‹ ŒuvresChapitre 337 sur 599 · ACTE lY, SGÈNB J · texte numérisé non relu

ACTE lY, SGÈNB J

MONSIEUR JOURDAIN

Vous vous moquez. Madame, et je voudrais qu'il fût plus •digne de TOUS être offert. (Oorimène, m. Jourdain, Dorante, et les trois mnaidens m mettent à table.)

DORJINTE.

M. Jourdain a raison, Madame, de parler de la sorte ; et il m'oblige de tous faire si bien les honneurs de chez lui. Je demeare d'accord avec lui que le repas n'est pas digne de TOUS. Comme c'est moi qui l'ai ordonné, et que je n'ai pas sur celte matière les lumières de nos amis, tous n'aTez pas ici on repas fort saTant, et tous y trouTerez des incongruités de bonne chère et des barbarismes de bon goût. Si Damis, notre ami, s'en était mêlé, tout serait dans les règles ; il y au rait partout de réléganc« et de l'érudition, et il ne manquerait pas de TOUS exagérer lui-même toutes les pièces du repas qu'il TOUS donnerait, et de tous faire tomber d'accord de sa haute capacité dans la science des bons morceaux ; de tous parler d'un pain de riTe à biseau doré, relcTé de croûte partout, croquant tendrement sous la dent; d'un Tin à sèTe Teloutée, armé d'un Tert qui n'est point trop commandant ; d'un carré de mouton gourmande de persil; d'une longe de Teau de'ri- Tière, longue comme cela, blanche, délicate, et qui, sous les dents, est une Traie pAte d'amande ; de perdrix releTées d'un fumet surprenant ; et pour son opéra, d'une soupe àhouillon perlé, soutenue d'un gros dindon cantonné de pigeonneaux, et couronné d'oignons blancs mariés aTec la chicorée. Mais, pour moi. Je tous stouc mon ignorance; et, comme M. Jourdain a fort bien dit, je Toudrais que le repas fût plus digne de TOUS être offert (l).

DORmÈNE.

Je ne réponds à ce compliment qu'en mangean, comme je

fiis.

MONSISDR JOURDAIN.

Ah! que Toilà de belles mains I

DORIMÈNB.

Les mains sont médiocres, monsieur Jourdain ; mais tous ▼onlez parler du diamant, qui est fort beau.

(I) Unpaindt rioe «rt vu pain qui, ajiat étA placé «a bord dn four, est Mon ooit nir Im borde Ootirwumdé reot dira i«l lâxdé. Veau de rivière , Teau âeré «n Nomuuidle, daaa daa pvaMM ToiafaiM de la SeiiM. Cemtonné est une ttpre— km empruntée aa blason, et qni signifle ajaat à see quatre coins ; on dit me croix canUnmée de quatre étoiles. Lea pins célèbres gourmands , an siècle de Louis XIV, étaient ces prq/i$ dans Tordre des coteaux dont parle Boileaa dans une de ses satires.

ICOLIÈIIK. — T. IL 23

898 LE BOnBGBOIS GENTILHOMME.

MONSIBUR JOURDAIN.

Moi, Madame, Diea me garde d'en Toaloir parler 1 ce ne serait pas agir en galant bomme; et le diamant est fort peu

de chose.

1>i>K«È!IE.

Vous êtes bien dégoûté.

HOlfftlBUR JOURDAIN.

Vous avez trop de. bonté...

DORANTS, après avoir fait signe à U. Jourdain.

Allons, qu'on donne du vin à M. Jourdain et à ces messieurs, qui nous feront la gr&ce de nous chanter quelque air à boire.

DORIMàNB.

C'est menreilleusement assaisonner la bonne chère, que d'y mêler la musique ; et je me Tois ici admirablement régalée.

MONSIEUR JOURDAIN

Madame, ce n'est pas...

DORANTS.

Monsieur Jourdain, protons silence à ces Messieurs; ce qu'ils nous feront entendre raudra mieux que tout ce que nous pourrions dire.

PREUUSR ET SECOND MUSICIEN ENSEMBLE, un Terre à Ift nain.

Un petit doigt, Phllls , pour oommenoer le tonr.

Ah I qu'on Terre en tm mains a d'agréablee diarmee ! *

Yona et le Tin tous toos prStea des annet, Et je aens pour tooa deux redoubler mon amour. Entre lui, tous et moi, jurons, jurons, ma belle. Une ardeur étemelle.

Qu'en mouillant Totre bouche il en reçoit d'attraits ! Et que l'on Toit par lui TOtre bouehe embellie !

Ah I l'un de lilanftn ila me donnent «nrie, Et de TOUS et de lui je m'enlTre à longs traits. Entre lui» tous et moi , jurons , jurons ,' ma belle , Une ardeur étemelle.

SECOND ET TROISIÈME MUSICIEN BNSEBIBLBr

Buvons, chers amis, buTons; Le temps qui fuit nous 7 eouTie.

Profitons de 1a Tie Autant que noms pouTons.

Qaand on a passé l'onde noire, Adieu le bon Tin , nos amoan.-

I)épêchons-nou8 de boire ,

On ne boit pas tonjoan«

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