CLITANDRE, LUBIN, CLAUDINE
CLAUDINE
Vraiment, Monsieur, vous avez pris là un habile messager.
CLITANDRE
Je n'ai pas osé envoyer de mes gens ; mais, ma pauvre Claudine, il faut que je te récompense des bons offices que je sais que tu m'as rendus, (ii fouille dans sa poche.)
Hé! Monsieur, il n'est pas nécessaire. Non, Monsieur, vous n'avez que faire de vous donner cette peine-là; et je vous rends service parce que vous le méritez et que je me sens au coeur de l'inclination pour vous.
MOLIÈRF. — T. n. 16
254 GEORGE DANDIN
CUT ANDRE, donnant de l'argent à Claudine.
Je te suis obligé.
LUBUf, à Claudine. 1
Puisque nous serons mariés, donne-moi cela, que je le | mette avec le mien.
CLAUDINE
Je te le garde, aussi bien que le baiser. |
CLITANDRE, à Claudine.
Dis-moi, as- tu rendu mon billet à ta belle maîtresse?
CLAUDINE. I
Oui. Elle est allée y répondre. I
CLITANDRE
Hais, Claucline, n'y a-t-ii pas moyen que je la puisse entretenir. |
CLAUDINE
Oui : Tenez avec moi, je vous ferai parler à elle.
Mais le trouvera-t-elle bon.' et n'y a-t-il rien à risquer?
CLAUDINE
Non, non. Son mari n'est pas au logis, et puis ce n'est pas lui qu'elle a le plus à ménager ; c'est son père et sa mère ; et, pourvu qu'ils soient prévenus ( 1 ), tout le reste n'est point à craindre.
CLITANDRE
Je m'abandonne à ta conduite.
LUBIN, seul.
Tétiguennel que j'aurai là une habile femme! Elle a de l'esprit comme quatre.