‹ ŒuvresChapitre 31 sur 599 · ELMIRE, DAMIS, TARTUFE · texte numérisé non relu

ELMIRE, DAMIS, TARTUFE

D4MI8, sortant da cabinet où il s'était retiré. Non, Madame, non ; ceci doit se répandre. J'étais en cet endroit, d'où j'ai pu tout entendre; Et la bonté du ciel m'y semble avoir conduit Pour confondre l'orgueil d'un traître qui me nuit, Pour m'ouvrir une voie à prendre la vengeance De son hypocrisie et de son insolence, A détromper mon père , et lui mettre en plein jour L'âme d'un scélérat qui vous parle d'amour.

ELMIRE

Non, Damis; il suffit qu'il se rende plus sage, Et tâche à mériter la grâce où je m'engage. Puisque je l'ai promis, ne m'en dédites pas. Ce n'est point mon humeur de faire des éclats : Une femme se rit de sottises pareilles, Et jamais d'un mari n'en trouble les oreilles.

DAMiS.

Vous avez vos raisons pour en user ainsi ;

Et pour faire autrement j'ai les miennes aussi.

Le vouloir épargner est une raillerie ;

Et l'insolent orgueil de sa cagoterie

N'a triomphé que trop de mon juste courroux.

Et que trop excité de désordre chez nous.

Le fourbe trop longtemps a gouverné mon père

Et desservi mes feux avec ceux de Valère :

Il faut c[ue du perfide il soit désabusé;

Et le ciel pour cela m'offre un moyen aisé.

De cette occasion je lui suis redevable.

Et, pour la négliger, elle est trop favorable :

Ce serait mériter qu'il me la vint ravir,

Que de l'avoir en main et ne m'en pas servir.

ELMIRE

Damis...

D.4MIS

Non, s'il vous platt, il faut que je me croie.

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