‹ ŒuvresChapitre 220 sur 599 · ACTE III, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VIII

plutôt le chaud, madame la coquine; et nous savons toute rintriguedu rendez-vous et du damoiseau. Nous avons entend.u ^otre galant entretien, et les beaux vers à ma louange que ▼ous avez dits l'un et l'autre. Mais ma consolation, c'est que je rais être vengé, et que votre père et votre mère seront coniraincus maintenant de la justice de mes plaintes et du dérèglement de votre conduite. Je les al envoyé quérir, et ils ▼ont être ici dans un moment.

ANGÉLIQUE , à part.

Ail! ciell

CLAUDINE

Madame !

GEORGE DANDIN

Voilà un coup, sans doute, où vous ne vous attendiez pas. C'est maintenant que je triomphe, et j'ai de quoi mettre à bas votre orgueil et détruire vos artifices. Jusques ici vous a:vez joué meâ accusations, ébloui vos parents, et plâtré vos malversations. J'ai eu beau voir et beau dire ; et votre adresse toujours l'a emporté sur mon bon droit, et toujours vous avez trouvé moyen d'avoir raison ; mais, à cette fois, Dieu merci, les choses vont être éclaircies, et vôtre effronterie sera pleinement confondue.

ANGÉLIQUE

Héî je vous prie, faites-moi ouvrir la porte.

GEORGE DANDIN

Non, non : il faut attendre la venue de ceux que j'ai mandés, et je veux qu'ils vous trouvent dehors à la belle heure qu'il est. En attendant qu'ils viennent, songez,. si vous voulez, à chercher dans votre tête quelque nouveau détour pour TOUS tirer de cette affaire ; à inventer quelque moyen de rhabiller votre escapade ; à trouver quelque belle ruse pour éluder ici les gens et paraître innocente ; quelque prétexte spécieux de pèlerinage nocturne, ou d'amie en travail d'enfant , que vous veniez de secourir.

Non. Mon intention n'est pas de vous rien déguiser. Je ne prétends point me défendre, ni vous nier les choses, puisque vous les savez.

GEORGE DANDIN

C'est que vous voyez bien que tous les moyens vous en sont fermés, et que, dans cette affaire, vous ne sauriez inventer d'excuse qu'il ne me soit facile de convaincre de fausseté.

270 GEORGU BANDIN.

ANGÉLIQUE

Oui, je confesse que j'ai tort, et que vous avez sujet de vous plaindre. Mais je vous demande par grâce de ne m'ezposer point maintenant à la mauvaise humeur de mes parents, et de me faire promptement ouvrir.

GEORGE DANDIK.

Je vous baise les mains.

ANGÉLIQUE

£h! mon pauvre petit mari, je vous en conjure!

GEORGE DANDIN

Ah ! mon pauvre petit mari I Je suis votre petit mari maintenant, parce que vous vous sentez prise. Je suis bien aise de cela -, et vous ne vous étiez jamais avisée de me dire ces douceurs.

ANGÉLIQUE

Tenez, je vous promets de ne vous plus donner aucun sujet de déplaisir, et de me...

GEORGE DANDIN

Tout cela n'est rien. Je ne veux point perdre cette aventure; et il m'Importe qu'on soit une fois éclairci à fond de vos déportements. "

ANGÉLIQUE

De grâce, laissez-moi vous dire. Je vous demande un moment d'audience.

GEORGE DANDIN

Eh bien! quoi?

ANGÉLIQUE

Il est vrai que j'ai failli, je vous l'avoue encore une fois; que votre ressentiment est juste, que j'ai pris le temps de sortir pendant que vous dormiez et que cette sortie est un rendez-vouà que j'avais donné à la personne que vous dites. Mais enfin ce sont des actions que vous devez pardonner à mon âge, des emportements de jeune personne qui n'a encore rien vu, et ne fait que d'entrer au monde ; des libertés où l'on s'abandonne sans y penser de mal, et qui sans doute, dans le fond, n'ont rien de...

GEORGE DANDIN

Oui : vous le dites, et ce sont des choses qm ont besoin qu'on les croie pieusement.

ANGÉLIQUE

Je ne veux point m'excuser, f>ar là, d'être coupable envers VOUS; et je vous prie seulement d'oublier une offense dont je vous demande pardon de tout mon cœur, et de m'épargner, en cette rencontre, le déplaisir que me pourraient

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