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SUR LE PALINOD DE CAEN

Ju Palinod , qu'il transmit à ses successeurs , choisis dans les rangs de la socie'te' palinodique. Le jour de la Conception, l'université'allait en corps chercher le Prince du Palinod , ai>ec pompe musique et instrumens. Celui-ci s'asseyait sur le Pur environne de la compagnie de l'Immaculée Conception ; les poètes lisaient eux-mêmes leurs productions en présence du peuple accouru à ce spectacle. L'assemblée se retirait au milieu des fanfares et des acrlamations. Au bout de trois jours, les juges faisaient connaître leur décision et les prix étaient décernés. Dans l'origine , les pièces présentées étaient toutes lues publiquement, bonnes ou mauvaises; mais on arrêta bientôt qu'elles devraient être envoyées d'avance , afin que l'on rejetât celles qui n'étaient pas dignes de concourir. Nous trouvons dans les oeuvres de Jean Marot, de Clément Marot ' , de St. Gelais et des chants royatix, des rondeaux , des ballades sur l'Immaculée Conception, composés sans doute pour les Palinods ; dans un chant royal , Jean Marot s'adresse même au Prince du Puy. Nos recherches à ce sujet nous portent à croire que ces poètes , à la sollicitation de Crétin , patriarche du parnasse français au quinzième siècle , s'associèrent quelque temps à la confrérie de la Conception et consacrèrent leur plume à son illustration. .

En i55o, le Pahnod de Caen fut abandonné pendant sept ans ; le manque de fonds nécessita sans doute cette interruption dont on ignore le motif. En iSSy , Etienne Duval , seigneur de Moudrainville le remit en vigueur en lui accordant une rente de 22 lii>res avec la condition que lui et ses descendans prendraient la qualité de Prince né du Palinod, et qu'en cas d'extinction de la race masculine, le Palinod conserverait ses armes. Ce protecteur des

• ^q^es la nouvelle édition des Œuvres de Clémenl Marot, 3 vol. in-S", chez Rapilly.

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lettres augmenta encore cette rente de 7 Iwres ; il ne jouît pas long-temps de l'état de prospe'rité où il avait amené' le Palinod , et il mourut le 19 janvier 1578. Les séances du Palinod eurent lieu jusqu'en 1611. Il est remarquable que cette clause singulière se retrouve dans tous les recueils palinodiques , le recteur pour l'absence de M. de Mondrainviïle , et que les juges y soient qualifïe's : Juges députés par le prince du Palinod. On obéissait , par reconnaissance, à la vanité du fondateur.

En 1616, la valeur de l'argent ayant doublé, les rentes affectées au Palinod ne suffisaient plus pour couvrir les frais qu'exigeait la séance annuelle. Jacques Lemaître , soigneur deSavigny, chanoine d'Avranches et principal du collège de Blois , lui fit don d'une rente de cent livres. En 1627, Pierre Lemarchand , seigneur de St. Mauvien et de Rozel , fonda un prix de cent jetons d'argent pour une ode française ; plus tard Louis Fouet , professeur ès-droits , fonda des prix pour deux odes latines , l'une en vers alcaïques , l'autre en iambiques. Les ballades et les chants royaux avaient vieilli : l'université voulut que les premières fussent remplacées par une pièce de douze stances , et que le prix destiné aux chants royaux formât un second prix d'ode française. Depuis long-temps l'Immaculée Conception n'était plus le sujet des ouvrages envoyés au concours ; mais , pour perpétuer le souvenir du but de la fondation du Palinod , on avait décidé que chaque pièce devrait être terminée par un éloge de Marie ; on se conforma pourtant à cette bizarrerie ; et ces ridicules allusions subsistèrent autant que le Palinod. Les ancien^ prix étaient or- •dinairement des emblèmes de la Vierge, figurés en argent, comme la tour, le vaisseau, le miroir, etc. On distribuait aussi aux vainqueurs des anneaux d'or , des jetons d'argent , des branches de laurier ou les .irmes de l'université et celles des bienfaiteurs du Palinod. Enfin , après plusieurs vicissitudes de splendeur

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