitation , mais
( 359 ) qu'elle est arrêtée subitement par la destruction:de toute la moëlle épinière.
Quatrième expérience sur un autre lapin. Destruction immédiate de toute la moëlle épuuère , en introduisant un stylet entre l’os occipital et la première vertèbre dans toute la longueur du canal vertébral. Tout le tronc est aussitôt flasque et mort. Bällemens, seuls signes de vie dans la tête. Les battemens du cœur ne sont plus disünets. À quatre minutes , les carotides étant à peu prés vides, et ne contenant que très-peu de sang noir, insufflation pulmonaire commencée. Vers cinq minutes, 1] re: vient un petit filei de sang vermeil dans les caroudes, lequel est insuffisant pour les remplir, ne change point de couleur en interrompant l’insuffla- Uuow , et disparaît à la fin de la septième minute. Les baitemens du cœur ne redeviennent pas disünets, et les bâillemens cessent à douze: minutes. Les deux cuisses coupées, l’une à six , Pautre à neuf minutes , ne saignent point. L’insufflation est conünuée avee grand soin, mais sans succès > jJUSqu'à dix-huit minutes. Dans cette expérience , la circulation à été arréiée par le seul fai de la des. truction de toute la moëlle épinière, sans décapitauon ni aucune autre lésion préliminaire.
Cinquième expérience sur un autre lapin. Desiruciron immédiate de la moëlle épinière eervicale seulement. Bâillemens ; le col est flasque ei mou :
les pattes amiérieures ne sont plus sensibles; tout
| LT'ACEHON)
le reste du corps l’est. Les batitemens du cœur ne sont que trés - faiblement disünets. Insufflation commencée à tiois nunutes ; les battemens du cœurs’accélèrent, et deviennent plus disunets. Les carotiles, qui ne contenaient qu’un peut filet de sang noir, s'emplissent davantage , et prennent une couleur vermeille. Mais bientôt apres, les battemens du cœur cessent d’être disunets, et les caroudes se vident de plus en plus. A six minutes , elles ne contiennent plus qu’un très-mince ruban de sang vermeil, lequel conserve cette couleur pendant Pinterruption de l’insufflation. Une cuisse coupée à six minutes saigne un peu. Le sang est noir. Geite hémorragie continue pendant quelques minutes, et reste noire. La sensibilité cesse à onze nunutes , et les bäillemens à douze. L'autre cuisse cotipée à quatre minutes ne saigne point. Insufflation abandonnée à seize minutes. Dans cette expérience , la destruction de la seule moëlle cervicale a arrêté la cireulauon ; mais le cœur a d’abord conservé assez de forces pour pousser le sang dans les artères principales, quoiqu'il n’en eût pas assez pour le faire passer des artères dans les veines.
Sixième expérience sur un autre lapin. Destrüction immédiate de toute la moëlle dorsale : la tête, le col et le train de derrière demeurent vivans ; le milieu du corps est mort. Les mouvemens d’inspiration subsistent, mais ils sont affaiblis, et ne se
font que par le diaphragme. Les battemens du cœur
AC OET
sont pareillementaffaiblis. À cinq minutes, amputation d’un pied ;point d’hémorragie. À six minutes, amputauon d’une jambe, hémorragie vermeille. A: quinze minutes, l'animal continuait de vivre et de respirer, etles hémorragies étaient vermeilles, Dans cette expérience, la circulation n’a été qu’affaiblie. Ge résuliat n’a pas toujours lieu. Assez souvent la destrucuon de la moëlle dorsale arrête subitement la circulation.
Septième expérience sur un autre lapin. Destructon immédiate de toute la moëlle lombaire : tout le train de derrière mort; le reste du corps est et demeure vivant. La respirauon, un peu troublée d’abord , se rétablit assez bien, et se fait sans bâillemens. À huit minutes, undes pieds amputés saigne, sang vermeil. À quinze minutes, la respiration conunue avec assez de facilité ; les batiemens du cœur sont distincts ; l’animal porte bien sa tête, et se soutient sur les pattes antérieures. La circulation n’a pas été arrêtée , et ne l’est jamais à cet âge par la destrucuon de la moëlle lombaire.
Les mêmes expériences, répétées sur des lapins âgés de dix jours, donnent des résultats semblables. Ainsi la circulation continue après la décapitation, et apres la secuon de la moëlle épimière à l’occiput; elle est arrêtée subitement par la destrucuon de toute la moëlle, et par celle de la seule poruon. cervicale ; elle l’est plus souvent que dans le pre-
mier jour de la naissance apres la destruction de la
moëlle dorsale. Enfin , elle continue encore dans le plus grand nombre des cas après la destruction de la moëlle lombaire. F’en supprime les détails pour abréger. Mais je vais donner ceux qui sont relatifs aux expériences faites sur les lapins âgés de vingt jours, parce qu’à cet âge les résultats sont à peu près les mêmes qu’à tout autre âge plus avancé.
Expériences sur des lapins âgés de vingt jours.
Première expérience. Section de la moëlle à l’occiput. La sensibilité disparaît à trois minutes, et les bäüllemens à trois minutes trois quarts. Insufflation pulmonaire commencée à quatre minutes et demie, les carotides étant noires etencore rondes, et les batitemens du cœur étant distincts. En moins de cinq secondes, les carotides se remplissent davantage et deviennent bien rouges. Les bäiliemens reparaissent à quatre minutes trois quarts, et la sensibilité vers cinq minutes. A huit minutes, amputauon d’un pied , hémorragie vermeille pendant l’insufflauion. A dix minutes, les bäillemens, la sensibilité et l’hémorragie continuent; ligature des carotdes et des veines jugulaires.
. Deuxième expérience sur le même lapin. À onze minutes, décapitation sur la première vertèbre cervicale. Le moignon du col saigne assez abondamment, sang noir. Insufflauion reprise à douze minutes. La sensibilité se ranime irès-bien. À seize minutes , l’amputation d’une jambe cause une hé-
morragie vermeille,
Troisième expérience sur le même lapin. À dixhuit minutés, la sensibilité étant bien prononcée et les battèmens du cœur bien distincts, destruction de toute la moëlle épinière; un instant aprés, les battemens du cœur ne sont plus distincts, ét ne le sont pas redevenus. Insufflation reprise à dixneuf minutes, et continuée jusqu'à vingt-six; nul effet. Une cuisse coupée à vingt minutes ne saigne point, ni l’autre , coupée à vingt-quatre minutes. ie
Quatrième expérience sur un autre lapin. Déstraction immédiate de la moëlle cervicale ; la sensibilité s’étéint à üne minute un quart. À une minute et demie , les battemens du cœur ne sont pas disuncts; üne cuisse ampütée ne saigne point ; les bällemens cessent. À deux minutes et demie, insufflation pulmonaire , les carotides étant plates et à peu près vides ; il y revient lentement un mince ruban de sang vermeil , lequel disparaît bientôt après, et ces artères sont tout-à-fait blanches à cinq minutes. Les battemens du cœur ne sont pas redevenus disuncts ; la cuisse amputée d’abord n’a point sxigné, non plus que l’autre amputée à huit minutes. Insufflauon abandonnée à quinze minutes.
Cinquième expérience. Destruèüon immédiate de la moëlle dorsale ; bientôt après, les batiemens du cœur ne peuvent plus être sentis; la sensibilité cesse à une minute et demie , et les bäillemens un
peu avant deux munutes. Les carotides sont plates
et vides à deux minutes; amputation d’une cuisse à quatre minutes , point d’hémorragie.
Sixième expérience sur un autre lapin. Destruction immédiate de la moëlle lombaire; les battemens du cœur sont irréguliers , mais encore assez disuincts. L’animal se soutient sur ses pattes antérieures, et porte bien sa tête. À une minute et demie , il chancelle , et a peine à la soutenir. À deux minutes, il tombe sur le côté, et la respiration s'arrête tout-à-coup; quelques instans après, il survient des bäillemens accom pagnés de mouvemens inspiratoires du thorax; les battemens du cœur cessent d’être distincts. La sensibilité finit à trois minutes et demie, et les bâäillemens vers quatre nmunutes. Insufflation pulmonaire à trois minutes deux uers ; nul effet. Les carouides sont plaies et vides à cinq minutes. Une jambe coupée à une minute et demie , saigne un peu, sang vermeil; la cuisse de l’autre côté, coupée à trois minutes, ne saigne point, ni la même cuisse amputée à sept minutes. Insufflation abandonnée à dix minutes.
En comparant , dans ces six expériences , les signes tirés de la couleur ou de l’absence de l’hémorragie , de la plénitude , de la couleur, ou de la vacuité des caroudes, de la facilité ou de l’impossibilité de senür les battemens du cœur à travers les parois de la poitrine, etc., il est évident que la circulation a continué après la section de la
moëlle épinière à l’occiput, et après la décapita-
tion, et qu'elle a été arrêtée subitement par la destruction de toute la moëlle, et par celle de chacune des portions cervicale et dorsale. Elle Pa été aussi, mais seulement au bout d'environ deux minutes, par la destruction de la moëlle lombaire.
Nous avons vu que, dans les premiers jours de la naissance, la destruction de la moëlle lombaire ne suffisait pas pour arrêter la circulation. Mais, à l’âge de vingt jours et au-delà , elle l’arrête presque constamment ; et celle de chacune des portions cervicale et dorsale l’arrête dans tous les cas sans excepton : à cet âge, la destruction d’une seule des trois portions de la moëlle épinière suffit donc pour arrêter la circulation, tandis que la décapitauion ne l’arrête à aucun âge.
En examinani les phénomènes qui accompagnent la destruction d’une certaine étendue de la moëlle épinière, on remarque que lors même que la circulation en est subitement arrêtée, la vie ne cesse jamais tout d’un coup que dans les parties qui tirent leurs nerfs de la portion de moëlle détruite, et qu’elle continue toujours un certain temps dans le reste du corps. Ce temps est d’autant plus long que Panimal est plus voisin de l’époque de sa naissance ; et il est rigoureusement déterminé pour chaque âge. Or, puisque tous les signes annoncent que la circulation a cessé dès l’instant où la moëlle a été détruite , il faut bien que ce reste de vie sub-
siste sans le secours de la circulation. C'est ce dont
il était facile de s'assurer d’une mamière directe,
en excisamt le cœur chez des lapins de différens âges.
Voici les résuliais de ces excisions :
Durée des bâäillemens
Age des Lapins
Durée de la sensibilité
dont après après le cœur atété excisé. - l'excision. l’excision en A EE EE jours. minutes minutes.
TL e& + ee + »e 14. s je + + + +» 2:0fe 5, ee à + + + 6. CR ie 7 9:
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: Si l’on détruit, aux mêmes âges, des portions de moëlle épinière suffisantes pour arrêter la eirculation, on observe constamment que les signes deviequisubsistent dans les parties correspondantes au cerveau et aux portions de moëlle non détruites, ne durent jamais au-delà de ce qu'ils feraient apres l’excision du cœur ; et, pour l’ordinaire , ils durent un peu moms, vraisemblablement parce que la moëlle non détruite se trouve plus ou. moins dans un état pathologique.
: destruction d’une portion quelconque de la moëlle, ne produit donc immédiatement la mort
(367) Fe que dans les parties qui én recoivent leurs nerfs $ ce n'est que consécutivement , et en arrétant la circulation , qu’elle l’occasionne dans le reste du corps. La vie continuerdit indéfiniment dans ces dernières parties, si la circulation pouvait être entretenue. Avant l’âge de dix jours, la destruction de la moëlle te dans les lapins, en frappant de mort le train de derrière, n "empêche ‘pas que la vie ne continue dans celui de dedans > parce qu a cet âge 1l reste encore assez de forces au cœur après cette destrucüon pour entretenir la circulation; mais lorsque , dans un âge plus avancé, cet organe a besoin , pour remplir sa fonction , de réunir toute les forces que peuvent dui fournir les trois portions de la moëlle épinière , si l’on vient à détruire une de ces poruons, la vie ne pourrait continuer dans les parties qui correspondent aux deuxauntresqu’autant qu’on aurait dique moyen derendre les forces que ces deux portions fournissent au cœur suffi- sanies pour entretenir Ja circulation. fl existe, en effet, un moyen d’obtenir ce résultat : il consiste. à restremdre, par des ligatures , l’étendue des parties auxquelles le cœur doit distribuer le sans. On peut, par ce moyen, empêcher que la destruction de la moëlle lombaire ne devienne mortelle à quelque âge que ce soit : il suffit, pour cela, avant d'opérer cetie destruction, de lier l'aorte ventrale immédiatement au-dessous du diaphragme ; dans
ce cas, le cœur est privé des forces que lui four-
nissait la moëlle lombaire, mais en même temps la dépense de forces qu'il est obligé de faire est diminuée de toutes celles qu’exigeait l’entretien de la circulation dans le tram de derrière ; en sorte que, tout compensé , 1] se trouve en avoir assez pour l’entretenir dans le train de devant. Le même procédé s'applique, avec le même succes, à la desitruction des deux autres portions de la moëlle. La cervicale paraît être celle qui a le plus d'influence sur. la circulation, en ce qu’elle ne peut être détruite de prime-abord, à quelque âge que ce soit, sans que cette fonction soit subitement arrêtée, tandis que les deux autres peuvent l’être dans les premiers jours de la naissance, sans que le même effet ait lieu. Cependant cette méme poruon peut être détruite impunément; il suffit pour cela de commencer par décapiter l’animal avec les précautons ordinaires. Le cœur, après cette opération, n'ayant plus à pousser le sang jusque dans la tête, peut se passer du contingent de forces q'i'il tirait de la moëlle cervicale. Enfin, c’est d’après les mêmes principes qu’on peut tronquer un animal par les deux bouts, en faisant aux vaisseaux les ligatures convenables ; le réduire à sa poitrine toute seule, et entretenir la circulation et la vie dans cette poitrine à l’aide de l’insufflauon pulmonaire. Il est évident qu’on ferait vivre isolément de cette mamère tout autre troncon et la tête elle-même , si les poumons et le cœur, nécessaires pour la for-
| | ( 569 ) | mation du sang artériel et pour la circulation ; pou» Vaient en faire parue.
C’est encore d’après les mêmes principes qu’en détruisant la moëlle successivement par petites parües,eten mettant un certain intervalle entre chaque destruction, on en peut détruire, sans arrêter la circulation, une longueur beaucoup plus grande que celle qui aurait suffi pour produire cet effet si elle eût éié détruite en une seule fois : car la destrucuon d’une petite étendue de moëlle , insuffi« Sante pour arrêter la cireulation générale , la di- Mminue toujours beaucoup dans les parties qui ürent leurs nerfs de la moëlle détruite > Et y fait, jusqu’à un certain point , l’office d’une ligature. De plus, les forces du cœur étant affaiblies par celle opération, la circulation générale se concentre et ne conserve un peu d’activité que dans les parties voisines du cœur; ce qui produit encore un effet analogue.
En un mot, soit par ce procédé, soit par celui des ligatures, il n'y a aucune portion de moëlle épinière qu’on ne puisse empécher de coopérer à entretenir la circulzüon sans que cette fonction soit arrêtée ; il n’y en a aucune qui ne puisse devenir suffisante pour l'entretenir ; et l’on trouve qu’à tous les âges une poruon quelconque fournit au cœur des forces capables d’entretenir la circulation dans toutes les parues qui recoivent leurs
nerfs de cette portion. Mais, de quelque manière Te Partie. | 24
( 570 ) qu’on s’y prenne, toutes les fois que l’on va jusqu’à anéanur l’action de la moëlle dans toute son étendue, la circulauon est arrêtée sans retour.
Les expériences dont je viens d'indiquer les résultais, ont particulièrement été faites sur les lapins ; mais je les ai répétées, avec le même sucoës, sur les chiens, sur les chatset sur les cochons d'Inde. La différence la plus notable qu’elles m'aient pré sentée , c’est que la circulation n’est pas arrêtée dans ces diverses espèces par la destrucuon des mêmes portions de moëlle épinière. Telle portion qui, étant détruite, larrète à tel âge dans telle espèce, ne suffi pas pour l’arrêter au même âge dans toute autre; mais alors on est toujours sûr de produire le même effet en en détruisant une plus grande longueur.
J'ai obtenu des résultats semblables sur les animaux à sang froid. Si l’on détruit toute la moëlle épinière dans une grenouille , et qu’aussitôt après on ampute les cuisses, 1 "7 a point d’hémorragie, tandis qu'il y en aurait si on avait simplement décapitél’ animal. Pareillement une salamandre, dont toute la moëlle a été détruite, ne fournit point de sang quand on la coupe par tronçons. |
Dans toutes les expériences dont j'ai parlé jusqu'ici, lorsque la destruction de la moëlle a été portée au point d'arrêter la circulation, si on ouvre la poitrine : aussitôt après pour observer l’état du cœur, On remarque consiamment que les mouve-
Ron mens de cet organe continuent avec assez de régularité, et pendant un temps qui quelquefois est fort long. Or, puisque ces mouvemens ont perdu, par la destrucüon de la moëlle, la force nécessaire pour entretenir la circulation, il est évident que ceux qui subsistent dans un cœur récemment arraché de la poitrine d’un animal vivant, seraient pareillement incapables de l’eéntretenir. Telle est donc la solution de la difficulté que nous avions à examiner; elle repose sur ce qu'il existe une dis= ünction bien réelle entre les mouyemens du cœur pendant la vie, et les mouvemens sans force qu'on observe dans ce méme cœur ‘ quand il n’est plus soumis à l’acuon de la puissance nerveuse. Ce sont ces derniers mouvemens qui ont trompé Haller et tous les auteurs de son école ; ils les ont comparés à ceux qui ont lien éoit dans les acéphales , soit apres la décapitation > tandis qu’il est démontré qu'ils en différent entièrement. Qu'on parcourre toutes les expériences qui ont été faites sur l’irria tabilné , et toutes les Conséquences qu’on en a déduites par rapport aux mouyemens du cœur ; on trouvera que la source de l’erreur a constamment été dans cette comparaison, On disait que les mouvemens du cœur, que la cireulation et la vie contmuatent dans les acéphales et dans les animaux décapités; cela était vrai : où en concluait que les mouvemens du cœur ne dépendaient pas de la puissance nerveuse; cètie conséquence supposait que la | 4
| puissance nerveuse avait son foyer unique dans le cerveau, et elle était fausse. On avançait ensuite que les mouvemens continuaient dans un cœur entièrement extrait de la poitrine, et qu’ils contunuaient indépendamment de toute impulsion actuelle des foyers de la puissance nerveuse; cela était encore vrai : mais on en concluait que, perdant la vie, les mouvemens du cœur avaient pareillement lieu sans aucune impulsion de ce genre. Cette conséquence supposait que les uns et les autres de ces mouvemens étaient également capables d’entretenir la circulation , qu’ils étaient du même ordre; et elle était fausse.
Il résulte de ce que j'ai dit dans cet article, sur les causes des mouvemens du cœur, que la puissance nerveuse a sa source, non dans le cerveau uniquement, mais à la fois dans le cerveau et dans la moëlleépimière; que, quelles que soient les autres fonctions du cerveau, 1l n’a qu’une influence bornée sur les mouvemens du cœur; que c’est principalement dans la moëlle épinière que le cœur puise ses forces, et qu'il les puise dans tous les” points de cette moëlle sans exception, à la différence des parties soumises à la volonté dont chacune n’est animée que par une portion déterminée de la moëlle, par celle dont elle reçoit ses nerfs.
Ces résultats s'accordent facilement avec tous les faits connus antérieurement. La circulation et
la vie dans les acéphales et les animaux décapités,
CN l’empire des passions sur le cœur, et l'usage des nerfs cardiaques se concoivent sans peine; etcomme c’est du grand sympbatique que le cœur tre la plus grande partie de ses nerfs, on en déduit ces deux conséquences : l’une, que ce nerf ne forme pas un systéme nerveux à part, mais qu'il prend naissance dans la moëlle é épinière, ce qui termine toutes les controverses qui se sont élevées sur l’origine du grand symphatique; l’autre, que tous les organes auxquels ce nerf se distribue, sont sous l'influence immédiate de la moëlle épimére loute entuicre , ce qui fournit une nouvelle manière d’expliquer pourquoi ces organes ne sont pas soumis à la volonté. En effet, tous les muscles volontaires reçoivent leurs nerfs d’ un lieu déterminé et circonscrit du cerveau ou de la moëlle épiniere, et la volonté, pour faire contracter un muscle » HA qu'à diriger son acuon sur l’orivine des nerfs de ce muscle; mais nn organe tre ses nérfs de toute la moëlle épimière, la volonté ne peut plus agir de cette manière. Il faudrait > pour qu’elle modifiät les mouvemens du cœur, qu’elle exercât son action sur toute la moëlle épinière. Or, jamais la volonté n’exerce à la fois une action aussi étendue; onena la preuve en ce qu’elle ne peut déterminer simultanément qu'un peut nombre de mouvemens. Mais il arrive souvent que, sans le concours dé la volonté qe énergie de toute la puis-
sance nerveuse est exaltée ou diminuée, et il est
( 574 ) évident qu’alors les mouvemens du cœur doivent se ressentir de cet état : c’est ce que. produisent les passions et les maladies,
Quant à la permanence non interrompue de ces mOouvEMENs ; ON CONGOIL qu'elle peut dépendre de la méme cause, je veux dire de ce que toute la puissance nerveuse y contribue, et en même temps de ce que la plus faible acuon de cette puissance suffit pour les entretenir ;, car on sait que la circulauon continue encore lorsque la faiblésse génénérale ést portée au point de rendre les, mouvemens volontaires impossibles, Une foncuon que la puissance nerveuse tout entière concourt à. entre iemir, et qu'elle entretient encore lors mêmequ’elle est réduite au plus grand degré de faiblesse, ne doit cesser qu'avec l'extinction de cette puissance, c’est-à-dire , qu'avec la mort,
Pour que toute la moëlle épimière püût agir continuellement sur un même organe, 1} fallut, sans doute., que les nerfs par lesquels elle transmet son acüon, eussent une disposiuon parlicuhère : les commumicauons, les ganglions et les plexus du grand sympathique, paraissent se rapporter à cet usage , comme l’ont pensé la plupart des: physiologistes ;, et c'est -uniquement sous ce paint de vue qu’on pourrait dire que ce nerf forme à lui seul un système nerveux particulier,
Quelle est la mesure de ces. forces que le cœur,
puise dans la moëlle épinière? quelle est particu-
(375) hérement celle des forces du ventricule gauche ? Elles sont uès-grandes, comme on en peut juger par une expérience que tout le monde connaît. Cette expérience consiste à croiser les jambes, en appliquant sur un genou le jarrêt de l’autré jambe, et à suspendre, au pied de cette dernière , un poids de cinquante livres. Ce poids, quoique placé à l'extrémité d’un si long levier, est soulevé à chaque battement de Partère poplitée, et il fait des oscillations qui sont isochrones aux batiemens du cœur. Mais l’évaluation de ces forces est très-difficile , et peut-être impossible ; du moins elle a été cherchée en vain jusqu’ici par des hommes d’un grand talent. Borelli, Keïill, Jurin, Morand, Labor, Hales, Morgan, Bryan Robinson, Sauvages, Damel Bernoulli, etc., ont voulu la déterminer ; mais les résuliats auxquels ils ont été conduits, ne peuvent inspirer aucune confiance à cause de l’exagération ou de opposition extrême qu’on yremarque. Ainsi, Borelli évalue les forces dont le cœur a besoin pour entréténir la cireulauon à celles nécessaires pour soulever un poids de cent quatre-vingt mille livres; mais Keill, le destructeur des miracles de Borellr, commé l’appelle Haller , les réduit à einq, on au plus , à huit onces; Hales, à cmquante-une livres cmq onces , etc. ren un mot, 1l y à autant de résultats différens que de calculateurs. Il serait trop long g, el
d’ailleurs sans utilité, d’exposer ici les Rte sur
( 376 ) | lesquelles ces calculateurs ont établi leurs calculs; toutes sont inexactes, incerlaines ou hypothétiques. ‘Mais je dois faire remarquer une circonstance à laquelle la plupart d’entre eux, si j'en excepte Keill, n’ont peut-être pas fait assez d’attention, je veux parler de la vitesse acquise qu’a déjà le sang à chaque nouvelle impulsion qu'il reçoit du cœur. Si l’on considère la vitesse du sang dans l'aorte au moment où le ventricule gauche vient de se contracter, cette vitesse n’est pas due uniquement à cette contraction; mais elle se compose de celle qui existait déjà quand la contraction a eu lieu , plus de celle qu'y a ajoutée cette contracuon, Il est même évident que , dans l’état de santé , et lorsque la circulation continue uniformément, chaque contraction du cœur ne doit imprimer au sang que la quantité de mouvement qu’il a perdue d’une contraction à l’autre : car si elle était plus grande, la vitesse du sang irait en s’accélérant indéfiniment; et si elle était plus peute, cette, vitesse diminuerait de plus en plus jusqu'à extincuon. Îl en est. à cet égard, comme d’une horloge, qui n’imprime de mouvement à son pendule que la quantité qu’il en à perdue pendant une oscillation. En supposant donc qu’on connût la vitesse. du sang dans l'aorte à sa sortue du cœur, on serait encore fort loin de connaître pour quelle part y a contribué la dernière contrac-
tion du cœur; mais on ne connaît même pas la
Cor
vitesse totale après cette contraction, quoique ce soit sur cette vilesse que plusieurs auteurs ont établi leur calcul. Il ne serait peut-être pas difficile d'en acquérir la connaissance, si le système artéricl ne formait qu’un cylindre continu depuis le cœur dans toute l’étendue du corps. Mais il n’en est pas ainsi; l'aorte se divise et se subdivise sans cesse de telle manière, que la somme des aires des branches qui partent du tronc, est toujours plus grande que l’aire du tronc. Le sang occupe donc ‘ un espace de plus en plus grand à mesure qu’il s'éloigne du cœur, et, par conséquent, sa vitesse
est de plus en plus retardée.
On a ouvert la carotide et l'artère crurale pour y déterminer la vitesse du sang; mais la vitesse du sang dans la carotide n’est pas la même que dans l’arière crurale, et ni Pune ni l’autre n’est la méme qu’à l’origine de l'aorte. A propremement parler, il n’y a peut-être pas deux artères dans lesquelles la vitesse soit précisément la même: ceci soit dit pour donner une idée des difficultés insurmontables qu’on rencontre dans les calculs de ce genre. Mais ce qu’il y a de très-certain, c’est que la vitesse acquise qu'a déjà le sang quand il recoit VPimpulsion du cœur, dispense d’attribuer à cet organe ces forces prodigieuses dont il aurait besoin s’il devait seul mettre en mouvement toute la masse des humeurs et vaincre les obstacles qu’elle rencontre
dans son cours, Plusieurs auteurs ont aussi regardé
(378) la systole des artères comme un auxiliaire du cœur; mais cette systole ne fait que restituer cette partie des forces du cœur qui avait été employée à dilater les artères et à produire leur diastole, et, par conséquent , elle la représente réellement. D'ailleurs, dans certains animaux, telsque l’esturgeon , l'aorte esttoute cartilagineuse , et elle ne peut avoir aucun mouvement de systole m1 de diastole. (Guvier, tom. IV, pag. 177). On a pensé encore; et c’est paruüculièrement l’opinion de Bichat, que le cœur n’a d’acuon sur le sang que jusqu’au système capillatre exclusivement ; que le reste de la circulation, dans ce système et dans les veines , en est indépendant, et qu’il ne s’opère que sous l'influence des forces toniques du système capillaire, et à l’aide des contractions des muscles, des battemens des artères contiguës ; ELG.; mais je ne connais aucune preuve solide en faveur de cette opmion. Dans Pétat de vie ordinaire, tout le système sanguin étant plein, je ne concçois point comment le sang pourrait avoir un mouvement progressif dans les arteres:, vers le système. capillaire , sans que celui de ce système y parücipät; et la quantité de sang que les veines rapportent au.cœur, dans un temps donné, devant être précisément égale à celle qui s’en échappe par les artères, Je ne conçois pas mieux comment cet équilibre pourrait se maintenir avec tant de régularité si la cireulation, dans le système capillaire et dans
les veines , dépendait de causes variables ; et qu’elle
” ne fût pas soumise à l’acuon du cœur. Cesopinions n’ont évidemment élé annees que parce qu’on était effrayé des forces qu’on se croyait. dans Ja nécessité d'attribuer au cœur, en le considérant comme l’unique moteur de la circulation.
La vitesse acquise dont j’aiparlé, me paraîtétre, sinon la seule, au moins la principale circonstance qui favorise la cireulauon; et1l n’y a pas de doute que , si cette vitesse se perdait, et que la circulation s’arrétàt tout d’un coup, les forces du cœur restant les mêmes qu'auparavant, ces forces seraient insuffisantes pour rétablir le cours du sang : mais il s’en faut bien: que les forces du cœur puissent rester enüueres quand la: circulation a cessé. Nous avons vu plus haut qu'à la vérité la puissance nerveuse, qui en est la source, subsiste toujours un ceriain temps: quand la circulation est arrêtée. Mais elle va eu: s’affaiblissant plus, ou. moins rapidement suivant l’âge 5. et en peu d’instans, dans l’animal adulte, le cœur n'a plus assez de forces pour entretenir la circulation , et il n’en aurait plusassezlorsmêéme: que, le sang conserverait sa vitesse acquise. I est évident, d’ailleurs, qu’il ne peut pas les recouvrer, puisque c'est l’action du.sang artériel, sur la moëlle épinière qui seul les lui donne et qui peut seule les lui rendre, et que dans Phypothèse. la circulation est arrêtée, IL est done absolument. impossible que le cœur. puisse. la, ranimer.
Haller (Élém. phys., \om. 1, p. 441), et beancoup
d’autres physiologistes, ont pensé différemment: ils ont cru que le cœur seul pouvait rétablir la circulation quand elle était arrêtée, et que cela arrivait fréquemment dans les asphyxies et les syncopes profondes ; mais je ne connais aucun fait, bien constaté ,; qui soit conforme à cette opinion. J’ai asphyxié un grand nombre d'animaux de différentes espèces et de différens âges, dans la vue de connaître à quelle époque, à dater du premier instant de l’asphyxie , 1l n’était plus possible de les rappeler à la vie. Dans ces expériences, j’ai dû donner une attenuon particulière aux signes qui indiquaient cette époque ; j'ai constamment observé qu’ikn’était plus possible de rappeler un animal à la vie toutes les fois que l’asphyxie avait été prolongée jusqu’à ce que les carotides fussent vides et aplaties ; et qu'au contraire 1l y avait quelque espoir d’y parvenir, quel que füt l’état de mort apparente de | e l’animal , lorsque les carotides étaient encore rondes et assez remplies. Cette dermiëre circonstance est sur-tout remarquable dans les très-jeunes animaux qu'on asphyxie par le froid ; ils supportent longtemps, et à un haut degré, ce genre d’asphyxie ; la sensibilité est éteinte, on n’aperçoit aucun mouvement de respiration; en un mot, ils paraissent morts; et cependant, assez souvent, 1l suffit de les rechauffer pour les rappeler à da vie. Mais, dans tous ces cas, si on découvre les caroudes avant de
les rechauffer, on remarque toujours que les seuls
que la chaleur fasse revivre sont ceux dont ces ar= ieres étaient encore remplies. Dans les expériences que j'ai rapportées plus haut surla destruction de la moëlle épinière , bien que la sensibilité et les mouvemens continuent d’ abord dans les parties qui correspondent à la portion de moëlle qui n’a pas été détruite, on est sûr que ces signes de vie vont finir, et qu'ils ont une durée déterminée relative à l’âge, et qu’il est impossible de prolonger, lorsque les carotides se vident et s ’aplatissent un instant aprés la destruction. Ainsi, la plénitude des carotides laisse toujours l'espoir de rappeler un animal à la vie, lors même qu'il paraît mort, et leur vacuité annonce une mort inévitable , méme dans celui qui paraît encore bien vivant. Or, la la vacuité de ces artères ne doit être considérée ici que comme un signe certain que la circulation est arrêtée. |
Tout ce qu’on a dit de la propriété qu’a l’irritabilité d’être le dernier foyer de la vie , et de servir à la ranimer quand toutes les fonctions ont cessé, est donc purement systématique, et n’est appuyé sur aucun fait positif; et c’est bien en vain qu’on s’est tant occupé à déterminer quel est l’organe dans lequel l’irritabilité se conservele pluslongtemps, dans la vue de diriger sur lui l’action des sumulans dans les cas de mort apparente. On à même conseillé de stimuler les cavités droites du
cœur, au moyen d’un stylet introduit par la veine
jugulure externe du même côté. Qu'importe que
le cœur conserve son zrritabilité plus où moins long-temps qu’un autre organe, lorsqu'il est certain que fort long-temps avant qu'il V’ait perdue, et lors même que ses battemeus sont encore assez réguliers, il ne peut déjà plus entretenir la cireulation, et que, quand il est parvenu à ce'degré de faiblesse, la mort est trrévocable.
Ce que je viens de dire explique pourquoi la mort par syncope est si fréquente; car elle lest beaucoup plus qu’on ne pense : la plupart des maladies chroniques se terminent amsi. Le malade fait un petit effort pour se lever, pour rendre une selle, pour parler, etc.; ses forces épuisées succombent, 1l tombe en syncope, et cetté syncope est mortelle. Souvent même des individus non malades éprouvent inopmémentune syncope : pour peu que cette syncope soit profonde et qu'elle se prolonge, il devient impossible de les rappeler à la vie. Ces cas ont fréquemment été pris pour des apoplexies nerveuses. | Jeuii
Cependant la circulation a eu un commencement ; il n’y avait point alors de vitesse acquise, et le cœur seul paraît en avoir été le premier moteur. On peut donc démander pourquoi le cœur, étant capable de faire commencer la circulation dans un temps, ne le serait pas dans un autre de la ranimer quand elle est arrêtée. Ce moment où
la circulauon commence est celui de la concep-
on, et c’est le-moment où le cœur a le plus de volume et le plus de force par rapport aux résis- tances qu'il a à vaincre, résistances qui sont les plus peutes possibles , tout le corps à cette époque étant gélatineux, et presque fluide. Si, dans un fœtus nouvellement né, on compare le poids du cœur à celui du corps, et qu'on fasse la méme compa- | raison dans l’animal adulte, on trouve que le cœur du fœtus est proporüonnellement beaucoup plus pesant, et par conséquent plus fort que celui de l'adulte, On trouve de même que le cœur du fœtus avant terme est plus fort que celui du fœtus à terme, et d'autant plus qu’il est plus voisin de l’époque de la conception. A la fin du cinquième jour de l’incubauon, le cœur du poulet est plus gros que le foie, et aussi gros que la tête (Haller ). C’est à cet excès de force du cœur dans le premier âge, qu'on attribue, non sans raison, le développement de lindividu.
On conçoit donc que le cœur peut avoir assez de forces, à l’époque de la concepuon, pour faire commencer la circulation, quoiqu'il n’en ait pas assez pour la rétablir dans un âge plus avancé. Il s’agit seulement de savoir comment l’acte de la concepuon peut le faire passer de l’état de repos à celui de mouvement. Pour le concevoir, il suffit d'admettre que le sperme du mâle est une émanation de la puissance nerveuse, laquelle , à la faveur
de la grande perméabiliié dont jouissent alors les
enveloppes et toutes les parties du germe, va impregner et animer le système nerveux du nouvel | être. Avant la concepuon, toutes les parues de l’animal étaient préformées dans le germe ; mais 1l leur manquait ce principe sans lequel leur déveveloppement est impossible, sans lequel la vie n'existe point, et mème sans lequel elle cesserait subitement d'exister dans l’animal le mieux vivant; ce principe, en un mot, qui donne à tous les organes la sensibilité et l’action qui leur sont propres ,; qui rend le cœur sensible à son stimulus naturel , et qui lui donne les forces nécessaires pour chasser ce sumulus et le faire cireuler dans les vaisseaux : c’est la puissance nerveuse. Le germe en reçoit l'influence au moment de la concepuon, par la liqueur spermatique; aussitôt la vie commence , et des-lors la circulation suffit pour entretenir et reproduire sans cesse cette puissance. En ce sens, on peut dire que, dans l’acte de la concepuon, le corps du nouvel être appartient à la mère, et que l’àäme est fourmie par le pére. Je pourrais placer 1c1 plusieurs considérations, pour prouver que le principe fécondant de la liqueur séminale est analogue à celui qui consutue la puissance nerveuse; je les trouverais dans l’état de force et. de vigueur que doit avoir le mäle pour qu’il soit en état de féconder ; dans l’épuisement, c’est-àdire, dans l’affablissement de la puissance ner-
veuse, qu’occasionne toujours l’émission, trop
( 555 répétée , du sperme, dans l’odeur fortement spers matique des or ganes nerveux » ——. ; Mais ce serait ‘sortir de mon sujet,
Haller ne voyait dans le sperme qu’un süimulus, et expliquait la fécondation, en disant que ce sui-= mulus en pénétrant au cœur déterminait les contractions de cet organe, et faisait commencer la circulation, ou du moins lui donnait l’activité nécessaire au développement de l'individu; car il paraissait admettre que, même avant la fécondauon, le cœur jouissait de quelques mouvemens, Getie opinion est parfaitement dans les principes de l’irritabilité hallérienne, et elle est sujetle aux mêmes objections. En effet, si c’est de la puissance nerveuse que le cœur emprunte toutes ses forces et jusqu'a la faculté d’être sensible au stimulus , il serait vainement stimulé, s’il était privé de l’action de'cette puissance, On voit, au reste , que pour recüfier cette opimion de Haller, et en général la théorie de ce grand homme sur le mouvement musculaire ; d'apres les nouvelles expériences, il ne-s’agit que de faire dépendre de la puissance nerveuse ce que Haller attribuait à une faculté inhérente à la fibre musculaire. On s’exprimerait donc d’une manière conforme à tous les faits connus par rapport aux mouvemens du cœur, en admettant avec Haller que le sang en estle stimulus naturel ; et que les cavriés de cet organe se contractent successivement, à mesure que ce liquide passe
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de l’une à l’autre, mais avec cette modificauon que c’est la puissance nerveuse quiles rend sensibles à l’action de ce sümulus, et qui leur donne la faculié de se contracter avec le degré de force nécessaire à l’entretien de la cireulauon. Voilà pour l’état de vie. Mais de quel ordre sont les mouve-
mens qu'on observe dans un cœur soustrait d’une manière quelconque à l’action et à la puissance nérveuse ? Ces mouvemens qui Ont tant exercé l’1maginaon et la sagacité des physiologistes sont évidemment analogues à ceux que présentent les autres muscles dans les mêmes circonstances; on ; peut dire jusqu’à un certain point que ce sont de
phénomènes cadavériques. On examinera plus particulièrement, à l’arucle Zrritabilité, quels rapports : ces mouyemens peuvent avoir avec ceux qui ont lieu pendant la vie. (v. le Dictionn. des Sc: méd. )
IL me resterait beaucoup de choses à dire sur le cœur. Je me bornerai à rappeler quelques faits sur la force et la fréquence de ses batiemens.
Si l’on compare la force relative du cœur dans les différens animaux en l’évaluant par le rapport de son poids à celui du corps entier ; on trouve nonseulement que cet organe a plus de forces dans les animaux de la même espèce, à mesure qu'ils sont plus.jeunes, mais encore que chez ceux de même âge 1l en a plus dans une espèce que dans l’autre. Ce sont les animaux féroces ou courageux dont le cœur est le plus fort. Ainsi , il est plus fort dans les
( 587 ) : , éhiens et dans les chats que dans les lapins et dans les cochons d’Inde. IL est plus fort aussi dans les mâles que dans les femelles. I a peu de force dans les animaux à sang froid , et surtout dans les pois-sons. $ |
Quant à la fréquence de ses battemens , c’est une chose bien remarqnable , et qui üent à des lois de l’orgamsation qui ne sont point encore assez connues, mais qui mériteraient bien d’être étudiées, que le nombre des battemens de cœur dans un temps donné, varie beaucoup suivant l’âge et l’espèce des animaux , et qu’il soit à peu près constant chez tous les individus de même âge et de même espèce. En général, les animaux les plus timides sont ceux dont le cœur bat le plus fréquemment. Ses battemens sont si fréquens dans le lapin et dans le cochon d’Inde, qu’il serait impossible de les compter. Ils sont d’une fréquence extrême dans la souris. Ils sont beaucoup moins fréquens dans les chiens et dans les chats; en sorte qu’il semblerait que dans les animaux timides, le cœur compense par la fréquence de ses batiemens , ce qui lui manque en force. Le contraire a lieu dans les individus de même espèce, considérés à difiérens âges ; quoique dans ces individus le cœur soit d'autant plus fort qu'ils sont plus jeunes, les battemens sont en même temps plus fréquens. Voici d’après M. Sœmmering le nombre des battemens du cœur à diffé-
rens âges dans l’espèce humaine.
Dans le fœtus naïssant , de 130 à 140 battemens par minute.
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À sept ans... 1214 hr 08
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Dans l’âge vil. . . . « 75
Dans la vieillesse. . . « 70
Dans le langage ordinaire, le cœur se prend fréquemment pour l’estomac, et l’on dit que lon a mal au cœur pour signifier qu’on a envie de
vomir.